En poursuivant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de cookies à des fins statistiques et de personnalisation. En savoir plus
×

Mahmoud Ahmadinejad

Suivre le flux rss
Flux RSS
Mahmoud Ahmadinejad à Columbia

Mahmoud Ahmadinejad (archives= / Crédits : LCI

Biographie de Mahmoud Ahmadinejad

Né(e) le : 28/10/1956 - AradanHomme politique iranien

Le président iranien sortant se présente une nouvelle fois comme "le candidat du peuple face à la mafia des pouvoir". Il est néanmoins très contesté, y compris parmi ses alliés traditionnels.

Critiqué en Iran pour sa politique populiste, Mahmoud Ahmadinejad est l'une des figures les plus controversées du régime islamique. Mal aimé de l'Occident, son fanatisme religieux et ses déclarations menaçantes font de lui une personnalité qui effraie le monde. Il s'est assuré une image de "dur" en qualifiant l'Holocauste de "mythe". Ses imprécations intempestives sur Israël, un pays "qu'il faut", selon lui, "rayer de la carte du monde", ses affirmations provocantes -"il n'y a pas d'homosexuels en Iran"- et son défi à l'Amérique de Bush, ont fait de lui le champion de la rue arabe. En Amérique latine, sa fibre tiers-mondiste lui vaut l'amitié de Hugo Chavez.
 
Lorsqu'il est élu à la surprise générale en 2005 président de la République avec 63%  des voix face à l'ex-président Akbar Rafsandjani, Mahmoud Ahmadinejad, à l'époque maire de Téhéran, est peu connu du grand public. Il aime alors à se présenter comme un dévot de l'islam et un homme du peuple. Il fait fréquemment référence au Mahdi, le douzième imam de l'islam chiite, dont les fidèles croient qu'il reviendra sur terre pour y instaurer un règne de justice. 
 
Pur produit de la Révolution islamique
 
Ce fils de forgeron est né en 1956 dans le petit village d'Aradan, à 90 km au sud-est de Téhéran. Il suit des études d'ingénieur et obtient un doctorat en gestion de transport urbain.En 1979, au moment de la Révolution islamique, il est enrôlé parmi les étudiants islamistes de l'université scientifique d'Elm-o Sanat. Il s'engage ensuite dans le corps des Pasdarans, les Gardiens de la Révolution de l'imam Khomeini, l'armée idéologique du régime. A leur actif, notamment la prise d'otages de 444 jours à l'ambassade américaine. Mahmoud  Ahmadinejad est soupçonné d'avoir participé à sa planification.

Devenu l'un des commandants de cette armée parallèle, dans les services extérieurs, il aurait participé à des missions secrètes lors du conflit Iran-Irak. La guerre terminée, il prendra son premier poste politique en 1993 en devenant gouverneur de la province d'Ardebil, dans le Nord-Ouest du pays. Puis, en 2003, il est élu maire de Téhéran, en dénonçant la corruption des dirigeants.

Appui des milices islamiques
 
Marié, père de deux fils et d'une fille, il cultive une image d'homme simple, proche du peuple, habite un quartier pauvre, roule dans une voiture modeste, toujours vêtu sobrement, une veste ou un blouson beige ou kaki, et combat la décadence des mœurs. Il choisit une  politique à la ligne dure. Objectif : opérer un retour en arrière sur les réformes libérales du président Mohammad Khatami. Il se positionne alors comme le leader d'une seconde révolution islamique, visant à éradiquer la corruption et les influences occidentales de la société iranienne.
 
Les valeurs qu'il défend donnent la  priorité à l'aide aux déshérités. Parmi eux, les Bassidjis  (milices islamiques) qui soutiennent le régime par une vie simple, le sacrifice et la défense des idéaux islamiques de justice et de piété. Mahmoud Ahmadinejad  va s'appuyer sur eux pour mener sa campagne à l'élection présidentielle de 2005.

Une politique populiste qui vide les caisses
 
Aux Iraniens, il promet de réduire les inégalités sociales en redistribuant l'argent du pétrole et d'augmenter le salaire des ouvriers. "J'apporterai l'argent à votre table", lance-t-il. Mais ses discours de campagne annoncent déjà une radicalisation du régime. "Nous n'avons pas fait la révolution pour avoir la démocratie"clame-t-il dans ses discours. Son accession à la présidence se fera grâce au soutien du Guide de la Révolution l'Ayatollah Ali Khamenei, l'homme fort du pays, successeur de l'imam Khomeini.
 
Au pouvoir, Mahmoud Ahmadinejad, qui n'est donc que le numéro 2 du régime derrière Ali Khamenei, instaure rapidement un nouveau style de gouvernement en réunissant son conseil des ministres toutes les deux ou trois semaines dans les villes de province pour "mieux comprendre les problèmes quotidiens du peuple". Comme promis, il distribue directement l'argent du pétrole, gagnant une certaine popularité, et augmente les salaires. Il contribue ainsi à alimenter une inflation record dont les classes populaires sont les premières victimes. Mais, bien que son bilan soit controversé et critiqué, Mahmoud Ahmadinejad reste encore très populaire. Ses tournées à l'intérieur du pays et dans les campagnes l'ont en effet rapproché du petit peuple et des déshérités auxquels il promet toujours plus de justice. Il garde aussi le soutien des Bassidjis, qui quadrillent le pays.

Crise avec l'Occident
 
Ces difficultés économiques internes à l'Iran sont aggravées par le poids des sanctions de l'Onu, conséquence du bras de fer avec l'Occident, notamment les Etats-Unis, sur le dossier nucléaire. La crise, entamée de fait quelques semaines avant l'accession au pouvoir de Mahmoud Ahmadinejad, n'a fait que s'amplifier depuis. Le  refus de coopération de Téhéran sur son programme d'enrichissement de l'uranium ont mis le pays à l'index de la communauté internationale.  

Le président sortant n'a cependant pas exclu de saisir la main tendue par  Barack Obama, à condition que Washington change de politique "dans la pratique". La poursuite de ce climat de décrispation sera l'un des enjeux du futur président.

Sylviane MOUKHEIBER
 

Plus d'actualités de Mahmoud Ahmadinejad

Nous suivre :
Passation de pouvoir : l'intégralité de l'allocution d'Arnaud Montebourg

Passation de pouvoir : l'intégralité de l'allocution d'Arnaud Montebourg

logAudience