Carlos, l'incarnation du terrorisme des années 1980

le 07 novembre 2011 à 05h00 , mis à jour le 04 novembre 2011 à 13h36

Ilich pour l'état civil, Carlos pour la clandestinité, le "Chacal" pour la légende, l'homme qui a incarné le terrorisme des années 1970 et 1980 a vécu plusieurs vies au gré des soubresauts géopolitiques de son époque, jusqu'à son arrestation au Soudan en 1994.

Illich Illich Ramirez Sanchez, alias Carlos © AFP
  • Nom : Illich Ramirez Sanchez, alias Carlos
  • Prénom : Illich

Biographie

[Expiré] Illich Ramirez Sanchez Carlos © AFP

Il a plusieurs noms, il a eu plusieurs vies. Ilich pour l'état civil, Carlos pour la clandestinité, le "Chacal" pour la légende, l'homme qui a incarné le terrorisme des années 1970 et 1980 a vécu plusieurs vies au gré des soubresauts géopolitiques de son époque, jusqu'à son arrestation au Soudan en 1994.
 
Carlos, c'est d'abord une image: celle d'un homme coiffé d'un béret à la Che Guevara qui s'avance sur le tarmac de l'aéroport d'Alger, entouré d'un aréopage de dirigeants du pays.  La scène, reprise dans le film d'Olivier Assayas sorti en 2010, se passe en décembre 1975, quelques heures après le début de la prise d'otage des ministres du pétrole des pays de l'OPEP réunis à Vienne (Autriche). Cette action spectaculaire, montée et menée par un jeune homme d'à peine 26 ans, fait connaître le nom de Carlos dans le monde entier.

Le militantisme politique dès le biberon
 
Derrière le pseudonyme se cache un militant chevronné, engagé depuis plusieurs années au sein du Front populaire pour la libération de la Palestine (FPLP), qui lui a donné son nom de guerre aux consonances sud-américaines. Né à Caracas (Venezuela) le 12 octobre 1949, Carlos a goûté au militantisme politique dès le biberon: son vrai prénom, Ilich, il le doit à l'admiration de son père, un riche avocat d'extrême gauche, pour un certain Vladimir Ilich Lénine.
 
Il n'a pas 15 ans lorsqu'il rejoint la jeunesse communiste vénézuélienne. Son parcours d'étudiant, entamé à Londres, passe logiquement par l'université Patrice Lumumba de Moscou, vivier d'activistes politiques.   Comme pour de nombreux chapitres de sa vie, Carlos entretient un savant flou sur les relations qu'on lui prête avec le KGB.
 
Sur son engagement pour la révolution palestinienne, il ne fait aucun mystère: dès septembre 1970, il lutte plusieurs mois en Jordanie aux côtés des Fedayin acculés par les troupes du roi Hussein. Il y gagne ses galons de combattant et un rôle grandissant auprès de Waddi Haddad, l'un des dirigeants les plus radicaux du FPLP, également considéré comme l'inventeur du terrorisme moderne. Lorsque Haddad crée sa propre organisation, le FPLP-Opérations externes (FPLP-OE), Carlos réalise pour son compte ses premières "opérations": plusieurs attentats, attaques, assassinats, à Londres et Paris, lui sont attribués au début des années 70.

Ce "révolutionnaire international professionnel"
 
Si le coup de force de Vienne le projette à la une des médias, il marque aussi le début de son éloignement avec Haddad qui lui reproche d'avoir refusé d'exécuter deux otages, préférant prendre l'argent de la rançon après les avoir libérés. A partir de 1979, celui que les journaux appellent désormais "Le Chacal" installe ses quartiers à l'abri du rideau de fer, en Hongrie puis en Roumanie, avant d'être accueilli plusieurs années par Damas, au début des années 80.   Est-ce une vie de mercenaire sans idéologie, comme le décrivent certains observateurs, que mènent alors Carlos et son groupe? Une vie où l'accueil VIP dans les capitales arabes, les séjours en hôtels de luxe, les déplacements en jet alternent avec la planification de nouvelles attaques dans toute l'Europe?   Carlos conteste fermement cette image, s'affirmant, aujourd'hui encore, tout entier voué à la cause palestinienne au nom de laquelle il affirme détenir "le record du nombre d'opérations" criminelles. Lesquelles? Il se refuse à les citer.
 
Ce "révolutionnaire international professionnel", comme il aime se définir, a forgé sa légende sur ce mystère, sur une personnalité charismatique décrite à la fois comme joviale, épicurienne mais aussi brutale, violente, sur sa longévité qui lui fait considérer comme "un miracle" d'être toujours en vie. En vie mais entre les murs d'une prison: devenu persona non grata en Syrie après la première guerre du Golfe, Carlos avait trouvé refuge au Soudan où, le 14 août 1994, il a été arrêté par des policiers du contre-espionnage français (DST).

le 07 novembre 2011 à 05:00
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1 Commentaires

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  • 421123, le 07/11/2011 à 12h32

    Ne "bousculons" pas la Justice...

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