© INTERNETout a commencé par une réflexion anodine de Sophie. On a tous dans sa bande d’amis une "Sophie", la bonne copine écolo. Mais pas n’importe laquelle, le "Lionel Messi" de l’
environnement, troisième "Ballon Vert " d’affilée, alors que vous vous enfoncez dans les profondeurs du classement des meilleures écolos du quartier.
Celle qui d’un geste sûr, envoie dans la bonne poubelle de tri ses ordures de Noël, celle qui vous refait l’historique des rayons des Magasins Bio à chaque nouveau dîner qu’elle concocte avec précision.
Oui, tout a commencé quand Sophie m’a demandé : "
Tu vas faire quoi cette année de tes étrennes, tu devrais les investir dans des placements solidaires". Mes étrennes ? J’avais plutôt imaginé une razzia, en bonne et due forme, d’un magasin cher à Frédéric Lefebvre… Sans Sophie, bien sur... Mais Sophie est agaçante, elle ne lâche jamais: "
C’est génial, tu verras ! Tu épargnes en épargnant la planète". Remarquant mon incrédulité, elle me lance : "N
e me regardes pas comme ça, je sais que tu fais attention à la planète. Tu achètes bio, tu répètes à tes enfants de fermer le robinet quand ils se brossent les dents... Et bien, c’est dommage d’avoir une banque qui investit dans un golf en Andalousie quand tu fais attention à ta consommation d’eau". Dans le mille… Sophie réussit toujours à vous faire culpabiliser.
Protéger la planète en épargnant
J’aime bien cette idée. Mais on fait comment. Et là, Sophie déroule. "L
es banques ont un rôle important à jouer en matière d’environnement en investissant dans les énergies renouvelables plutôt que dans les énergies fossiles, par exemple, ou de façon plus générale, en prenant compte des critères environnementaux, sociaux lors des choix des projets à financer". Comment des
banques pouvaient prendre en compte ce genre de critère ? En jouant notre rôle de consommateur-acteur, cher à Sophie… Et oui ! Et en choisissant sa
banque en fonction de ses impacts environnementaux et sociaux. L’association "les Amis de la Terre" édite régulièrement un guide qui pourra vous aider. Le dernier date de 2010. Son nom : "
Environnement : comment choisir ma
banque" Pour les résultats, c’est
ici.
"
J’espère que t’es concentrée car c’est un peu compliqué" s'amuse-t-elle. Et elle n’a pas tort, comme toujours. D’ailleurs quand on commence à chercher des infos sur le net… On s’aperçoit que les produits d’
épargne solidaire proposés sont un peu complexes à expliquer aux particuliers… C’est d’ailleurs l’une des raisons qui explique que près de 30 ans après les premiers
placements solidaires, ils ne représentent que 4% du marché global... Mais on progresse.
Donner un sens à son argent
"L’épargne solidaire, y’en a pour tous les goûts, du plus frileux au plus généreux" me dit-elle. "Tu veux claquer tes étrennes et bien fais-le intelligemment". (moi : Elle va arrêter de me parler comme çà).
En effet, certaines banques proposent une carte Bleue de partage. Le Crédit Coopératif, la banque la plus engagée dans le secteur, a été la première à le faire. A la souscription, le client choisit une ONG ou une fondation qui reçoit 3 euros, puis 6 centimes à chaque utilisation de carte. Mais qui paie ? La banque avec ces propres fonds. D’autres banques comme la Caisse d’Epargne et la Société Générale le proposent également.
Ensuite viennent les placements. Il y a tout d’abord les placements de partage… Le premier niveau de l’épargne solidaire. Ce sont des produits d’épargne classique. Mais vous vous engagez à reverser tout ou partie des intérêts à une association, une fondation ou un organisme à but non lucratif. "Et comme la plupart de ces produits d’épargne sont génériques, il suffit de se renseigner auprès de ta banque", sourit-elle.
Quelques exemples :
Le Crédit Mutuel propose le Livret d’Epargne pour les Autres, rémunéré à 2,25 % bruts. Au minimum 50 % des intérêts sont reversés à des associations humanitaires, comme Amnesty International, le Secours Catholique ou encore l’Unicef.
