Jean-Pierre Marielle

Par Véronique Buonomano , le 15 juillet 2010 à 12h38 , mis à jour le 17 novembre 2011 à 12h10

Depuis plus de cinquante ans, Jean-Pierre Marielle promène sa longue silhouette au cinéma et au théâtre avec sa voix au timbre si particulier et un grand art de l'autodérision.

Jean-Pierre Marielle Actor Jean-Pierre Marielle (Career Achievement Award) attends the 13th Annual 'Ceremonie des Lumieres' (French equivalent of the Golden Globes) held at Paris city hall on January 13, 2008. Photo by Nicolas Khayat/ABACAPRESS.COM © Abacapress.com
  • Nom : Marielle
  • Prénom : Jean-Pierre
  • Né(e) le : 12 avril 1932 - à : Dijon
  • Acteur

Biographie

"Alors.... Heureuse", Jean-Pierre Marielle c'est une voix rabelaisienne, une présence truculente, des rôles inoubliables où il excelle comme son personnage de représentant en parapluie "obsédé sexuel"  dans Les galettes de Pont-Aven. Mais l'acteur est aussi un grand comédien qui ne peut vivre sans le théâtre, sa passion première.

Ce fils d'un père industriel et d'une couturière est entré dans le métier par hasard. Il se destinait à des études de littérature. " A Dijon, mon professeur m'a dissuadé de faire une khâgne, trop difficile", aime-t-il à raconter. Entré au Conservatoire, il fera partie de la fameuse promotion de 1952/53 avec Jean-Paul Belmondo, Bruno Cremer, Jean Rochefort et Claude Rich, des amis de toujours.  

Les débuts sont difficiles.  Ignoré de la Nouvelle Vague ; son talent cinématographique ne fut reconnu que dans les années 1970. "Ma vraie chance, au cinéma, je l'ai eue avec la génération qui a suivi, des gens qui ne méprisaient pas systématiquement le cinéma des années 50", souligne-t-il dans un entretien à Télérama. Il est alors abonné aux seconds rôles.  Il apparaît dans Faites sauter la banque en 1963, aux côtés de Louis de Funes, Week-end à Zuydcoote d'Henri Verneuil  avec Jean-Paul Belmondo en 1964.

"Je ne suis pas un acteur de tombola"

Son talent se révèlera au grand public dans les années 70 où toute la verve de l'acteur peut s'exprimer à travers des films où comédie et liberté de ton se mêlent. D'abord  dans La Valise de Georges Lautner, en 1974, où il incarne un espion israélien. La même année, Bertrand Tavernier mettra en lumière le talent immense de l'acteur à travers le rôle du marquis de Pontcallec, aux côtés de Philippe Noiret et Jean Rochefort, dans le jubilatoire Que la fête commence. Le réalisateur fera encore appel à lui pour Coup de Torchon en 1981 où il retrouve une fois de plus son complice Philippe Noiret. En 1975, à 40 ans, c'est la consécration, où son rôle irrésistible d'Henri, un homme fasciné par les femmes, dans  Les Galettes de Pont-Aven de Joël Séria. Ce rôle  lui vaudra une nomination au César pour le meilleur acteur.

Mais l'acteur sait aussi se faire grave, Claude Berri lui offre le rôle d'un père qui succombe aux charmes de la fille de son meilleur ami, Victor Lanoux, dans Un moment d'égarement, en 1977. Il révèle son côté obscur  dans Les mois d'avril sont meurtriers, en 1987, où il interprète un flic obsédé par la mort de sa fille. En 1992, Alain Corneau lui offre le rôle austère de monsieur de Sainte-Colombe dans Tous les matins du monde, avec Gérard Depardieu.  Il est magistral face à Jacques Villeret, en procureur soupçonné de meurtre, dans  Les âmes grises d'Yves Angelo en 2005.  Un an après, il endosse le rôle du conservateur du musée du Louvre dans Da Vinci Code de Ron Howard.

Il est aussi sollicité par de jeunes réalisateurs et interprète dans Faut que ça danse, de Noémie Lvovsky, un vieux juif qui se croît immortel au côté de Sabine Azéma.  Sélectionné sept fois aux César, un record, il n'a jamais été récompensé. Il a toujours refusé d'assister à la cérémonie, ayant  toujours clamé avec son humour habituel "qu'il n'était pas un acteur de tombola".  Au cinéma, son seul regret est de ne pas avoir joué pour Francis Ford Coppola. "Et pourtant il est venu chez moi" a-t-il confié dans une interview à VSD.

Récompensé par la télévision

"Le théâtre c'est ma vie... Je pourrais ne plus tourner pour le cinéma ou la télévision mais renoncer à la scène jamais", confie Jean-Pierre Marielle au Figaro en janvier 2010. Après une interruption de cinq ans sur les planches, il est remonté sur scène en 2007, avec  sa femme la comédienne Agathe Natanson, pour parler sexe dans Les Mots et la chose de Jean-Claude Carrière. La même année,   Patrice Leconte, qui rêvait d'adapter la Correspondance de Groucho Marx fait appel à lui pour lire cette Correspondance sur cène. "Il a l'humour et le désenchantement total de Groucho Marx", a dit de l'acteur le cinéaste, interrogé par le Journal du dimanche.  En près de quarante pièces, il s'est emparé des textes  d'Harold Pinter, Jean Anouilh, Sacha Guitry, Luigi Pirandello...  Le seul grand auteur qui manque à son répertoire est Molière.

Curieusement, la reconnaissance viendra de la télévision. En 1992, il reçoit le Sept d'or du meilleur comédien pour La Controverse de Valladolid dans une mise en scène de Jean-Claude Carrière.  Cet homme qui ne s'arrête jamais vient de terminer le tournage de Mon oncle Sosthène pour la collection Chez Maupassant, diffusée sur France 2. 

Lui qui n'aime pas les honneurs a été nommé Chevalier de la Légion d'honneur en 1992. Il a été promu Officier en 2007.

Par Véronique Buonomano le 15 juillet 2010 à 12:38
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