Gérard Longuet

Par Sylviane MOUKHEIBER, le 22 septembre 2010 à 16h13 , mis à jour le 27 février 2011 à 21h18

Dossier : Le gouvernement Fillon

Ministre de la Défense

Gérard Longuet Gérard Longuet/image d'archives © ABACA
  • Nom : Longuet
  • Prénom : Gérard
  • Né(e) le : 24 février 1946 - à : Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine)
  • Ministre de la Défense

Biographie

A près de 65 ans, en 2011, Gérard Longuet, alors président du groupe UMP au Sénat, revient sur le devant de la scène politique. Lors d'un remaniement en février 2011, il accède au poste de ministre de la Défense du gouvernement de François Fillon.

L'homme se dit "apaisé" au sortir de 15 ans de purgatoire. Son ascension politique avait été stoppée nette en octobre 1994, quand il avait dû démissionner de son poste de ministre de l'Industrie du gouvernement Balladur à la suite d'affaires judiciaires. Mis en examen pour le financement de sa villa de Saint-Tropez, le financement du PR et les marchés publics des lycées d'Ile-de-France, le 8 Mars 2010, il est totalement blanchi : quatre relaxes et un non-lieu definitif viennent mettre fin à ces années de suspicion.

La politique, il ne l'a jamais quittée, même s'il s'était mis en retrait médiatique durant ces longues années de placard. Né le 24 février 1946 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), Gérard Longuet fera sa scolarité au lycée Henri IV de Paris.  En 1964, avec son ami Alain Madelin et Patrick Devedjian, il participe à la fondation du mouvement d'extrême-droite Occident, qui mène des actions violentes contre l'extrême-gauche et appelle à "défendre l'Occident" en terrorisant les anticolonialistes. Ils seront condamnés en 1967 pour complicité "de violence et voie de fait avec armes et préméditations".

De ces années là, il dira bien plus tard dans un entretien à L'Express du 28/07/2010 : "Je suis le produit d'une génération marquée par la décolonisation ratée et l'impérialisme soviétique triomphant, par la souffrance des Pieds noirs et l'abandon des harkis. Je n'avais sans doute pas les bonnes clefs, mais je m'intéressais aux bonnes serrures."

Vaillant et amoureux du pouvoir

Diplomé de l'Institut de Sciences politiques, Gérard Longuet rallie la droite libérale lorsqu'il entre à l'ENA en 1974. Il devient collaborateur du ministre de l'Intérieur  Michel Poniatiowski. Elu député PR de la Meuse en 1978, conseiller général en 1979, il perd son mandat en 1981, après l'élection de François Mitterrand à la présidence de la République. Il retrouvera son siège de député en 1986.

Sous le gouvernement de cohabitation Chirac, il est chargé des Télécommunications comme secrétaire d'Etat puis ministre délégué des Postes et Télécoms.  En 1993, lors de la seconde cohabitation , il est ministre de l'Industrie d'Edouard Balladur poste dont il devra démissionner, donc.

Politiquement, Gérard Longuet fait partie de "la bande à Léo", celle de François Léotard avec Alain Madelin, et gravit un à un les échelons du Parti républicain, principale composante de l'UDF dont il devient le trésorier en 1982, puis secrétaire général en 1989 avant d'en prendre la présidence en 1990 jusqu'à 1995. Retiré de la politique, François Léotard salue dans Libération du 10/06/2010 les qualités de celui qui est resté son ami, "la vaillance du combattant", sa "volonté de gagner" et son... "amour du pouvoir".

exergue "Servir un grand projet collectif est le rêve de tous les hommes politiques, un rêve dont l'accomplissement n'est marqué d'aucune certitude"

Sa traversée du désert, il va la passer retiré en Lorraine. Elu sénateur de la Meuse en 2001 et réélu depuis, il sera aussi président du conseil régional de 1992 à 2004. Proche de Nicolas Sarkozy, il rejoint l'UMP en 2002, et le soutient pleinement en 2007. "Il est celui qui dit poliment les choses désagréables", reconnaît-il en 2006 dans un entretien dans Paris Match.

En 2010, ses propos hostiles à la nomination de Malek Boutih pour présider la Halde, la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité, ont déclenché la polémique. Ses arguments : "il vaut mieux que ce soit le corps français traditionnel qui se sente responsable de l'accueil de tous nos compatriotes". Résultat, la gauche dénonce "un dérapage raciste", à droite certains prennent leurs distances.

La politique, cet homme l'a, chevillée au corps. Et malgré les coups encaissés, à la question posée dans L'Express en juillet 2010 sur son désir de redevenir ministre, il répond :"servir un grand projet collectif est le rêve de tous les hommes politiques, un rêve dont l'accomplissement n'est marqué d'aucune certitude, sur ses propres capacités comme sur les possibilités d'y parvenir. Mais seuls ceux qui tentent réussissent."

Par Sylviane MOUKHEIBER le 22 septembre 2010 à 16:13
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