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Herman Van Rompuy

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Herman Van Rompuy

Herman Van Rompuy, le 29 octobre 2009 / Crédits : Reuters

Biographie de Herman Van Rompuy

Né(e) le : 31/10/1947 - Etterbeeck, Belgique Homme politique

Portrait - Herman Van Rompuy est le premier président stable du Conseil européen.

Vendredi 30 octobre 2009, 14h. Fin du Conseil européen de Bruxelles. Les chefs d'Etat et de gouvernement quittent les uns après les autres l'austère siège de l'institution, après avoir pour la plupart effectué le traditionnel exercice de la conférence de presse. Herman Van Rompuy, alors Premier ministre belge, est de ceux là. Il se dirige vers un ascenseur. Mais un agent d'entretien, en plein travail, oblige bien involontairement le Premier (c'est ainsi qu'on appelle familièrement le chef du gouvernement belge) à attendre le suivant. Aucun signe d'agacement. Bien au contraire, un sourire et un mot gentil pour saluer l'agent.

Voilà Herman Van Rompuy, un homme simple, modeste, ancien étudiant du Collège jésuite et de l'Université catholique flamande de Louvain, adepte de Saint Thomas d'Aquin, qu'on peut saluer dans la rue. L'homme préfère son "chez lui" aux dîners en ville. C'est la modestie faite Premier ministre d'un des pays les plus difficilement gouvernables d'Europe. Père de quatre enfants, il a aussi passé ses dernières vacances d'été en famille, à sillonner l'Australie en camping-car. Ce qui a fait grimper sa cote de popularité.  Tout ceci explique peut-être pourquoi il a été désigné par les 27 le 19 novembre 2009 pour occuper la fonction de premier président stable du Conseil européen.

Dernier recours belge 

Si l'on avait dû rédiger l'offre d'emploi, on se serait vite aperçu que le profil ne courrait pas les rues. Ancien chef d'Etat ou de gouvernement, issu d'un pays qui participe à l'ensemble des politiques européennes. Patient, rompu aux négociations nocturnes, grand diplomate, connu et reconnu par les grands de ce monde. Conservateur modéré, europhile sans être fédéraliste, il ne devait pas faire d'ombre à Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, tout en donnant la place qu'ils méritent aux dirigeants des petits Etats. On pourrait ajouter qu'il doit être polyglotte ou tout au moins maîtriser l'anglais et le français. Les "chasseurs de tête" de la diplomatie européenne ne s'y donc sont pas trompés. A quelques centaines de mètres du 175 rue de la Loi, siège du Conseil européen,  il y a le 16 rue de la Loi, bureau du Premier ministre belge.

Petit rappel : décembre 2008, entre Noël et le Jour de l'An, la Belgique se cherche une nouvelle fois un Premier ministre. Le pays traverse son énième crise institutionnelle, Yves Leterme a démissionné, il n'est vraiment pas l'homme de la situation. Herman Van Rompuy, sage parmi les sages, président de la Chambre, semble tout désigné pour recoller les morceaux. Conservateur modéré, Bruxellois flamand, issu d'une grande famille de "vrais" Belges, francophone et francophile, il est sollicité par tous. Pourtant, il refuse. A 63 ans, l'homme veut achever sa carrière politique tranquillement. Mais le Roi Albert II insiste, le supplie probablement. Et Herman cède. Depuis, la Belgique semble avoir retrouvé une certaine sérénité. Chacun a accepté cet homme qui semble être la dernière solution pour pacifier les relations entre Flamands, Bruxellois et Wallons.

Le coup du haïku

Certains le disent terne, effacé, sans charisme. Peut être. Mais sa rigueur et sa simplicité ne font aucun doute. Et l'homme n'est pas dénué d'humour et de culture. Jeudi 29 octobre 2009, alors qu'il présente avec ses homologues espagnol et hongrois le logo commun des trois futures présidences européennes, il déclame un haïku (ndlr : forme poétique japonaise très codifiée), dont il est très amateur ("Drie golven rollen. Samen de haven binnen. Het trio is thuis", que l'on pourrait traduire par : "Trois rouleaux  de  vagues entrent ensemble dans le port. Le trio est chez lui") et se lance dans un récit historique à la "Alain Decaux" sur ce qui rapproche ces trois pays. C'était osé, il l'a fait. Alors voilà pourquoi, faute de mieux diront certains, les diplomates européens ont pensé à cet homme pour diriger le Conseil européen pendant 30 mois (mandat renouvelable une fois).


Avec lui, on se dirige logiquement vers une présidence modeste, ce qui ne correspond pas tout à fait aux projets des initiateurs du Traité de Lisbonne. Herman Van Rompuy entre Barack Obama, Hu Jintao, le président chinois, et Dmitri Medvedev, le président russe, effectivement, ça peut fragiliser la position européenne. Or le Traité de Lisbonne a justement pour objectif d'imposer l'Europe comme véritable interlocuteur sur la scène internationale. Saura-t-il déjouer les critiques ? Réponse dans les mois qui viennent.                                            
 

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