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Bachar al-Assad

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Bachar Al-Assad/Image d'archives / Crédits : Reuters

Biographie de Bachar al-Assad

Né(e) le : 11/09/1965 - Damas - SYRIEMédecin Ophtalmologiste - Président de la République

Le président syrien Bachar al-Assad, un autocrate coupé de la réalité, qui manie réforme et répression sanglante.

" Nous vivons dans un état de guerre, à tout point de vue " a déclaré Bachar al-Assad le 26 juin 2012, devant le gouvernement qu'il venait de nommer, "et quandl'on est en guerre, toutes les mesures et tous les secteurs doivent viser àl'emporter". Cette affirmation marque un tournant dans la rhétorique du président syrien, qui, pendant longtemps a nié qu'un soulèvement était en cours contre lui, estimant alors que les troubles étaient l'œuvre d'activistes isolés stipendiés par l'étranger.
 
La Syrie est en proie depuis le 15 mars 2011 à une révolte populaire contre le régime de Bachar al-Assad qui s'est militarisée au fil des mois face à la répression sanglante menée par les troupes régulières. Les rebelles, généralement sunnites qui représentent les trois quart de la population, ont osé défier la minorité chiite alaouite au pouvoir, dont est issu le président syrien. 
 
Un complot de l'étranger
 
Dans sa fuite en avant pour sauver le régime, le dictateur reste sourd aux fracas de la rue, faisant endurer les pires souffrances à son peuple. Bombardements aveugles, massacres de civils, tortures, les femmes et les enfants n'étant pas épargnés. Il affirme combattre des terroristes chargés de mettre en œuvre un complot de l'étranger. " Cette crise n'est pas une crise interne. C'est une guerre extérieure menée par des éléments internes ", a-t-il déclaré dans un discours devant le parlement le 3 juin 2012.
En seize mois, les violences ont fait plus de 19.000 morts, dont près des deux tiers sont des civils, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
 
Président malgré lui
 
Pourtant son arrivée au pouvoir avait suscité beaucoup d'espoirs. Succédant à la mort de son père Hafez al-Assad, en juillet 2000, alors que rien ne le destinait à cette charge, Bachar al-Assad, jeune médecin ophtalmologiste formé à Londres, aura vite déçu ceux qui attendaient le changement.

Personne n'aurait pu prévoir que le fils cadet du "Bismarck arabe" puisse devenir un jour président de la République arabe syrienne. Mais en 1994, la mort dans un accident de voiture de son frère aîné Bassel va bouleverser sa vie. Il va apprendre à marche forcée avec son père, le dur métier de président dans un pays complexe. Il gravit les échelons de l'armée, devient colonel, et gère les dossiers politiques.
Candidat unique à la présidence en 2000, nommé aussi commandant en chef des forces armées, puis secrétaire général du parti Baas, Bachar al-Assad devient le 11 juillet, à l'âge de 34 ans, le16e président de Syrie.  
 
"Le printemps de Damas" étouffé
 
Un bref vent de liberté balaye le pays, suivit d'un mouvement de réformes. Mais sous la pression des caciques du parti Baas qui gouverne depuis 1963, "le printemps de Damas", qui a vu s'ouvrir les prisons de son père et autorisé le débat public, est rapidement étouffé. Les meneurs sont arrêtés et incarcérés et les velléités d'ouverture politique mort-nées.

Le jeune Bachar voit donc, dès son arrivée à la tête de l'Etat, ses marges de manœuvre limitées. La vieille garde du parti surveille, ainsi que le clan familial étroitement associé aux prises de décisions. Il s'inspire du modèle chinois en proclamant " les réformes économiques passent avant les réformes politiques". De démocratie, il n'en est plus question. En 2003, il expliquera que les opposants syriens avaient "mal compris" ses promesses dans son discours d'investiture.

Celui à qui certains ne donnaient pas six mois au pouvoir, va vite apprendre comment survivre et manœuvrer dans les méandres de la politique syrienne. "Il s'est coulé dans le système de pouvoir clientéliste, calcifié et quasi tribal qui règne sur la Syrie depuis le coup d'Etat bassiste de 1963 ", déclare un opposant au Monde (11/07/2008).

International : le retour en grâce

Dix ans après son arrivée à la tête du pays, l'homme a su s'imposer. Au plan international, celui que l'Occident avait mis en quarantaine, accusé de soutenir le terrorisme et les groupes hostiles au processus de paix, a réussi à redevenir un interlocuteur incontournable dans la région, et à sortir la Syrie de son isolement. Le président Nicolas Sarkozy le réhabilite sur la scène internationale et l'invite au 14 juillet 2008 à Paris.
 
L'invasion américaine en Irak en 2003, à laquelle il s'opposait, l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri en 2005, qui sera suivi la même année par le retrait militaire syrien forcé du Liban après 29 ans de tutelle, constituent les épreuves de taille qu'il a du affronter, et pour lesquelles il a démontré une habileté politique insoupçonnée.
 
Mais celui qui avait été mis au ban des nations, continue cependant d'utiliser son pouvoir de nuisance, dans un registre plus fin, nouant, dénouant des alliances avec la Russie, l'Iran, la Turquie, le Hezbollah, le Hamas, le jihad islamique et les mouvements irakiens anti-américains.

Un redoutable appareil de sécurité

Reconduit avec 97,62% des voix lors d'un référendum organisé en 2007 pour un nouveau mandat de sept ans, le régime autoritaire de Bachar al-Assad s'appuie sur les services de sécurité pour mater les opposants. Le fondamentalisme sunnite, les frères musulmans et Al-Qaïda constituent l'autre danger pour la Syrie laïque que défend le président alaouite.

Sil a réalisé quelques réformes économiques, cela devient insuffisant pour le peuple syrien qui réclame plus de liberté, de démocratie, la fin de la corruption et un meilleur respect des droits de l'homme.

Père de trois enfants, marié à une belle économiste brillante, Asma al-Assad, qui avait soulevé des espoirs de modernisation du pays, mais l'indifférence et l'autisme de la première dame face au drame du peuple syrien, ont provoqué de nombreuses indignations.
 
Coupé de la réalité
 
L'"homme à la tête d'oiseau " comme on le surnomme, est toujours au pouvoir après seize mois de soulèvement. Il dit ne pas craindre de partager le même sort qu'un Kadhafi ou Moubarak, car il se pense sincèrement populaire.
 
Pour cela, Bachar al-Assad s'appuie sur un clan puissant, un vaste réseau de renseignement, une armée de 300.000 hommes et la peur de la minorité alaouite d'être massacrée si la rébellion majoritairement sunnite s'emparait du pouvoir.
 
Celui qui avait concentré les espoirs de changement est devenu au fil des ans l'un des dirigeants les plus brutaux du Proche-Orient. Totalement coupé de la réalité, il poursuit dans une fuite en avant sanguinaire, l'œuvre commencée par son père l'autocrate impitoyable Hafez al-Assad qui dirigea le pays d'une main de fer pendant 29 ans.
 
Jusqu'ici, ni l'extension de la violence, ni l'essoufflement de l'économie, ni l'isolement international de la Syrie n'ont ébranlé le régime de Damas. Mais, l'attentat du 18 juillet 2012 qui a coûté la vie au vice-ministre de la Défense Assef Chaoukat, beau-frère du président, pourrait marquer un tournant, et voir l'heure de la confrontation directe se rapprocher.
 
      
                                                                                               Sylviane Moukheiber
 
 
 
 
 
 

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