Sa popularité, Claude Brasseur la doit à sa télévision. Dans les années 60, lors des grandes heures de l'ORTF, le comédien incarne Sganarelle dans le Dom Juan de Marcel Bluwal et, surtout, séduit la France avec la série Vidocq.
Au cinéma, son physique carré et solide lui vaut souvent des rôles de flic ou de voyou comme dans La guerre des polices (1979), pour lequel il obtient le César du meilleur acteur. Mais il sait également mettre son charme au service de comédies telles que Un éléphant ça trompe énormément (1976), César du meilleur second rôle, Nous irons tous au paradis d'Yves Robert (1977) ou encore les deux volets de La Boum (1980 et 1982) de Claude Pinoteau.
Une écrasante absence
Professionnel rigoureux, personnalité pudique, bon vivant parfois jusqu'à l'excès, il fut aussi un sportif passionné. On le retrouve dans la sélection française de bobsleigh aux JO d'Innsbruck en 1964. Il gagne le Paris-Dakar en 1983, aux côtés de Jacky Ickx.
Claude Espinasse - Brasseur est le nom de jeune fille de sa grand-mère - naît le 15 juin 1936 à Neuilly-sur-Seine. Ses parents, Pierre Brasseur et Odette Joyeux, divorcent quand il a six mois. De ce père à la personnalité écrasante et à l'absence douloureuse, il garde le souvenir de dîners dans son appartement parisien, entouré "des collègues de bureau" qui ne sont autres que Jean-Paul Sartre, Louis Jouvet, André Malraux ou Jacques Prévert. Son parrain, Ernest Hemingway, l'emmène l'été aux corridas d'Arles. Une enfance malgré tout morose, marquée par une scolarité chaotique dans une pension religieuse : "Je ne suis pas un enfant de l'amour mais du hasard. Mes parents étaient davantage préoccupés par les autres que par moi".
Entre planches et plateaux
Après un court détour par le journalisme, Claude Brasseur débute au théâtre dans les années 50. Poussé par Elvire Popesco, qui lui lance "Quand on porte un nom pareil, on monte sur les planches", il tient un rôle de figuration dans une pièce de Marcel Pagnol, Judas, en 1954. Son père l'envoie prendre des cours d'art dramatique et il démarre sa carrière au cinéma dans Le pays d'où je viens de Marcel Carné en 1956.
A cette époque il part pour la guerre d'Algérie où il restera trois ans, période qu'il n'aime guère évoquer. De retour au cinéma, il tourne avec Franju Les yeux sans visage (1960), Jean-Luc Godard Bande à part (1964), Costa-Gavras Un homme de trop (1967), François Truffaut Une belle fille comme moi (1972), Claude Sautet Une histoire simple (1978).
Alexandre, la septième génération
Au théâtre il sert de grands metteurs en scène comme Roger Planchon Tartuffe, George Dandin, Andréas Voutsinas ou Jean-Laurent Cochet. Le Souper, pièce de Jean-Claude Brisville, connaît un grand succès en 1989, et il reprendra le rôle de Fouché au cinéma dans le film de Molinaro (1992). Dans les années 90, il se fait plus rare, apparaissant parfois dans de tout petits rôles. Puis il renoue avec les comédies populaires Fauteuils d'orchestre de Danièle Thompson (2005) et Camping 1 et 2 de Fabien Onteniente (2006 et 2010).
Divorcé de Peggy Roche, il s'était remarié en 1970 à Michèle Cambon, la mère de son fils Alexandre. Et c'est à ce dernier qu'il donne la réplique, en 2008, dans la pièce de Sacha Guitry Mon père avait raison, passant ainsi le flambeau à la septième génération de comédiens de la famille.
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