Gilles Jacquier, un baroudeur qui avait "horreur de la guerre"

le 12 janvier 2012 à 12h07 , mis à jour le 13 janvier 2012 à 13h32

Du Kosovo à l'Afghanistan en passant par l'Algérie et les révolutions arabes, Gilles Jacquier, grand reporter de France 2 tué en janvier 2012 à Homs, a couvert la plupart des grands conflits de ces 20 dernières années. Il avait obtenu le prix Albert Londres pour des reportages lors de la seconde Intifada.

Gilles Jacquier Le journaliste Gilles Jacquier, ici en octobre 2010 à Bayeux © A.F.P./K.Tribouillard
  • Nom : Jacquier
  • Prénom : Gilles
  • Né(e) le : 25 octobre 1968
  • Décédé(e) le : 11 janvier 2012 (43 ans)
  • Journaliste reporter d'images

Biographie

Au cours de sa carrière de journaliste sur les terrains de conflits parmi les plus durs, Gilles Jacquier reconnaissait avoir vu la "mort à grande échelle, avec des trous béants et des dizaines de cadavres arrivant sur des brancards et jetés là toutes les heures". Caméra sur l'épaule, il avait couvert ainsi toutes les guerres depuis les années 1990, à commencer par celle du Kosovo, avant la République démocratique du Congo (ex-Zaïre), l'Algérie, la Côte d'Ivoire, Haïti, l'Irak, Israël, la Palestine, jusqu'aux révolutions arabes. C'est en faisant son métier que ce grand reporter de France 2 a été tué le 11 janvier 2012 à Homs, au cours d'un déplacement organisé et encadré par les autorités syriennes, victime d'un tir d'obus dont on ignore encore la provenance.

Né le 25 octobre 1968, ce passionné d'images depuis sa plus tendre enfance, avait démarré sa carrière comme journaliste reporter d'images (JRI) dans une chaîne locale à Annecy en 1989, TV HUIT Mt Blanc. Deux ans plus tard, il entrait à France télévisions, au sein de la rédaction nationale de France 3 Lille, pour laquelle il réalisait déjà un reportage à Gaza, "Les cartables de la paix". En 1994, il rejoignait la rédaction nationale de France 3.

"On ne peut rester insensible"

"J'ai horreur de la guerre mais sur ces terrains, je peux faire de vraies rencontres. Le plus souvent les gens sont eux-mêmes, très sincères face à une caméra et on ne peut rester insensible à leur souffrance", racontait le journaliste dans une interview. "Moi, j'aime surtout filmer les gens au plus près de l'action, avec leurs émotions et sans voyeurisme", ajoutait-il. Il s'était dit particulièrement bouleversé par les massacres en Algérie dans les années 1990 et dans la jungle de Kisangani au Zaïre, avant la chute du Colonel Mobutu en 1997.

En 2003, Jacquier avait obtenu le prestigieux prix Albert Londres avec Bertrand Coq, autre grand reporter, pour sa couverture durant la deuxième Intifada. "Gilles était un excellent reporter de guerre, il n'avait peur de rien, avait un côté casse-cou mais ne prenait jamais de risques inconsidérés", témoigne Bertrand Coq. Lors des reportages à Naplouse, Jacquier avait été blessé. "Une balle avait pénétré par le côté de son gilet pare-balles et l'avait touché à la clavicule. La balle avait été extraite par un médecin suisse à l'hôpital de Naplouse", se rappelle Bertrand Coq.

Féru de sport, ancien champion de descente à ski, le grand reporter "mettait dans son travail tout l'acharnement, tout le talent et toute la motivation d'un grand sportif. Il ne rentrait jamais sans les images. Jamais", souligne Bertrand Coq. "Gilles était un des meilleurs de France 2, un homme hors norme, on est tous sous le choc, il va beaucoup, beaucoup nous manquer", a déclaré pour sa part Thierry Thuillier, directeur de l'information du groupe France Télévisions.

le 12 janvier 2012 à 12:07
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2 Commentaires

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  • fra60, le 12/01/2012 à 15h03

    Paix à son ame

  • belialgoth, le 12/01/2012 à 13h13

    Facile de cracher dans la soupe maintenant... Sans les guerres, il aurait couvert les émeutes de banlieue?

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