Le Crédit Coopératif propose un Livret Jeune Agir. Réservé au 12-25 ans, sa rémunération rapporte 3,25% net par an. Le souscripteur s’engage à verser 50 à 100% des intérêts à des associations comme Surfrider Foundation, la Ligue des Droits de L’homme ou Action contre la Faim.
La Banque Populaire propose quant à elle le CODEVair : un livret d'épargne rémunéré dont la collecte est dédiée au financement de projets immobiliers écologiques.
Le Livret Developpement Durable,
LDD. Créé en 2007, il remplace le CODEVI. Le montant est plafonné à 6.000 € et sa rémunémartion est de 2,25%. L'argent déposé permet de financer des organismes ou PME qui participent au développement durable, économies d'énergie et à la contruction de bâtiments respectant les normes écologiques.
Autre solution : les produits d’épargne solidaire. L’épargnant accepte que 5 à 10 % de son capital soit directement investi dans des structures ou des actions de solidarité. La panoplie des aides est vaste : le recyclage, la récupération, le commerce équitable ou l’agriculture bio. Le reste du capital est géré de façon classique.
L’épargnant fait un don et a le droit à une réduction d’impôt. Depuis 2008, la part des intérêts reversée à une association bénéficie d’un taux réduit de prélèvement forfaitaire libératoire de 5% alors que le taux standard est de 18%.
Pour plus d’infos, chaque année, durant la 3ème semaine d’octobre, a lieu la semaine de l’Epargne Solidaire.
Selon
Finansol*, cette
épargne un peu particulière a permis de créer ou de consolider 34.000 emplois et de loger ou reloger 2500 familles exclues du parc locatif en 2010.
Solidaire et rentable
L’épargne solidaire gagne du terrain. Fin 2010, son encours était en hausse de 30% par rapport à 2009 avec 3,15 milliards d’euros. "Toi qui travailles dans une grande entreprise", ironise Sophie, qui n’est pas fan des grosses cylindrées du CAC 40, "tu épargnes déjà responsable. T’emballes pas trop, c’est une obligation légale depuis le 1er janvier 2010. Les entreprises sont contraintes d'avoir au moins un fonds solidaire parmi leur dispositif d’épargne salariale".
Cette nouvelle législation a d’ailleurs permis de doper les chiffres. Les produits progressent de 15 à 50 % et le nombre d’épargnants dépasse aujourd’hui les 800.000.
La crise aurait pu être fatale à l’
épargne solidaire mais Il n’en est rien. Ce micro secteur est résistant. Sur trois ans, sa
rentabilité est même supérieure à celle du CAC 40. Il promet moins financièrement mais colle à la réalité. "
On sait exactement où l’on place son argent" souligne-t-elle. Sans compter les avantages fiscaux qui garantissent un socle de
rentabilité.
Même si ce marché manque encore de visibilité, il devient "bankable" et donc intéressant, surtout en pleine crise. Selon le Forum Economique Mondial (F.E.M.), ce type d’investissement incarnera l’une des plus puissantes transformations que connaîtra le secteur de la gestion de patrimoine dans les prochaines années. "Et puis", claironne Sophie, en guise de conclusion, "Est-ce perdre son âme que d’offrir ses dividendes ou quelques % par an ? Nous les épargnants solidaires, savoir que nos avoirs servent à une cause utilise à la société, on n’en demande pas plus…"
Merci, n’en fais pas trop quand même, on a compris…
* FINANSOL : regroupe les principaux financeurs solidaires de l’Hexagone. Organisme incontournable dans l’épargne solaire depuis 1997, il accorde son label au placement solidaire. Un label indépendant qui certifie que ces placements solidaires le sont véritablement et propose un large panel de possibilité pour l’épargnant.
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Plus d'infos | LA NEF, LA BANQUE RESPONSABLE |
La NEF n’est pas une banque mais une institution de finance solidaire qui gère l’argent de ses clients. Les plus : la transparence de ses actions. Chaque année, elle fournit des comptes détaillés des investissements réalisés. Rien n’est inconnu. |