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Elizabeth II

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Elizabeth II

Elizabeth II, le 4 mars 1977, en Nouvelle Zélande / Crédits : Abacapress.com

PORTRAIT - Montée sur le trône en 1952, Elizabeth II fête en 2012 les 60 ans de son règne, l'un des plus longs de l'histoire des monarchies européennes.

Elle n'était pas née pour être reine. Elizabeth Alexandra Mary Windsor, première fille du prince Albert, ne devient héritière du trône d'Angleterre qu'à 10 ans après l'abdication de son oncle Edward VIII en 1936 au profit de son père. Ce dernier décide de régner sous le nom de George VI.

Il faut alors à Elizabeth se préparer et se faire adopter par ses sujets. C'est donc en future monarque qu'elle traverse la Seconde Guerre Mondiale. Encore adolescente, le plus souvent à l'abri dans le château royal de Balmoral, en Ecosse, elle laisse cependant la vedette à sa mère, restée à Londres sous les bombardements. En 1945, peut-être irritée par la popularité de cette dernière, elle se joint à l'effort comme chauffeur (!) à l'Auxiliary Territorial Services, sous le matricule 230873.

Quatre enfants

Après avoir épousé son cousin éloigné Philip en 1947, Elizabeth donne naissance à Charles en 1948 puis à Anne en 1950. Le 6 février 1952, en visite au Kenya, elle apprend le décès de son père et donc son accession au trône. Le couronnement n'a lieu qu'un an plus tard, le 2 juin 1953. Il se déroule dans l'imposante abbaye de Westminster, en présence de tout le gratin de la planète et de... Léon Zitrone. L'événement, le premier retransmis en direct en Eurovision, est en effet suivi par des millions de téléspectateurs.

Très rapidement, Elizabeth II veut donner l'image d'une monarchie moderne, abordable, proche du peuple. C'est avec ses quatre enfants -Andrew en 1960 et Edward en 1964 complètent la famille- qu'elle égratigne sérieusement la tradition. Pas question qu'ils suivent, comme leurs ancêtres, une éducation sur mesure dans les palais. Sur les conseils de Philip, ils iront se confronter aux autres enfants, mais pas n'importe où évidemment. Les "publics schools", les écoles privées haut de gamme du royaume, accueilleront donc les rejetons de la famille royale. Charles est ainsi envoyé à Gordonstoun.

Grand écart

Pour affirmer cette ouverture, Elizabeth II, dont les tenues et les chapeaux sont très télégéniques, utilise les médias. Elle communique beaucoup, prononce son discours de Noël à la télévision dès 1957. En 1969, elle autorise un reportage à l'intérieur même  de Buckingham. Les Britanniques y découvrent le sens de l'humour de leur reine. Malgré tout, la monarchie semble courir derrière le choc culturel et libertaire des années 60, marquées notamment par le succès des Beatles et des Rolling Stones. Le grand écart entre tradition et modernité est permanent, sous les regards d'une presse de plus en plus inquisitrice.

Très rapidement, la famille royale reçoit le boomerang lancé quelques années plus tôt. Les tabloïds et les chaînes privées ne s'embarrassent pas de la vie intime et des problèmes conjugaux des enfants Windsor. Et trouvent rapidement leurs proies : le prince Charles et Diana Spencer. En 1981, l'héritier du trône épouse la jeune Lady Di, de douze ans sa cadette. Ce mariage de raison est le dernier grand moment de joie, le reste de la décennie étant une longue descente aux enfers.

Annus horribilis

Sur le plan politique, Elizabeth II, déjà consultée lors de la crise de Suez en 1956 et du mouvement de décolonisation au début des années 60, doit faire face à la guerre des Malouines contre l'Argentine en 1982 -Andrew, pilote d'hélicoptère de la Royal Navy, est en première ligne- puis aux menaces de l'IRA avec l'intrusion d'un séparatiste à Buckingham. Sur le plan familial, elle n'aime pas sa belle-fille et le fait savoir. Après quelques années de bonheur relatif -William et Harry naissent en 1982 et 1984-, les problèmes du couple, et notamment la relation de Charles avec Camilla Parker Bowles, son amour de jeunesse, sont dévoilés au grand jour sous les flashs des paparazzi.

1992 marque l'apogée de la déliquescence royale. Sous la pression populaire, la reine se résout tout d'abord à payer des impôts comme n'importe quel contribuable. Puis Anne et Mark Philips divorcent avant que Charles et Diana puis Andrew et Sarah Ferguson ne se séparent. Les divorces seront prononcés en 1996. Pour couronner le tout, une partie du château des Windsor part en flammes en novembre. Quatre jours plus tard, Elizabeth II, dans un discours, lance son fameux "Annus horribilis", réclamant notamment plus d'intimité et de compréhension.

L'émotion Diana

Mais le fait est là : petit à petit, les Britanniques s'éloignent de leur famille royale. Seule "Queen Mum" échappe aux critiques. Il faut un drame pour retisser quelques liens. Dans la nuit du 31 août au 1er septembre 1997, Diana décède à Paris en compagnie de son nouveau fiancé, le prince Dodi Al Fayed. L'accident bouleverse le pays, au comble de l'émotion. Le 6 septembre, les funérailles royales sont retransmises en Mondovision. Et la froideur visible de la reine pour son ancienne bru très critiquée.

En juin 2002, après avoir perdu à quelques semaines d'intervalle sa mère et sa sœur Margaret, Elizabeth II célèbre néanmoins son Jubilé d'Or pour les 50 ans de son règne. Au même moment, la Coupe du monde de football, où l'équipe d'Angleterre figure parmi les favoris, bat son plein. La fête, réussie, dure quatre jours. Mais signe des temps, à la question "Qu'est-ce qui vous excite le plus : la Coupe du monde ou le Jubilé ?", 64% des Britanniques désignent le sport. Pour éviter la concurrence du match Angleterre-Suède, le clergé doit même modifier l'heure de la messe donnée en l'honneur de la reine... Inimaginable lors de son couronnement.

William, la monarchie moderne

Le reste de la décennie voit la monarchie continuer de perdre de son influence. En 2005, le remariage de Charles avec Camilla est loin de plaire beaucoup aux Britanniques. Il faut attendre avril 2011 et le mariage de William, le petits-fils d'Elizabeth et premier fils de Charles, pour redonner du lustre et un coup de jeune aux fastes royales.

Cette année 2012 est en revanche primordiale : Elizabeth II, qui a déjà établi le 4e plus long règne de l'Histoire des monarchies européennes, fête les 60 ans de son accession au trône le 6 février. Une accession qu'elle choisit de célébrer le jour même dans la discrétion. En juin, son Jubilé de Diamant s'annonce en revanche être plus festif. Même la crise et les Jeux Olympiques, qui ont déjà plombé les comptes publics, n'ont pas spécialement limité la fête, ou seulement à la marge.

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