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Bille en tête : Faut-il manger du poisson ?

Edité par
le 26 mai 2012 à 07h00
Temps de lecture
5min
Des sardines sur un étal

Des sardines sur un étal / Crédits : Hemera Technologies / Thinkstock

Dossier Bille en têteLe 22 mai, c'est la Saint Emile. C'est aussi la Journée Internationale de la Biodiversité et le jour mémorable où la France a arrêté de manger du poisson. Enfin presque !
22 mai 2012, drôle d’anniversaire ! Alors que partout dans le monde on célébre la Journée Internationale de la Biodiversité centrée cette année  sur la biodiversité marine, on apprend la veille, que la France a atteint son "jour de dépendance" à l’égard du poisson.
En clair, si la France comptait sur sa seule pêche pour alimenter le marché français,  on ne trouverait plus aucun poisson sur les étals des poissonniers.
Ok. Et après, on fait quoi de l’info ? On arrête de manger du poisson… Impossible, les Français font partie du top 5 des gros mangeurs de poissons en Europe avec 34,2 kg par an et par personne. Loin quand même derrière les Portugais avec 61,6 kg.
On mange le poisson du voisin. En fait, c’est déjà ce que l’on fait. Mais à ce rythme-là, les mers vont rapidement êtres essorées.
On se rue sur les poissons d’élevage. Fausse bonne idée. Il est vrai que sans l’aquaculture, la France serait « dépendante » depuis le 8 avril dernier. Il n’empêche, pour nourrir ces poissons d’élevage, l’industrie aquacole utilise d’autres poissons appelés "poissons fourrage". Une étude publiée en avril dernier par 13 scientifiques internationaux démontre que la fabrication de cette farine d’élevage met en danger les espèces capturées qui semblaient pourtant prospères (sardines, harengs et certains anchois). Mais surtout, elle met en danger toute la chaîne alimentaire marine (poissons, mammifères ou oiseaux).
Ensuite, une info et non des moindres, pour fabriquer 1 kg de poisson d’élevage, il faut 3 kg de petits poissons… On déplace le problème, on ne le résout pas.
Enfin, les conditions sanitaires étant parfois contestées, préférez le poisson d’élevage, estampillé bio même s’il est un peu plus cher.
On la joue durable
Mais on fait quoi alors ? On arrête tout et on attend ? Non, on vote pour la pêche durable avec un objectif : répondre à nos besoins et préservant les océans pour demain.
Une "pêche durable" est une pêche qui ne cible pas les espèces les plus menacées, qui utilise des méthodes sélectives pour ne prendre que le poisson nécessaire (Pour info, 1 poisson sur 5 est pêché pour rien) et qui assure une traçabilité complète de la zone de pèche au point de vente. Pour plus d’infos, c’est par ici.
Mais vous pouvez également agir. C’est le principe du "consomm’acteur"... Vous pêchez ? Pas de problème on va vous aider.
Premier conseil, consommez local et évitez les espèces exotiques comme le Pangasius du Vietnam, un poisson d’élevage ou la perche du Nil pêchée intensivement dans le lac Victoria en Afrique.
Choisissez uniquement des poissons non juvéniles, (ce sont tous ceux qui n’ont pas atteint leur maturité sexuelle et qui ne peuvent pas se reproduire). Exemple : la sardine doit mesurer au minimum 10cm, le bar 30cm. La solution : refusez systématiquement les petits poissons. Pour le tableau de la taille des poissons, c’est ici.
Ensuite, choisissez des poissons de saison, exactement comme les fruits et les légumes. En été, par exemple, privilégiez le thon, la sardine et le maquereau. En hiver, vous ciblerez davantage le hareng, le merlan, la limande, l’églefin ou le lieu.
Refusez d’acheter des espèces menacées que l’on trouve pourtant encore sur les étals des poissonniers. La liste est exhaustive et subtile car certaines espèces sont menacées dans une mer et consommables dans une autre. L’anchois de Méditerranée est menacé alors que l’anchois d’Atlantique peut être encore consommé avec parcimonie. N’hésitez pas à poser des questions à votre poissonnier. Avec une priorité : bannissez tous les poissons des profondeurs sans exception. Biologiquement vulnérables, ces poissons vivent longtemps, parfois jusqu'à 100 ans et se reproduisent tardivement parfois même après 29 ans. Ces profondeurs, avant inexplorées, étaient des réservoirs de biodiversité. Aujourd’hui, à 100 ou 200 mètres de profondeurs, sur le plateau continental ; il ne resterait plus qu’1 à 2% des stocks. A l’image de l’empereur, décimé en une génération, le grenadier, la Dorade sébaste, le Hoki, le Brosme, le cernier, le loup de mer, le requin commun, le flétan noir l’Atlantique, la légine Australe, la lingue bleue la lotte et le sabre noir auront totalement disparu dans 15 ans. Pour la liste, cliquez ici
Pour vous y retrouver il existe plusieurs labels.
Mister Goodish. Créé en mars 2010 par Nausicaa, ce label vise à rendre le public acteur de la préservation de la ressource marine et encourage les consommateurs à se diriger vers des poissons dont les stocks ne sont pas fragilisés.
MSC : fondée en 1997. Ce label entièrement indépendant a pour but de trouver une solution au problème de la surpêche.
Label rouge : un label qui ne signifie que le poisson est biologique mais qui garantit des qualités gustatives.
Enfin sachez que certaines grandes surfaces ont déjà franchi le pas. Leclerc, par exemple a déjà supprimé les poissons des profondeurs de ses étals et exige de ses fournisseurs le respect des tailles légales et le respect des quotas. La flotte d’Intermarché quant à elle a modifié les chaluts pour réduire leur empreinte sur les fonds.
Et n’oubliez pas… une mer sans poissons, c’est une mer qui ne produit que des méduses…
Commenter cet article

  • mr0817 : Biologiquement, les mers et océans sont 3 fois plus pollués que les continents terrestres, alors imaginez un peu les espèces marines... Il serait plus que temps de prendre des mesures draconiennes pour endiguer cela, mais l'entêtement humain c'est autre chose..On s'auto-empoisonne et on continue. Au nom de la progression économique le "génocide naturel" est en marche....Des pans entiers de génèrations futures vont s'écrouler. ce n'est hélàs pas un scénario catastrophe, c'est une pure et évidente réalité.......

    Le 12/06/2012 à 07h27
  • kamedi : Sur la photo, ce ne sont pas des sardines mais des maquereaux. Quelle grossière erreur !

    Le 10/06/2012 à 00h58
  • rozennbretagne : à l'étranger aussi les océans sont pollués !

    Le 26/05/2012 à 23h11
  • juigne11 : J'en mangerai plus souvent s'il n'était pas aussi cher . Je prends du surgelé

    Le 26/05/2012 à 21h27
  • urbacircus : On arrête de polluer l'espace marin, les poissons seront plus nombreux et on aura pas besoin de faire venir du poisson de l'étranger.

    Le 26/05/2012 à 20h58
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