© eTF1Affable et discret, Hervé Mariton député UMP de la Drôme depuis 1993, maire de Crest depuis 1995, se définit comme un "libéral pragmatique". Il a longtemps été connu pour être un des soutiens de l'ex-premier ministre Dominique de Villepin.
Pourtant en juin 2010, il annonçait qu'il ne suivrait pas son mentor dans la constitution de son futur parti politique République solidaire. "Je considère qu'il est plus utile de continuer à porter un regard exigeant et libre au sein de l'UMP. En outre, dans un moment difficile pour la majorité, je ne pense pas que la multiplication des structures soit une bonne chose", expliquait-il alors à l'AFP.
Ce qui ne l'empêche pas d'afficher clairement ses positions et de faire part de ces critiques au gouvernement. Dans Le Figaro du 20 septembre 2010, il stigmatise le fonctionnement du duo Sarkozy-Fillon: "La République est mieux gouvernée quand le président de la République assume complètement sa fonction et le Premier ministre complètement la sienne... L'Etat ne fonctionne pas de façon optimale".
Pour gagner, il faut la rage de vaincre
Né le 5 novembre 1958 à Alger, d'un père drômois militaire de carrière et d'une mère juive pied-noir, si le milieu est modeste, Hervé Mariton reçoit une éducation bourgeoise. Bon élève, il est excellent en Russe - il se présente au concours général- et en anglais. Il fera Polytechnique, sort diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris. "Pour gagner, il faut la rage de vaincre et je l'avais", se souvient-il dans Libération du 3 juin 2006. Sa carrière commence au milieu des années 1980 dans la région Rhône-Alpes, au sein du conseil régional puis au conseil municipal de Valence (Drôme), avant de se stabiliser, en 1995 comme maire de Crest.
Longtemps proche de François Léotard, il prend sa carte, devient secrétaire national du Parti Républicain, le quitte en 1995. S'il soutient Chirac en 1995, il prend le parti de Charles Millon en 1998, quand celui-ci se fait élire président de la région Rhône-Alpes grâce à un accord passé avec les élus du Front national. Lui, est alors élu vice-président. "Une situation inutile et impossible", reconnaît-il maintenant, mais qu'il "assume" (Le Monde 27/03/2007). Ce sera l'une des raisons de la perte de sa circonscription.
"Député terrain-terrain-terrain"
Son premier mandat de député (1993-1997) est plutôt discret. En 2002, il rejoint la toute nouvelle UMP. Il occupe le créneau libéral pendant la législature 2002-2007. Au Palais-Bourbon, il était devenu l'un des piliers de la commission des Finances et le porte-parole du groupe UMP pour les débats budgétaires. Membre de cercles libéraux depuis 2003, Il crée en 2006, le Club Réforme et modernité. Hervé Mariton n'a rallié Nicolas Sarkozy que le 12 mars 2007, après le retrait de la course présidentielle de Dominique de Villepin dont il était un fervent partisan.
Sa notoriété auprès du grand public, il la doit à sa présence régulière dans la salle des Quatre colonnes au Palais-Bourbon, lors de la séance aux questions au gouvernement. Il entretient une bonne relation avec les médias, en étant toujours disponible pour réagir à tel ou tel évènement. Marié, quatre enfants élevés dans la foi catholique, Hervé Mariton se définit comme "un député terrain-terrain-terrain" (Libé, 03/06/2006).
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