Georges Frêche

le 25 octobre 2010 à 09h16 , mis à jour le 25 octobre 2010 à 10h51

Georges Frêche était un homme politique français, maire de Montpellier pendant 30 ans à partir de 1977 et président du Languedoc-Roussillon contre le candidat de son propre parti, le PS.

Georges Frêche ©
  • Nom : Frêche
  • Prénom : Georges
  • Né(e) le : 09 juillet 1938 - à : Tarn
  • Décédé(e) le : 24 octobre 2010 (72 ans)
  • Homme politique

Biographie

En septembre 2010, un mois avant sa mort d'une crise cardiaque le 24 octobre 2010, Georges Frêche, éternel trublion de la gauche, s'était encore illustré par l'inauguration très controversée de cinq statues de "grands hommes" - de Gaulle, Roosevelt, Churchill, Jaurès mais aussi... Lénine - à Montpellier, par un de ces discours fleuve qu'il affectionnait. 

Avant ce dernier épisode polémique, ses propos sur "la tronche pas catholique" de l'ancien Premier ministre Laurent Fabius lui avaient valu la réprobation de ses nombreux détracteurs et l'ire des instances nationales du Parti socialiste. Le PS, qui l'avait déjà exclu de ses rangs en 2007 pour ses dérapages verbaux, avait décidé de lui opposer aux régionales de mars Hélène Mandroux, maire de Montpellier. Mais il avait été réélu dans un fauteuil, confirmant son statut de baron régional construit loin des cénacles parisiens allergiques à ses outrances verbales.

Face aux critiques, ses supporters et ses amis - un réseau tissé tout au long de ses 40 ans de vie publique au sein des mondes politique, économique, associatif, sportif ou religieux - avaient pris sa défense, inondant les rédactions des médias locaux de messages de soutien, condamnant "l'acharnement" dont il était, à leurs yeux, victime.
 
"Néron de Septimanie"
 
Né en 1938 dans le Tarn, élu pour la première fois maire de Montpellier en 1977, l'homme avait cette ville et la région chevillées au corps. Lui qui ne pouvait plus se prévaloir de l'étiquette PS, proclamait : "Mon parti, c'est le Languedoc-Roussillon". Agrégé de droit, spécialiste du droit romain, Georges Frêche était un brillant orateur dont les discours étaient ponctués de digressions historiques - les conquêtes arabes, la lutte des Cévenols, les Romains en Languedoc - de souvenirs d'enfance, de coups de colère ou de piques assassines, conclus parfois par une chansonnette.
 
Même ses opposants reconnaissaient son côté "bâtisseur". Montpellier, devenue huitième ville de France, lui doit beaucoup, admettaient-ils. Mais les louanges s'arrêtaient là. Etaient brocardés son "populisme" et ses propos sur le nombre de Noirs dans l'équipe de France de foot, sur des Harkis, son clientélisme, son mode de gouvernance et "le système" qu'il a mis en place. Un "système mafieux, système de secte, mensonges, menaces (...), voilà les bases de la façon dont la région est gérée", assénait récemment son rival UMP aux régionales, Raymond Couderc. D'autres le qualifiaient de "Néron de Septimanie", en référence au nom qu'il voulait substituer au Languedoc-Roussillon. Un homme au "pouvoir mégalomaniaque", ajoutaient d'autres.

Georges Frêche, spécialiste de dérapages verbaux

   - Janvier 2010 : "Voter pour ce mec en Haute-Normandie me poserait un problème, il a une tronche pas catholique", a-t-il dit à l'adresse de Laurent Fabius, d'origine juive.
   - Novembre 2006 : "dans cette équipe (ndlr: de football), il y a neuf blacks sur onze. La normalité serait qu'il y en ait trois ou quatre (...). S'il y en a autant, c'est parce que les blancs sont nuls (...). Bientôt, il y aura onze blacks. Quand je vois certaines équipes de foot, ça me fait de la peine".
   - Juin 2006 : il compare sa ville à un "poste avancé de Tsahal", l'armée israélienne (en référence à la présence d'artistes de ce pays au festival Montpellier Danse).
   - Février 2006 : "Vous êtes allés avec les gaullistes (...). Ils ont massacré les vôtres en Algérie et encore, vous allez leur lécher les bottes! (...) Vous êtes des sous-hommes, vous n'avez aucun honneur!" (s'en prenant à des harkis)
   - Novembre 2005 : Il qualifie de "gugusses" les parlementaires socialistes ayant proposé l'abrogation de l'article de loi sur les rapatriés et les harkis. En plein conseil régional, il entonne le chant colonial: "c'est nous les Africains qui revenons de loin".
   - Novembre 2005 : "Je me demande si ce ne sont pas les flics qui, comme en mai 1968, mettent le feu aux bagnoles" (lors de l'inauguration d'une mosquée).
   - Avril 2005 : "J'espère qu'il sera meilleur que l'autre abruti (ndlr: Jean Paul II). Celui-là, on le jugera sur le mariage des prêtres et la capote" (après l'élection du nouveau pape Benoît XVI).
   - Février 2005 : M. Sarkozy ? Un "grand mamamouchi aux talons compensés".
   - Juin 2000 : "Ne vous inquiétez pas pour la dame, elle n'a que les oreillons et on lui tient les oreilles au chaud" (à propos d'une femme en tchador, lors de l'inauguration du tramway de Montpellier). "Ici, c'est le tunnel le plus long du monde: vous entrez en France et vous sortez à Ouarzazate" (beaucoup de maghrébins résidant dans la zone du terminus du tram).

 A revoir :

- L'interview de Julien Arnaud > Georges Frêche : "Mitterrand était d'extrême-droite
- Vous avez un message avec Georges Frêche > Quel est le talon d'Achille de Georges Frêche ?

le 25 octobre 2010 à 09:16
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