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Chronologie - L'affaire Clearstream, date par date

Par Marlène Andrezo, le 07 octobre 2008 à 16h01, mis à jour le le 19 novembre 2008 à 11:37

Une simple affaire de malversations financières devenue une immense affaire de manipulation industrielle et politique au sein de l'Etat français.

clearstream

L'affaire Clearstream démarre en février 2001 avec la sortie du livre Révélation$ du journaliste indépendant Denis Robert. En compagnie d'Ernest Backes, un ancien cadre dirigeant de l'organisme financier luxembourgeois Cedel rebaptisé par la suite Clearstream, ils mettent en évidence des malversations financières de blanchiment d'argent de la société de compensation grâce à un système de circuits occultes via des comptes secrets "non publiés".


 
Les listings bancaires commencent à circuler en 2003 et sont rapidement falsifiés pour qu'y apparaissent des noms d'industriels et d'hommes politiques. Le général Philippe Rondot, affecté au cabinet du ministère de la Défense est chargé d'enquêter sur ces documents recensant divers titulaires français. Il affirme que Jean-Louis Gergorin, vice-président d'EADS, proche de Dominique de Villepin, alors ministre des Affaires étrangères, lui a remis ces documents afin de l'alerter sur de possibles malversations dans l'industrie de la défense.  Il arrive très vite à la conclusion que les listes ont été montées par un affabulateur.
 
En mai-juin 2004, le juge financier Renaud Van Ruymbeke qui enquête sur l'affaire des Frégates de Taiwan reçoit des lettres anonymes et un CD-Rom contenant des numéros de comptes prétendument ouverts par des personnalités dont Nicolas Sarkozy sous le patronyme de Nagy-Bocsa.
 
En janvier 2006, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'intérieur, tente de démonter la manipulation et donne un tour politique à l'affaire. Il porte plainte, se constitue partie-civile et dès lors une information judiciaire est confiée aux juges d'Huy et Pons pour dénonciation calomnieuse. Les révélations s'enchaînent. Les juges entendent le général Rondot. Ce dernier met en cause Dominique de Villepin qui lui aurait demandé de mener une enquête confidentielle sur les fameux listings et de n'en référer qu'à lui, lors d'une réunion au Quai d'Orsay, en janvier 2004, en présence de Jean-Louis Gergorin. Celui-ci admet, en juin 2006, être le « corbeau » et s'être procuré les faux listings auprès d'un de ses proches, l'ancien informaticien d'EADS, Imad Lahoud.
 
En mars 2007, l'expertise informatique sur l'ordinateur du général Philippe Rondot relance les soupçons sur Dominique de Villepin. Selon les notes relevées, M. de Villepin aurait poussé Jean-Louis Gergorin à dénoncer à la justice des personnalités, dont Nicolas Sarkozy. Cette manœuvre aurait eu pour but de déstabiliser son rival à la course à la présidentielle sur « instruction du président Jacques Chirac ».
 
En octobre 2007, le juge Van Ruymbeke, accusé de n'avoir pas respecté les procédures, comparaît devant le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) pour ses rencontres secrètes avec Gergorin dès avril 2004, avant même d'avoir reçu les lettres anonymes. A l'issue de l'audience disciplinaire, une simple « réprimande » sera infligée au juge.
 
En juillet 2007, Dominique de Villepin est mis en examen.
 
L'enquête sur une possible manipulation ayant visé Nicolas Sarkozy a été officiellement refermée le 22 février 2008. Cinq personnes ont été mises en examen :
 

  • Jean-Louis Gergorin, ancien vice-président d'EADS pour «dénonciation calomnieuse, faux et usage de faux»
  • Imad Lahoud, informaticien et correspondant de la DGSE pour «dénonciation calomnieuse, faux et usage de faux»
  • Florian Bourges, ancien employé de la société d'audit Arthur Andersen pour «recel et abus de confiance» pour avoir conservé et confié à Denis Robert les documents comptables d'un audit sur Clearstream.
  • Denis Robert, journaliste pour «recel de vol et d'abus de confiance».
  • Dominique de Villepin, ancien premier-ministre pour «complicité de dénonciation calomnieuse»


3 juin 2008 : A la demande du parquet de Paris, l'enquête judiciaire a été rouverte pour mieux cerner le rôle de Dominique de Villepin et notamment ses liens avec Imad Lahoud. Concernant  Gergorin, Lahoud, Robert et Bourges, le parquet demande le renvoi en correctionnel.
 
Le 4 septembre 2008, la cour d'appel de Paris a réexaminé le litige entre Denis Robert et la société financière luxembourgeoise Clearstream. Cette bataille judiciaire oppose le journaliste et la chambre de compensation depuis 7 ans. Quatre affaires de diffamation sont à l'ordre du jour. Les premières concernent les livres Révélation$ et La boîte noire, les autres portent sur deux émissions de télévision. La 11e chambre a mis sa décision en délibéré.
 
Le 7 octobre 2008, le parquet requiert le renvoi de Dominique de Villepin en correctionnelle. Le parquet considère que l'ancien Premier ministre a eu connaissance du caractère fallacieux des listings bancaires et n'a pas empêché leur transmission à la justice entre mai et octobre  2004 par Jean-Louis Gergorin, un de ses proches.

Le 19 novembre 2008, après près de quatre ans d'enquête, les juges d'instruction Jean-Marie d'Huy et Henri Pons demandent à leur tour le renvoi de l'ancien Premier ministre en correctionnelle. Ils ont retenu notamment contre lui les charges de "complicité de dénonciation calomnieuse". Sont aussi renvoyés devant le tribunal l'ancien vice-président d'EADS Jean-Louis Gergorin et trois autres protagonistes - Imad Lahoud, ancien cadre d'EADS, le journaliste Denis Robert et l'ancien consultant Florian Bourges. Le procès aura lieu en 2009 ou 2010.

le 07 octobre 2008 à 16:01
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