Auréolé d’une réputation de dur, l’ancien conseiller parlementaire de Nicolas Sarkozy, député des Hauts-de-Seine et porte-parole de l’UMP, ne laisse pas indifférent. Les commentaires à son sujet sont tranchés comme l’image qu’il s’obstine à laisser, sans jamais vouloir en adoucir les contours. Frédéric Lefebvre a toujours été l’homme du président, et ne cherche plus à retirer l’étiquette qu’on lui colle de "porte-flingue" de Nicolas Sarkozy.
Quatorze ans passés dans l’ombre et à son service, de l’échec d’Edouard Balladur à la présidentielle de 1995, jusqu’à la victoire de son mentor en mai 2007. "Mon objectif de vie était que Nicolas Sarkozy devienne Président de la République. Le jour de son élection, j’ai versé une petite larme, j’ai eu le sentiment de redevenir léger", reconnaît-t-il.
"C'est l'oeil de l'Elysée"
Pourtant pendant la campagne présidentielle, Frédéric Lefebvre sera éloigné du QG de la rue d’Enghien, et organisera les meetings du candidat depuis le siège de l’UMP, en raison d’un sérieux désaccord avec Claude Guéant- actuel secrétaire de l’Elysée, et du désamour de Cécilia Sarkozy. Mais la victoire pour laquelle il s’est tant battu, ouvre paradoxalement pour lui une traversée du désert. "Le plus douloureux, ça a été de ne pas être invité à la passation de pouvoir, alors que j’avais tout donné", avoue-t-il.
En juin 2007, Frédéric Lefebvre devient suppléant d’André Santini dans les Hauts-de-Seine, et lorsque ce dernier est nommé au gouvernement, entre au Palais-Bourbon. Devenu député, on se méfie de lui à l’Assemblée nationale. "C’est l’œil de l’Elysée", dit-on, mais lui s’en défend : "Je ne suis jamais mandaté par qui que ce soit." Il cumule les postes stratégiques, de la commission des Finances au groupe de travail UMP sur le pouvoir d’achat, et sera très impliqué. Il réussit à faire voter en octobre 2007 à l’unanimité, ce dont-il est très fier, plusieurs amendements, dont l’un sur les régularisations au cas par cas pour les sans-papiers à l’occasion de l’examen du texte de loi sur l’immigration.
Un parlementaire assagi
En 2008, après les élections municipales, Nicolas Sarkozy l’impose comme troisième porte-parole de l’UMP aux côtés de Dominique Paillé et de Chantal Brunel. Coprésident du Club parlementaire sur l’avenir de l’audiovisuel et du Groupe d’études sur le cinéma et la production audiovisuelle, Frédéric Lefebvre travaille à l’automne 2009 sur la réforme de France Télévisions. Il multiplie les annonces sur l’audiovisuel public, certaines créeront la polémique. Mais dans l’ensemble, son image s’est assagie. Il serait même devenu aux yeux de ses détracteurs, un parlementaire respectable.
Souvent annoncé mais jamais élu, il fait enfin son entrée au gouvernement en novembre 2010 - après un jeûne médiatique tranchant avec ses habitudes - en remplaçant Hervé Novelli au poste de Secrétaire d'Etat auprès de la ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie, chargé du commerce, de l'artisanat, des petites et moyennes entreprises, du tourisme, des services, des professions libérales et de la consommation. Poste qu'il abandonne après la victoire de François Hollande à la présidentielle 2012.
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