En septembre 2010, un mois avant sa mort d'une crise cardiaque le 24 octobre 2010, Georges Frêche, éternel trublion de la gauche, s'était encore illustré par l'inauguration très controversée de cinq statues de "grands hommes" - de Gaulle, Roosevelt, Churchill, Jaurès mais aussi... Lénine - à Montpellier, par un de ces discours fleuve qu'il affectionnait.
Avant ce dernier épisode polémique, ses propos sur "la tronche pas catholique" de l'ancien Premier ministre Laurent Fabius lui avaient valu la réprobation de ses nombreux détracteurs et l'ire des instances nationales du Parti socialiste. Le PS, qui l'avait déjà exclu de ses rangs en 2007 pour ses dérapages verbaux, avait décidé de lui opposer aux régionales de mars Hélène Mandroux, maire de Montpellier. Mais il avait été réélu dans un fauteuil, confirmant son statut de baron régional construit loin des cénacles parisiens allergiques à ses outrances verbales.
Face aux critiques, ses supporters et ses amis - un réseau tissé tout au long de ses 40 ans de vie publique au sein des mondes politique, économique, associatif, sportif ou religieux - avaient pris sa défense, inondant les rédactions des médias locaux de messages de soutien, condamnant "l'acharnement" dont il était, à leurs yeux, victime.
"Néron de Septimanie"
Né en 1938 dans le Tarn, élu pour la première fois maire de Montpellier en 1977, l'homme avait cette ville et la région chevillées au corps. Lui qui ne pouvait plus se prévaloir de l'étiquette PS, proclamait : "Mon parti, c'est le Languedoc-Roussillon". Agrégé de droit, spécialiste du droit romain, Georges Frêche était un brillant orateur dont les discours étaient ponctués de digressions historiques - les conquêtes arabes, la lutte des Cévenols, les Romains en Languedoc - de souvenirs d'enfance, de coups de colère ou de piques assassines, conclus parfois par une chansonnette.
Même ses opposants reconnaissaient son côté "bâtisseur". Montpellier, devenue huitième ville de France, lui doit beaucoup, admettaient-ils. Mais les louanges s'arrêtaient là. Etaient brocardés son "populisme" et ses propos sur le nombre de Noirs dans l'équipe de France de foot, sur des Harkis, son clientélisme, son mode de gouvernance et "le système" qu'il a mis en place. Un "système mafieux, système de secte, mensonges, menaces (...), voilà les bases de la façon dont la région est gérée", assénait récemment son rival UMP aux régionales, Raymond Couderc. D'autres le qualifiaient de "Néron de Septimanie", en référence au nom qu'il voulait substituer au Languedoc-Roussillon. Un homme au "pouvoir mégalomaniaque", ajoutaient d'autres.
| Georges Frêche, spécialiste de dérapages verbaux |
- Janvier 2010 : "Voter pour ce mec en Haute-Normandie me poserait un problème, il a une tronche pas catholique", a-t-il dit à l'adresse de Laurent Fabius, d'origine juive. |
A revoir :
- L'interview de Julien Arnaud > Georges Frêche : "Mitterrand était d'extrême-droite
- Vous avez un message avec Georges Frêche > Quel est le talon d'Achille de Georges Frêche ?
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