George Bush est un pur produit de la haute société de la côte Est. Fils d'un industriel devenu sénateur, il fréquente ainsi les meilleures écoles privées. Puis, comme son père avant lui, est admis à l’université de Yale. En 1942, il s’engage comme pilote dans la Marine américaine. Il effectue 58 missions aériennes dans le Pacifique. Son avion est abattu à quatre reprises mais à il est à chaque fois secouru. Démobilisé en 1944, il reçoit de nombreuses décorations militaires.
Après la guerre, il entre à l’université de Yale. Comme le veut la tradition familiale, il intègre la très secrète "Skull and Bones Society". Elle lui permet se constituer un solide réseau politique et financier. En 1945, il épouse Barbara, fille de Marvin Pierce, président du groupe d’édition McCall. Diplômé en 1948, il est embauché par Dresser Industries, société texane de prospection pétrolière au conseil d'administration de laquelle son père siège.
En 1953, il crée la Zapata Petroleum Company, avec un ancien agent de la CIA. Il fait fortune et se lie avec "ceux qui comptent dans le pétrole", comme Dick Cheney, qui deviendra son ministre de la Défense puis vice-président de son fils, ou James Baker, son futur directeur de campagne puis secrétaire d’Etat, avocat spécialisé en droit pétrolier.
L'argent du pétrole
Zapata Petroleum investit dans le golfe du Mexique et au Moyen-Orient, notamment au Koweït. Certains accusent la firme d’avoir servi de couverture à la CIA. Du Texas à Washington, le lobby pétrolier texan finance le lancement de la carrière politique de George Bush. Elu député du Texas en 1967, il s’emploie à faire échouer les projets de loi défavorables à l’industrie pétrolière.
En retour, les contributions des pétroliers au Parti républicain jouent un rôle clef dans l’avancement de sa carrière. En 1971, alors qu'il n'a plus de fonction élective depuis un an, Richard Nixon le nomme ambassadeur des Etats-Unis à l’ONU, puis ambassadeur en Chine. Il occupera dans la foulée de nombreux postes dans les administrations Nixon et Ford, dont celui de directeur de la CIA en 1975-1976.
Petit à petit, il gravit également les échelons du parti républicain. Candidat aux primaires en 1980, il est battu par Ronald Reagan. Malgré leur rivalité, ce dernier le choisit ensuite comme co-listier pour la vice-présidence. En 1981, George Bush entre donc à la Maison-Blanche en qualité de vice-président. Sept ans plus tard, il est élu à son tour et devient donc 41e président des Etats-Unis
Pragmatique
Fidèle à ses mentors républicains, il a une image floue lors de son entrée dans le Bureau ovale en janvier 1989. Traité de caméléon par ses détracteurs, symbole de l’"establishment", piètre orateur, il se méfie des idéologies. Dès le début de son mandat, confronté au déficit budgétaire des années Reagan, il trahit ses promesses de campagne et augmente légèrement les impôts. Il appliquera le même pragmatisme en matière de politique étrangère, son domaine de prédilection.
En 1989, il accompagne ainsi sans triomphalisme la chute de Mur de Berlin et soutient la réunification allemande tout en maintenant le dialogue avec Mikhail Gorbatchev. Le président revendique la prudence face aux convulsions l’empire soviétique, évitant les provocations par crainte de réactions militaires incontrôlables.
Le 20 décembre 1989, le président autorise l’intervention de l’armée américaine au Panama (la douzième depuis 1903. Objectif : destituer le président Noriega, longtemps soutenu par la CIA mais convaincu de trafic de drogue et de corruption. L’affaire est rondement menée. Le général Noriega se rend le 3 janvier 1990.
D'un Bush à l'autre
Le 2 août 1990, les troupes de Saddam Hussein envahissent le Koweït. Les Etats-Unis condamnent immédiatement l’agression irakienne, instaurent un embargo économique sur l’Irak et prennent le temps de mettre sur pied une coalition internationale, avec l’aval du Congrès et de l’Onu. L’opération "Tempête du désert" est déclenchée le 16 janvier 1991. Après un mois de bombardements intenses, l’offensive terrestre ne durera que quelques jours.
La première guerre du Golfe est un succès pour les Etats-Unis et leurs alliés. Pour le pays, c'est la revanche du Vietnam. Fidèle à sa méthode, George Bush recherche alors le retour au statu quo et la sécurité des intérêts pétroliers occidentaux. Renverser Saddam Hussein (ancien allié des Américains contre l’Iran), au nom des Droits de l’homme, n'est pas d’actualité.
Fin 1991, le magazine Time attribue à George Bush le titre d’ "Homme de l’Année" pour deux raisons contraires : le meilleur en politique étrangère, le pire en politique intérieure. Les Etats-Unis connaissent en effet au même moment une période de récession. Résultat : en 1992, Bill Clinton, dont le mot d'ordre de campagne est "C’est l’économie, stupide" face à un adversaire républicain centré sur l'étranger, remporte facilement l’élection et devient le 42e Président.
La victoire de Bill Clinton est vécue comme une humiliation par la famille Bush. Huit ans plus tard, "Poppy" sera prié de se montrer discret pendant la campagne électorale de son fils W. Dans une famille où la compétition est intense, "Little George", comme on l’appelle au Texas, le fils aîné médiocre, parvint à incarner la revanche de "Big George" et à surpasser le père, en étant, lui, réélu pour un second mandat.
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