Fidel Castro

Par Fabrice AUBERT, le 25 juillet 2008 à 17h40 , mis à jour le 19 avril 2011 à 10h15

Fidel Castro a été le Premier ministre puis le président de la République de Cuba de 1959 à 2008.

Fidel Castro ©
  • Nom : Castro
  • Prénom : Fidel
  • Né(e) le : 13 août 1926 - à : Biran, Province de Holguin, Cuba
  • Ancien président cubain

Biographie

Tyran ou humaniste ? Longtemps l'opinion internationale s'est divisée sur la véritable nature de Fidel Castro et de sa politique menée à Cuba. Ses détracteurs pointaient les dérives dictatoriales de la Révolution, qui transformèrent l'île en un goulag tropical. Ses soutiens (principalement les intellectuels de gauche, comme Jean-Paul Sartre) louaient un régime s'opposant à l'hégémonie américaine, vantaient ses succès en matière d'éducation et de santé et attribuaient ses échecs industriels et agricoles à l'embargo américain. 

Il aura fallu attendre 2003 et une forte répression contre la dissidence pour assister à une condamnation quasi-unanime des pratiques du "Lider Maximo". Au crépuscule de sa vie, il ne reste plus grand-chose de l'aura de Fidel Castro et du romantisme de sa Révolution.

Révolutionnaire débonnaire...

Charismatique, Fidel Castro l'est sans aucun doute quand il entre à La Havane le 8 janvier 1959, une semaine après la chute du dictateur Batista. Le peuple voit en lui un révolutionnaire jovial, aimant les femmes, amateur de cigare, beau garçon, barbu, au treillis vert olive qu'il porte comme une marque de fabrique. Bref, un sauveur providentiel qui le débarrasse d'un oppresseur sanguinaire, marionnette des Etats-Unis. Pour Fidel Castro, alors âgé de 32 ans, il s'agit simplement d'une étape supplémentaire de sa longue lutte.
 
Fils illégitime d'un propriétaire terrien et d'une de ses servantes, le jeune Fidel est élevé dans la tradition catholique avant de fréquenter les Jésuites. Après des études de droit, il devient avocat et défend les pauvres. A l'époque, même s'il est anti-impéraliste, Fidel Castro, plus que communiste, est plutôt un réformateur aux tendances patriotiques.

L'ami "Che" Guevara

Sa légende naît le 26 juillet 1953. Déjà aguerri aux techniques de guérilla, il lance une attaque vouée à l'échec contre la caserne Moncada, l'une des plus importantes de l'île. La plupart des 148 assaillants sont tués ou exécutés, Castro est capturé. Mais cette défaite militaire se transforme en une victoire politique et psychologique, quand il se défend lui-même au procès. Amnistié en 1955, il se réfugie au Mexique avec son frère Raul.

Cet exil marque un double tournant. Il y fonde tout d'abord le "Mouvement du 26 juillet". Surtout, il rencontre un autre guérillero, Ernesto Guevara, plus tard surnommé "Che" en raison de son accent argentin. L'amitié entre les deux hommes nourrira longtemps l'idéalisme des luttes révolutionnaires en Amérique latine. 

Du "Granma" à La Havane

Le 2 décembre 1956, Fidel Castro et 81 fidèles, dont le "Che", effectuent une opération kamikaze pour rentrer à Cuba. A bord du "Granma", un voilier de douze places, ils débarquent à Alegria de Pio. Les 17 survivants fuient dans le maquis de la Sierra Maestra où ils sont rejoints par de nouveaux partisans et reçoivent le soutien de la population. Inexorablement, la guérilla avance vers La Havane, que Batista quitte le 1er janvier 1959.

Les révolutionnaires - Fidel Castro est nommé Premier ministre - mettent en place un programme teinté de communisme. L'industrie et les entreprises américaines sont nationalisées, l'agriculture collectivisée, les grands propriétaires terriens, y compris la mère de Fidel, expropriés. Proximité idéologique aidant, Fidel Castro, de plus en plus autoritaire, se rapproche de l'URSS de Kroutchev qui lui apporte son aide financière et son savoir militaire. Cette politique exaspère évidemment les Etats-Unis, excédés de perdre leur influence dans une île considérée au mieux comme leur propriété, au pire comme leur "bordel".

Crise des missiles

Washington n'a plus qu'une obsession : renverser Castro. En avril 1961, une opération de la CIA, appuyée par des contre-révolutionnaires exilés à Miami, se termine piteusement dans la Baie des Cochons. Grandi par l'affaire, Castro proclame sa révolution "marxiste-léniniste". Réponse de Washington en février 1962 : un embargo commercial contre Cuba -toujours en vigueur au moment de la mort du "Lider".
 
L'escalade atteint son paroxysme en octobre suivant, où Cuba devient l'enjeu de la bataille Etats-Unis-URSS après l'installation de missiles nucléaires pointés vers l'Amérique. La crise, alimentée par un blocus naval, dure 14 jours pendant lesquels le monde entier craint une guerre nucléaire. En échange du retrait des engins, Castro obtient l'assurance que son île ne sera pas envahie. 

"Le socialisme ou la mort"

Le statu-quo durera ensuite plus de 40 ans. Au total, Fidel Castro bravera ainsi 11 présidents américains. A travers quelques réussites en matière d'alphabétisation et santé, mais surtout de nombreux échecs, il marque l'île de son empreinte. "Fidel, c'est Cuba et Cuba, c'est Fidel", résume la maxime. Soutenu par de nombreux intellectuels, le chef, qui ne tombe pas dans le culte de la personnalité, reste présentable sur la scène internationale.

Politiquement, il reste inflexible et ne change pas d'un iota sa conviction, même si l'économie en subit les conséquences. "Le socialisme ou la mort", proclame-t-il encore après l'effrondrement de l'URSS dans de longs discours interminables dont il est un adepte. La fin du soutien du grand frère entraîne pourtant la mise en place d'une "période spéciale en temps de paix", autrement dit un rationnement qui a pour conséquence d'obliger les Cubains à vivre de trafics et du système D. Symbole de sa failllite, le gouvernement doit légaliser le dollar en 1993 et ouvrir l'île aux étrangers, souvent venus y faire du tourisme sexuel.

"Cuba si, Castro no"

Résultat logique : à l'aube du XXIe siècle, Fidel Castro, âgé de plus de 70 ans, doit faire face au désir d'émancipation des Cubains. Les "balseros" - émigrants clandestins vers Miami à bord de bateaux de fortune - sont de plus en plus nombreux. La réponse, autoritaire, surprend alors qu'une certaine ouverture avait été notée auparavant, notamment avec la réception du pape en 1998.
 
Avec la condamnation en 2003 de dissidents à de lourdes peines de prison, le Lider Maximo perd alors les derniers crédits qui lui restent au niveau international. "Cuba si, Castro no" : l'image jaunie du héros romantique des débuts s'efface devant celle d'un vieux tyran avide de son pouvoir. Le 19 février 2008, Fidel Castro, malade, annonce son retrait de la tête de l'Etat cubain. Son frère
Raul Castro lui succède, le 24 février. Inoxydable, Fidel Castro réapparaît de manière soutenue dans les médias durant l'été 2010 et s'autoproclame conseiller de son frère... En avril 2011, il quitte néanmoins la direction du PC Cubain, conservée de manière honorifique depuis 2006.

Par Fabrice AUBERT le 25 juillet 2008 à 17:40
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