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Danielle Mitterrand

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Danielle Mitterrand à Paris en mai 2011

Danielle Mitterrand à Paris en mai 2011 / Crédits : Abacapress

Biographie de Danielle Mitterrand

Né(e) le : 29/10/1924 - Verdun  - Date de décès : 22/11/2011 Présidente de la Fondation France Libertés - Fondation Danielle Mitterrand

Femme de gauche, militante internationaliste, fidèle à ses révoltes de jeunesse, la veuve du président François Mitterrand a toute sa vie poursuivi ses combats, entre pouvoirs et contre-pouvoirs. Elle est décédée le 22 novembre 2011.

Danielle Mitterrand est issue d'une famille d'enseignants laïcs, radicaux-socialistes. Son père, proviseur de lycée, est révoqué par le gouvernement de Vichy pour avoir refusé de signaler les élèves et les enseignants juifs de son établissement. Elle vit cet épisode comme la première cassure de sa vie, "j'ai trouvé cela tellement injuste que j'ai perdu mes illusions d'adolescente sur la justice des hommes". Elle s'engage dans la Résistance à 17 ans, en tant qu'agent de liaison et infirmière bénévole.

Installée en Bourgogne, sa famille héberge des maquisards tandis que sa sœur aînée Christine Gouze (future épouse de Roger Hanin), devient "boîte aux lettres" pour le Mouvement national des prisonniers de guerre et déportés. C'est elle qui lui présentera, en 1944, le résistant François Morland, nom de code de François Mitterrand dans la Résistance. Danielle l'aide à s'enfuir à bord d'un train, en jouant l'amoureuse, pour tromper la vigilance de l'ennemi. Quelques mois plus tard, la veille de ses 20 ans, elle l'épouse... pour de vrai.

Dans un entretien dans L'Express avec Christine Ockrent en 1996, Danielle Mitterrand décrit cette époque comme un "concentré de vie" : "tous les matins quand on se levait, dans la Résistance, on ne savait jamais où on dormirait le soir, dans notre lit ou dans les bois, ou bien étendu pour l'éternité dans un fossé. Tout ça décuple la vivacité des sentiments..."

"Avec lui, je ne m'ennuyais jamais"

Profondément agnostique, Danielle Gouze accepte néanmoins d'épouser François Mitterrand à l'église, tout de blanc vêtue. Le soir même, elle l'accompagne, en robe de mariée, à une réunion politique. "C'est là que j'ai compris qu'avec lui, en même temps que lui, je devais épouser sa raison d'être. Je n'allais pas le changer."

Danielle Mitterrand fait campagne aux côtés de son mari, qui devient député de la Nièvre en 1946. Elle accompagne à sa manière, à la fois présente mais en retrait, la carrière de son époux. François Mitterrand disait d'elle qu'elle était "sa conscience de gauche", lui qui venait de la droite catholique. Elle comprend aussi rapidement qu'elle a épousé un séducteur. Si elle reconnaît en avoir souffert au début de son mariage, elle décide de "faire avec", de protéger leur liberté réciproque au nom de toutes les libertés et de défendre cet homme, "avec lequel je ne m'ennuyais jamais", contre toutes les attaques, d'où qu'elles viennent.

Le titre de Première dame de France l'horripile. Quand François Mitterrand est élu président, en mai 1981, elle s'engage à remplir son rôle, si mal défini soit-il, mais revendique son style. Elle installe ses bureaux dans l'aile Est du palais de l'Elysée, à l'écart de la cohorte de courtisans qui entoure son mari. Elle continue d'habiter rue de Bièvre, dans leur appartement du Ve arrondissement de Paris.

Contre-pouvoir

Profondément acquise aux réformes de gauche, elle réprouve le "tournant de la rigueur" imposé par Mitterrand en 1983. Là encore, elle excuse son grand homme, dont le pouvoir est limité par la sauvagerie du capitalisme mondial, mais décide de jouer un rôle de contre-pouvoir. En 1986, elle crée la fondation "France Libertés", regroupant sous ce nom trois associations tiers-mondistes fondées après 1981. L'organisation a pour but de répondre aux appels des opprimés en lançant des campagnes d'information et en finançant des actions sur le terrain, portées par les populations locales.

Le militantisme de Danielle Mitterrand en faveur des Kurdes, des Amérindiens, des Tibétains et ses relations amicales avec Fidel Castro ou le Dalaï-Lama se heurtent souvent à la realpolitik pratiquée par son mari. Malgré quelques incidents diplomatiques mineurs, chacun respecte le domaine et la liberté de l'autre. Seul Roger Hanin, son beau-frère, se permet quelques plaisanteries sur les "Marie-Chantal de gauche".

"Rien de banal ou de médiocre"

Fidèle à ses engagements de jeunesse, Danielle Mitterrand l'est aussi à la mémoire de son mari, à sa famille, à son fils Jean-Christophe qu'elle défend bec et ongles lors de ses ennuis judiciaires dans l'Angolagate (affaire de corruption dans les relations franco-africaines). Elle défend aussi sa liberté personnelle, face à l'appétit des médias pour les révélations scabreuses. Par son geste envers Mazarine, lors des obsèques de François Mitterrand, elle attire la sympathie des Français. Mais de toutes façons, elle s'affirme "vaccinée contre le regard des autres".

Viscéralement "de gauche", elle fustige les dirigeants du PS "qui n'ont pas la tripe socialiste". Dans la biographie qu'elle lui a consacrée, Françoise Xenakis décrit une femme touchante, courageuse, obstinée, élevée au biberon du radical-socialisme, qui possède cette foi du charbonnier que lui a inculquée son père.

En lançant la campagne pour le droit universel à l'accès à l'eau potable, sur le site internet de sa fondation France Libertés, Danielle Mitterrand déclare : "Le destin m'a donné l'occasion de fouler de nombreux tapis rouges... mais il m'a surtout permis de côtoyer des populations de tous les continents... J'ai vu s'effondrer des dictatures et d'autres se constituer... Aujourd'hui j'observe un capitalisme qui se fissure et se détruit lui-même, victime de sa démesure totalitaire et de son mépris des valeurs humaines non-marchandes."

Elle est hospitalisée en septembre 2011 à l'hôpital Georges-Pompidou de Paris pour une insuffisance respiratoire. Elle décède le 22 novembre, après plusieurs jours dans le coma.

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