Son célèbre discours à la tribune de l'Onu en février 2003, pour dire le "non" de la France à la guerre en Irak va le sortir de l'ombre. Dominique Galouzeau de Villepin est à l'époque ministre des Affaires étrangères. L'opinion publique découvre un homme politique à l'allure chevaleresque, au verbe flamboyant, amateur de Napoléon et de poésie, qui cite Rimbaud et René Char.
Le personnage est complexe, romanesque exalté, mais il a aussi sa part d'ombre, que ses nombreux ennemis n'hésitent pas à souligner : c'est un "amateur de coups tordus, disent ils, un manipulateur", assurant qu'il aurait piloté du temps où il était secrétaire général de l'Elysée, lors du premier mandat de Jacques Chirac, un "cabinet noir".
Dominique de Villepin est l'homme qui aura porté Jacques Chirac à l'Elysée en 1995. Il a longtemps travaillé dans l'ombre de son mentor. Dès son entrée à l'ENA, en 1977, il prend sa carte du RPR et en parallèle à sa carrière dans la diplomatie, fait rapidement partie des cercles chiraquiens, puis des intimes de la Chiraquie.
Nommé secrétaire général de l'Elysée après la victoire de 1995, il sera l'un des artisans de la dissolution ratée de l'Assemblée nationale, en 1997, "pour en terminer avec ces vieux cons" et obtenir une majorité "plus resserrée, plus mobilisée". Résultat, il se fait des centaines d'ennemis et Bernadette Chirac le surnommera "Néron". C'est lui aussi qui soufflera à Chirac, pendant les "affaires" qui empoisonnent le septennat les fameux "abracadabrantesque" et "pschitt".
Ennemis intimes
Après le Quai d'Orsay, il décroche l'Intérieur en 2004 et conquiert de haute lutte Matignon un an plus tard, après le non au référendum européen, succédant à Jean-Pierre Raffarin. Le poste de Premier ministre est une consécration pour Dominique de Villepin, qui n'a comme objectif que de barrer la route de l'Elysée à son ennemi juré, Nicolas Sarkozy.
Les émeutes de banlieue, la crise du CPE qui a cassé son image de gaulliste social et son rôle trouble dans l'affaire Clearstream, pour lequel il sera jugé en correctionnelle en 2009 notamment pour "complicité de dénonciation calomnieuse", vont enrayer ses chances politiques au sein de la majorité.
"Je suis là par la volonté d'un homme, je suis ici par l'acharnement d'un homme, Nicolas Sarkozy, qui est aussi président de la République française. J'en sortirai libre et blanchi au nom du peuple français." La tirade qui va ouvrir le procès le 21 septembre 2009, est désormais célèbre. C'est Le combat qu'il attend depuis des années. Il sera acharné et en sortira victorieux. Le 28 janvier 2010, Dominique de Villepin est relaxé par le tribunal de Paris de tous les chefs d'accusation. Mais, le procureur de la République Jean-Claude Marin, fait appel au nom du parquet.
Fort de sa relaxe, l'ex-premier ministre fait en 2010, son retour sur la scène politique. Il crée le 19 juin son mouvement République solidaire (RS). Il souhaite incarner une " alternative" à Nicolas Sarkozy lors de l'élection présidentielle de 2012. Devenu l'opposant officiel du chef de l'Etat, son ennemi intime, il ne rate pas une occasion pour lancer des attaques virulente et critiquer la politique de celui qu'il qualifie comme étant "l'un des problèmes de la France ". Dans ses vœux aux Français pour l'année 2011, il appelle à une triple "refondation", républicaine, sociale et économique.
"Plus c'est difficile, plus j'aime ça"
Né au Maroc le 14 novembre 1953 dans une famille aisée, les Galouzeau de Villepin, Dominique Marie François René a passé une bonne partie de sa jeunesse à l'étranger, en Afrique, aux Etats-Unis, et au Venezuela, où il "rêvait" la France. A l'aise en anglais, il parle parfaitement l'espagnol. Amateur de poésie et d'histoire, il a de nombreux livres à son actif. De l'esprit de cour est le dernier en date paru en 2010, dans lequel il accuse Nicolas Sarkozy d'avoir "dévalorisé la fonction présidentielle".
Dominique de Villepin qui a toujours cru en son destin et conçoit la vie comme un perpétuel combat, aimait marteler lorsqu'il était au pouvoir : "Je n'ai pas d'états d'âme. Plus c'est difficile, plus j'aime ça". Des crises il en aura connu. Dans la tourmente il avait fait sienne la devise nietzschéenne : "Ce qui ne me tue pas me rend plus fort". Aujourd'hui, la tempête semble s'être apaisée, il lui faut poursuivre la route qu'il s'est tracée : inscrire son nom dans l'Histoire. Une nouvelle bataille vient de commencer. Le 11 décembre 2011, il annonce sa candidature à l'élection présidentielle sur le plateau du 20h de TF1.
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