- Guéant : un fidèle de Sarkozy à l'Intérieur - 01 min 21 s
Fidèle parmi les fidèles du président, Claude Guéant voue à Nicolas Sarkozy une dévotion sans bornes, et possède avec lui une proximité qui agace à l’Elysée les conseillers, les ministres et l’entourage proche. Omniprésent, il gère et contrôle tout : politique, économie, diplomatie. Bourreau de travail, quinze à seize heures par jour, il est totalement engagé dans sa fonction.
"Va voir Claude"
Le chef de l’Etat le sait, délègue en toute confiance à son "vice-président" la gestion des dossiers. "Si tu as un problème, un message à faire passer, va voir Claude. Ce sera comme si tu me voyais…", a coutume de dire Nicolas Sarkozy à ses interlocuteurs si l'on en croit un article du Monde Magazine du 3 avril 2010. C’est lui qui reçoit, écoute, règle les affaires, écrit les discours et informe plusieurs fois par jour par téléphone "Monsieur le président". Toujours courtois, le ton est onctueux, sans jamais se départir de son calme.
Le tandem avec Nicolas Sarkozy débute en 2002. Le préfet Claude Guéant a une réputation flatteuse. Séduit par les qualités de celui qu’on appelle "Monsieur zéro défaut", Nicolas Sarkozy qui a besoin d’un haut-fonctionnaire pour le seconder, le nomme directeur de cabinet au ministère de l’Intérieur. Entre les deux hommes la rencontre fonctionne. Depuis, ils ne se sont plus quittés. Trois fois de suite, il a été son directeur de cabinet, à l’Intérieur (2002-2004 puis de nouveau à partir de juin 2005) et à Bercy (2004) où Nicolas Sarkozy l’impose. C’est la première fois qu’un préfet, et non un inspecteur des finances, prend la tête du ministère de l’Economie.
"Beaucoup déléguer..."
Lorsque Nicolas Sarkozy quitte Bercy, sur injonction de l’Elysée qui refusait de le voir cumuler ses fonctions de président de l’UMP et de ministre, Claude Guéant le suit dans son fief des Hauts-de-Seine. Il sera ensuite en 2007, le directeur de sa campagne électorale victorieuse. Une fois la présidentielle gagnée, Claude Guéant négocie à la fois la libération des infirmières bulgares avec les services secrets libyens et l'organisation du mariage de Nicolas Sarkozy avec Carla Bruni en 2008. Le secret de son efficacité tient dans sa maxime favorite : "beaucoup déléguer à condition de tout savoir".
Né le 17 janvier 1945 à Vimy dans le Pas-de Calais, Claude Guéant est le fils aîné d’un employé d’une société de transports et d’une institutrice devenue directrice d’école. Une enfance modeste et une éducation qui lui donnent le goût de l’effort et du travail. Sorti de l’ENA en 1971 (promotion Thomas More où il a côtoyé le socialiste Jean-Paul Huchon), il choisit la carrière préfectorale par amour de la province et du "terrain" mais ne tarde pas à enchaîner les postes dans les hautes sphères de l'Etat.
"Il a du jugement, il est fin, précis"
En devenant ministre de l'Intérieur en février 2011, Claude Guéant hérite d'un maroquin qui lui sied parfaitement. L'homme connaît parfaitement le ministère de l’Intérieur et particulièrement la police nationale puisqu’il y a exercé des fonctions importantes à plusieurs reprises : aux côtés de Nicolas Sarkozy bien entendu, mais aussi dans les ministères de Christian Bonnet, de Charles Pasqua, de Jean-Louis Debré, ou de Jean-Pierre Chevènement. "Il a du jugement, il est fin, précis. A l’époque, il connaissait déjà parfaitement l’Etat et le renseignement, dira de lui l’ancien ministre de l’Intérieur de Lionel Jospin dans le Monde Magazine. Je l’ai gardé huit mois puis je l’ai nommé préfet chez moi en Franche-Comté , c’est dire mon estime…"
Avec Charles Pasqua qui en fait son directeur-adjoint de cabinet en 1993 puis le nomme directeur général de la Police nationale, il gère la prise d'otage d'un airbus d'Air-France à Alger en décembre 1994 par un commando islamiste du GIA. Pasqua ne tarit pas d'éloges sur son sang-froid, son sens de l'organisation et de la décision. Charles Pasqua initie Claude Guéant à la Françafrique et lui ouvre ses réseaux RPR africains. En 2002, l'ancien ministre incite Nicolas Sarkozy à en faire son directeur de cabinet au ministère de l'Intérieur.
Claude Guéant a perdu sa femme Rose-Marie d’un cancer fulgurant en 2008. Il est père de deux enfants. Son fils François Guéant, avocat fiscaliste, est engagé lui aussi en politique. Quand il n’est pas en mission ou happé par ses obligations, il aime se réfugier le week-end dans sa maison de Durtal, dans le Maine-et-Loire, pour jouer avec ses petits-enfants, lire ou écouter Mozart.
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