Bart de Wever, leader du Parti indépendantiste flamand, le N-VA. © TF1/LCIHabile politique, plein d'humour et cultivé, Bart De Wever est plébiscité, lors des législatives en juin 2010, par les Belges néerlandophones qui voient en lui l'homme capable de débloquer la crise institutionnelle en Belgique. Agé de 39 ans, marié et père de quatre enfants, cet historien de formation a su s'attirer un vote anti-establishment et a réussi de faire de son groupuscule la Nouvelle Alliance Flamande le premier parti de Flandre avec près de 30% des voix dans cette région.
Quelle sera sa capacité de compromis avec les francophones ? Ces derniers savent que celui qui leur tend la main au lendemain des élections de 2010 a serré autrefois celle de Jean-Marie Le Pen en 1996. Et qu'en 2007, il assista aux funérailles du fondateur du Vlaams Blok, le parti d'extrême-droite flamande. Il est aussi celui qui avait dû présenter ses excuses à la communauté juive belge, après s'être indigné du pardon adressé par le bourgmestre socialiste d'Anvers pour l'attitude zélée de la ville dans la déportation pendant la Seconde guerre mondiale.
Cependant, Bart De Wever partage assez peu de choses avec les ultranationalistes du Vlaams Belang. Nationaliste flamand certes, il se revendique aussi européen. Conservateur, il est favorable, entre autres, au mariage des homosexuels. L'identité ne passe pas pour lui par "la race" mais par la langue. Il est enfin partisan d'une intégration active des immigrés et de l'apprentissage obligatoire du néerlandais.
Bart de Wever est tombé tout petit dans la marmite du nationalisme flamand. "Les francophones me trouvent affreux parce que je suis nationaliste. Mais c'est facile de ne pas être nationaliste quand on appartient à la culture dominante. De prôner une Belgique unie dès lors qu'elle est francophone et à son image", plaide-t-il. En 2001, il fonde le parti de la Nouvelle Alliance Flamande (N-VA) avec des membres de l'aile conservatrice de la Volksunie, le parti historique du mouvement autonomiste flamand alors réduit en cendres. Il en devient président en 2004. Il est alors élu député au Parlement flamand. En 2007 il est élu député au Parlement fédéral et commence à s'attirer l'attention de la presse nationale et internationale.
Le 17 juin 2010, le roi Albert II nomme Bart de Wever "informateur"; la mission qui lui est dévolue est de contribuer à rapprocher les positions des différents partis politiques, d epart et d'autre de la frontière linguistique, et d'aider le roi à choisir le nouveau Premier ministre. Car Bart De Wever a refusé ce poste. Diriger un pays dont il souhaite "l'évaporation" est un non-sens.
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