Jacob Zuma

Par Sylviane MOUKHEIBER, le 07 mai 2009 à 16h16 , mis à jour le 12 mai 2009 à 16h00

Jacob Zuma, chef du Congrès National africain (ANC), est le quatrième président de la république de l'Afrique du Sud démocratique.

Jacob Zuma Jacob Zuma, le 6 mai 2009 © Reuters
  • Nom : Zuma
  • Prénom : Jacob
  • Né(e) le : 12 avril 1942 - à : Nkandla (Afrique du sud)
  • Homme politique

Biographie

Jacob Zuma, chef du Congrès National africain (ANC), est le quatrième président de la république de l'Afrique du Sud démocratique. Le nouvel homme fort de la "nation arc-en-ciel" tire sa victoire d'un immense soutien populaire inébranlable. En lui reposent les espoirs des pauvres pour une vie meilleure.
 
Celui que la presse surnomme le "survivant" ou "l'indestructible" s'est imposé en dépit de vives controverses, malgré une carrière politique pleine de rebondissements, et des procès en série. Jacob Zuma, âgé aujourd'hui de 67 ans, a été cent fois donné pour politiquement mort. Son parti, l'ANC ultra-majoritaire depuis la chute de l'apartheid en 1994, a été reconduit au pouvoir avec 65,9 % des suffrages lors des dernières élections générales du mois d'avril.
 
 "JZ", comme l'appellent ses supporters sait parler au peuple, se fait le défenseur des pauvres, des opprimés noirs ou blancs. Il adapte ses discours et dit ce que son auditoire veut entendre. " L'homme a du charisme, il est chaleureux, proche du peuple et les gens d'en bas se reconnaissent en lui", écrit son biographe Jeremy Gordin. "Le tribun zoulou", populiste,  n'hésite pas à danser pendant les réunions électorales et les cérémonies en tenue traditionnelle zouloue, faite de peau de léopards. Il entonne des chants de lutte contre l'apartheid, la chanson de guerre de l'ANC devenue son emblème : "Umshini Wami !" ("Apporte-moi ma mitraillette !"). Polygame assumé, il proclame, sans gêne aucune, son amour pour toutes ses femmes -dont les quatre qu'il a épousées et ses 18 enfants.
 
Combattant anti-apartheid
 
Cet autodidacte courageux s'est construit dans l'adversité. Il est né le 12 avril 1942 à Nkandla, un village du Zoulouland, dans une famille zouloue si pauvre qu'il ne peut aller à l'école. Sa mère est domestique chez des blancs, son père agent de police meurt alors qu'il n'a que trois ans. Illettré, il devient berger. Jacob Zuma adhère à l'ANC à 17 ans. Quatre ans plus tard, il rejoint la branche armée du mouvement clandestin.
 
Mais alors qu'il cherche à gagner la Zambie pour suivre un entrainement militaire, il est arrêté et condamné à dix ans de prison à Robben Island, au large du Cap, où il est détenu aux côtés de Nelson Mandela. Il a 21 ans, se forme, apprend à lire et écrire. Après sa libération en 1973, ce sera la clandestinité et l'exil. Il gravit les échelons politiques, devient le chef du service de renseignement de l'ANC jusqu'au démantèlement du racisme d'Etat en 1990, qui signe la fin de l'apartheid.
 
Accusations de corruption
 
En 1999 lorsque Thabo Mbeki, un vieux compagnon de lutte, est élu président, Jacob Zuma devient son second, soit vice-président de la république sud-africaine. Mais une rivalité s'installe entre les deux hommes. En 2005, Thablo Mbeki le lâche et le limoge après la condamnation pour corruption de son conseiller financier.
 
Commence alors pour Jacob Zuma une série de démêlés  avec la justice. En 2006, il est jugé pour viol. Son procès a laissé des traces, bien qu'il ait été acquitté. Il avait choqué en expliquant à la barre avoir pris une douche pour se laver du sida après un rapport non protégé avec une jeune femme  séropositive. Ses inculpations pour corruption seront en outre levées deux semaines avant l'élection, en raison d'ingérences et d'abus de pouvoir de proches de Thabo Mbeki qui ont entâché  l'enquête.
 
Inquiétudes
 
Si le doute persiste, Zuma n'est pas exonéré de tout soupçon mais ressuscite politiquement.  En 2007 porté par le mécontentement du peuple face à la pauvreté persistante, il avait été plébiscité à la tête de l'ANC avec 60 % des mandats contre un Thabo Mbeki en perte de popularité qui sera contraint neuf mois plus tard de démissionner. Pendant la campagne électorale, l'apparition de Nelson Mandela à ses côtés est un coup de maître. Mais le zoulou autodidacte inquiète les blancs, la classe moyenne, les milieux d'affaires et les investisseurs. L'archevêque Desmond Tutu, prix Nobel  de la paix en 1984 et personnalité incontestée du pays, n'apprécie pas ses frasques et doute de ses capacités à diriger le pays.
 
Jacob Zuma incarne les espoirs des déçus. Il a promis de rétablir la justice sociale et de se battre contre la pauvreté, la corruption, la criminalité qui gangrène le pays et le fléau du sida. La plupart de ses partisans viennent des "townships" noirs des environs de Johannesburg, rappel des inégalités qui persistent dans l'Afrique du Sud de l'après-apartheid. Et malgré sa formidable popularité  les défis qui l'attendent sont de taille.
  

Sylviane MOUKHEIBER
 
 
 
 
 

Par Sylviane MOUKHEIBER le 07 mai 2009 à 16:16
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