Bachar Al-Assad/Image d'archives © ReutersSon arrivée au pouvoir avait suscité beaucoup d'espoirs. Succédant à la mort de son père Hafez Al-Assad, en juillet 2000, alors que rien ne le destinait à cette charge, Bachar Al-Assad, jeune médecin ophtalmologiste formé à Londres, aura vite déçu ceux qui attendaient le changement.
Personne n'aurait pu prévoir que le fils cadet du "Bismarck arabe" puisse devenir un jour président de la République arabe syrienne. Mais en 1994, la mort dans un accident de voiture de son frère aîné Bassel va bouleverser sa vie. Il va apprendre avec son père à marche forcée le dur métier de président dans un pays complexe. Il gravit les échelons de l'armée, devient colonel, et gère les dossiers politiques.
Candidat unique à la présidence en 2000, il est nommé aussi commandant en chef des forces armées, puis secrétaire général du parti Baas et devient le 16e président de Syrie, le 11 juillet, à l'âge de 34 ans.
A son arrivée au pouvoir, un bref vent de liberté balaye le pays, suivit d'un mouvement de réformes. Mais sous la pression des caciques du parti Baas qui gouverne le pays depuis 1963, "le printemps de Damas", qui a vu s'ouvrir les prisons de son père et autorisé le débat public, fera long et est vite étouffé. Les meneurs sont arrêtés et incarcérés et les velléités d'ouverture politique mort-nées.
Le jeune Bachar voit donc, dès son arrivée au pouvoir, ses marges de manœuvre limitées. La vieille garde du parti surveille, ainsi que le clan familial étroitement associé aux prises de décisions. Il s'inspire du modèle chinois en proclamant " les réformes économiques passent avant les réformes politiques". De démocratie, il n'en est plus question. En 2003, il expliquera que les opposants syriens avaient " mal compris" ses promesses dans son discours d'investiture.
Celui à qui certains ne donnaient pas six mois au pouvoir va vite apprendre comment survivre et manœuvrer dans les méandres de la politique syrienne. "Il s'est coulé dans le système de pouvoir clientéliste, calcifié et quasi tribal qui règne sur la Syrie depuis le coup d'Etat bassiste de 1963 ", déclare un opposant au Monde (11/07/2008).
International : le retour en grâce
Dix ans après son arrivée au pouvoir à la tête du pays, l'homme a su s'imposer. Au plan international, celui que l'Occident avait mis en quarantaine, accusé de soutenir le terrorisme et les groupes hostiles au processus de paix, a réussi à redevenir un interlocuteur incontournable dans la région, et à sortir ces dernières années la Syrie de son isolement. Le président Nicolas Sarkozy le réhabilite sur la scène internationale et lui rend visite en 2008.
L'invasion américaine en Irak en 2003, à laquelle il s'opposait, l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri en 2005, le retrait militaire syrien forcé la même année après 29 ans de tutelle, constituent les épreuves de taille qu'il a du affronter, et pour lesquelles il a démontré une habileté politique insoupçonnée.
Mais celui qui avait été mis au ban des nations, continue aujourd'hui d'utiliser son pouvoir de nuisance, dans un registre plus fin, nouant, dénouant des alliances avec la Russie, l'Iran, la Turquie, le Hezbollah, le Hamas, le jihad islamique et les mouvements irakiens anti-américains.
Reconduit avec 97,62% des voix lors d'un référendum organisé en 2007 pour un nouveau mandat de sept ans, le régime autoritaire de Bachar Al-Assad s'appuie sur les services de sécurité pour mater les opposants. Le fondamentalisme sunnite, les frères musulmans et Al-Qaïda constituent l'autre danger pour la Syrie laïque que défend le président alaouïte. Et, si pour finir il a réalisé quelques réformes économiques, il doit maintenant affronter la révolte d'un peuple qui demande plus de liberté, de démocratie, la fin de la corruption et un meilleur respect des droits de l'homme.
Marié a une jeune économiste brillante, Asma Al-Assad, père de trois enfants, " l'homme à la tête d'oiseau " comme on le surnomme, est encore une fois à la croisée des chemins.
Retour MYTF1
Chargement en cours...
0 commentaire











Toutes les biographies




