Jacques Rivette

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Biographie de Jacques Rivette

Né(e) le : 01/03/1928

Critique émérite des années 1960 estampillé Cahiers et auteur avec d’autres illustres futurs cinéastes, ce dernier influença toute une génération de réalisateurs et notamment ses collègues.

Tous depuis sont devenus des anciens du renouveau d’une Vague qui ne cessa de tout bouleverser, renverser et retourner dans le landernau du cinéma hexagonal, ils s’appelaient Truffaut, Rohmer, Chabrol, Godard pour ne citer qu’eux.



Mais l’air pluvieux du mois de mars nous apporte aussi de lui l’incontournable Paris nous appartient, sa première preuve de cinéma et nous invite à revenir sur cette œuvre unique et si méritoire au gré de l’intégrale que lui consacrera du 21 mars au 30 avril le Centre Pompidou, celui que l’on prénommera aussi pour une autre joie, Beaubourg.

Né le 1er mars 1928, à Rouen, Jacques Rivette est un passionné des Lettres et c’est par le biais de l’écrit qu’il parvient à pénétrer l’espace de l’image et du cinéma. Mais avant cela, il faut reconnaître que sa précoce et assidue fréquentation de la Cinémathèque Française fut au moins autant responsable de son éclosion au cinéma. Ainsi l’homme se partageait-il entre bonheur de l’écrit et soif de l’image animée. De ces passions vont naître d’autres relations avec des figures qui elles aussi s’essaient et se délectent de mots tout en rêvant de pellicule. Cette époque est en effet celle où il va rencontrer ceux qui deviendront ces acolytes, compères et futurs camarades de critique. François Truffaut, Jean-Luc Godard et Eric Rohmer sont de ces derniers, et de cette rencontre fructueuse et propice naîtra un premier magazine, La Gazette du Cinéma.



Nous sommes alors en 1950 et ce qui n’était qu’hasard et passion commune va déboucher bientôt sur une des plus fécondes expériences critiques et cinématographiques de l’histoire du jeune quinquagénaire qu’est le cinématographe français. L’aventure va effectivement devenir épopée et au gré des articles et des prises de position, c’est un Rivette auteur et critique qui se fait connaître et reconnaître au point de faire partie de la rédaction du magazine Arts ou précocement de l’équipe des Cahiers du Cinéma. Il en sera d’ailleurs un acteur important au point d’en devenir rédacteur en chef de 1963 à 1965.

Lancé, armé de convictions quant au devenir du cinéma et envieux des plateaux, Jacques Rivette parvient bientôt à faire de son activité critique le tremplin qui le mènera à la réalisation de son désir de mise en scène. Le poste d’assistant lui est alors dévolu et c’est ainsi qu’il fait ses premières armes auprès de l’auteur de La Règle du jeu, Jean Renoir ou de Jacques Becker, autre cinéaste français de talent. L’apprentissage est long mais profitable et c’est toujours en persévérant dans le questionnement de la forme filmique qu’il parvient dès 1958 à tourner son premier long-métrage, Paris nous appartient. Premier des cinéastes de la Nouvelle Vague à passer derrière la caméra après un court-métrage honorable, Le coup du berger, que l’on retrouve sur l’édition MK2 de son premier film, Jacques Rivette est aussi le seul de ces derniers à s’essayer au genre le plus délicat, l’exercice d’un cinéma d’expérimentations fait d’exigences et de radicalités. L’occasion lui est ainsi donnée de décliner très vite les thèmes qui deviendront familiers dans son œuvre tels que le complot ou d’autres formes structurantes comme l’adaptation littéraire.



Mais très vite, c’est ce qui fait toute l’originalité de la réalisation des films de Rivette qui se met en place, à savoir sa méthode privilégiée de tournage. En effet ce dernier, pour capter la spontanéité de l’instant et éviter le jeu dans ce qu’il a de plus formaté et construit, ne fournit que quelques lignes à ses comédiens, les amenant à se laisser égarer par ses soins. L’absence de scénario et l’écriture au jour le jour des répliques deviendront très rapidement des constantes de l’élaboration de son cinéma. Durant cette période qui va durer quelques années, de son premier film jusqu’à Paris, film à sketch qui scelle la fin de la Nouvelle Vague telle qu’on l’entend alors qu’il aurait dû en être le manifeste, Rivette va essayer, entreprendre et reprendre à son compte toutes les innovations qui auront résulté des autres initiatives menées par les acteurs du nouveau cinéma français.

Quelques années passent alors, viennent 1966 et son second film La Religieuse, adaptation du roman du philosophe encyclopédiste Denis Diderot. Se colletant à la censure et à une interdiction liée au sensualisme furieux de son interprète, Anna Karina, c’est toute la pesanteur pudibonde de la société d’alors qui s’exprime, celle qui ne sent pas gronder les feux de mai, qui exerce son ministère. La même année Rivette s’essaiera au documentaire en tournant sur Jeanr Renoir, un passionnant métrage sobrement intitulé Jean Renoir, le patron.

Le temps est alors à l’expérimental assumé et voulu, et de 1968 à 1974, Jacques Rivette délaisse les formes narratives classiques pour opérer à des œuvres denses, labyrinthiques et vigoureuses à l’excès. Cela donnera L’amour fou en 1968, métrage d’une longueur folle de 4h, et deux autres œuvres toutes aussi déconcertantes et provocatrices pour le goût du temps : Out One en 1970 et Céline et Julie vont en bateau en 1973, deux œuvres qui dépasseront les trois heures à leur tour. L’heure est ainsi au filmage du temps et au délitement dans la durée d’histoires intenses et dramatiques.



Lui qui cumule les fonctions en homme à tout faire brillant, opérant aussi bien comme scénariste, directeur de la photographie que dialoguiste, il va alors passer quelques années délicates avec des films qui ne sortiront pas dans les salles ou seront mal distribués nuisant au futur de sa production. Noroît en 1976 succède à Duelle tourné l’année précédente, avant que le Pont du Nord ne l’amène au début de la décennie 1980 à explorer un Paris là encore conforme aux obsession fantastiques que dégagent ses films labyrinthiques et empreints d’une paranoïa qu’accroissent ses structures narratives complexes et retorses, entre histoires à tiroirs et révélations énigmatiques.

Viennent alors deux films qui marqueront peut-être plus que les autres sa filmographie du sceau de la reconnaissance critique et publique, deux authentiques chefs d’œuvre, La Belle Noiseuse et Jeanne la Pucelle, révélant si besoin en était à quel point Rivette est un cinéaste de la femme et de sa célébration créatrice comme put l’être un Kenji Mizoguchi ou un Truffaut inspiré par ses femmes. La Belle noiseuse, tourné en 1991 avec Emmanuelle Béart et Michel Piccoli, est ainsi la splendide mise en scène de la création s’inspirant de la trame du Chef d’œuvre inconnu de Balzac. Véritable contemplation de l’acte sensualiste de la naissance au monde de l’art, c’est probablement l’un des films les plus intenses et forts de la décennie offrant à la jeune Béart un rôle étincelant que ne conteste nullement l’éblouissante prestation de son partenaire.



Puis vient trois années plus tard, Jeanne la Pucelle, récit en deux épisodes où Sandrine Bonnaire excelle à se glisser dans le rôle historique le plus incarné au cinéma avec le Christ et Napoléon. L’occasion est ainsi donnée de voir une superbe fresque qui jouit de sa relative absence de moyens pour couronner une actrice et un auteur, s’imposant dans le paysage apathique du cinéma d’alors comme un film trop rare. Et pourtant la trajectoire filmique qu’emprunte Rivette s’interrompt avec langueur, n’offrant que des films peu méritoires à ce dernier, outre Secret Défense en 1997, retrouvailles avec deux de ses actrices fétiches et Va savoir en 2000, une comédie s’inspirant du Carrosse d'or du maître adulé qu’est Renoir. Enfin avant Ne Touchez pas la hache en 2007, c’est en 2003 que l’on retrouve trace d’un métrage signé de ce maître des projets d’envergure avec l’Histoire de Marie et Julien, l’occasion de retrouver la sublime Emmanuelle Béart pour un rôle atypique là encore et si marquant d’un talent trop rarement exploité.

Jacques Rivette est donc un cinéaste trop rare mais si essentiel et empreint de profondeur qu’on ne saurait contester sa nébuleuse et profonde influence sur l’ensemble du cinéma français, à l’instar d’un Rohmer. Lui qui fut récompensé en 1991 pour l’ensemble de son œuvre au festival de Locarno. Il reste un de ces maîtres que l’on aime à aimer ou à détester mais dont on ne peut nier qu’il compte.



Filmographie Collective

1958 Paris nous appartient
1967 L’amour fou
1970 Out 1 : Noli me tangere
1970 Out 1 : Spectre
1973 Céline et Julie vont en bateau
1975 Duelle
1976 Noroît
1977 Merry-Go-Round
1980 Le Pont du nord
1983 L’amour par terre
1984 Hurlevent
1987 La bande des quatre
1990 La belle noiseuse
1994 Haut, bas, fragile
1995 Lumière et compagnie
1997 Secret défense
2000 Va savoir
2002 Histoire de Marie et Julien
2007 Ne touchez pas la hache

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