Jean Rochefort

Par V.B. et S.M. , le 06 juin 2011 à 16h48 , mis à jour le 07 juillet 2011 à 17h42

Avec son flegme tout britannique et son humour caustique, Jean Rochefort est l'une des figures les plus populaires du cinéma français depuis les années 1950.

Jean Rochefort Jean Rochefort © ABACAPRESS.COM
  • Nom : Rochefort
  • Prénom : Jean
  • Né(e) le : 29 avril 1930 - à : Dinan
  • Comédien - Acteur

Biographie

Avec plus de 150 films à son actif, sans compter les pièces de théâtre, Jean Rochefort est un monstre sacré du cinéma français. Il réussit à l'écran l'improbable mariage du  franchouillard un peu grandiloquent et du dandy british mâtiné d'une pointe d'excentricité. Son humour pince sans rire, quelquefois proche de l'absurde, est sa marque de fabrique. Le regard un peu flou, la moustache frémissante, Jean Rochefort s'amuse à jouer les décalés pour le plus grand plaisir du public conquis.  

Avec l'air de ne pas y toucher et de s'excuser d'être là, sa filmographie est impressionnante. L'homme a marqué plusieurs générations, à l'instar de ses potes du conservatoire Jean-Pierre Marielle et Jean-Paul Belmondo. Philippe de Broca, Patrice Leconte, Pierre Schoendoerffer, Bertrand Tavernier, il a tourné avec les plus grands réalisateurs.  Aujourd'hui, c'est la nouvelle génération qui se l'arrache : Guillaume Canet, Philippe Lioret, Bernie Bonvoisin, Pierre Salvadori.
 
Né à Dinan le 29 avril 1930, Jean Rochefort passe son enfance à Nantes puis son adolescence à Vichy dans l'ennui le plus total. Grand lecteur, les romans le sortent de la grisaille. "Je crois que pour échapper à cette réalité, je voyais la vie en dessin animé", a-t-il confié au journal Le Monde en 2007. Son père veut en faire un comptable mais lui choisi de faire l'acteur.  

César du meilleur acteur

Après une formation de comédien à l'école de la rue Blanche, puis au Conservatoire de Paris, il travaille durant sept ans avec la Compagnie Grenier Hussenot. Ses galons de vedette,  il les gagne en faisant connaître en France en 1965 le théâtre anglo-saxon d'Harold Pinter qu'il joue aux côtés de Delphine Seyrig. Une révélation. "Quand je l'ai lu la première fois, je me suis dit : pauvre Rochefort, tu ne peux plus rien jouer d'autre. Tu es né pour ça !". Il joue sept pièces de l'auteur, dont une écrite sur mesure pour lui : C'était hier.

Au cinéma, il commence à tourner dans les films dits de "cape et d'épée" : Le capitaine Fracasse, Le masque de fer. En 1961, Cartouche et Les tribulations d'un Chinois en Chine en 1965, deux films de Philippe de Broca avec Jean-Paul Belmondo propulsent sa carrière.
 
Il tourne des comédies devenues cultes : Le Grand Blond avec une chaussure noire (1972-1974) d'Yves Robert avec Pierre Richard et Mireille Darc. Il récidive avec le réalisateur dans Un éléphant ça trompe énormément et Nous irons tous au paradis, avec une brochette d'acteurs dont Victor Lanoux, Claude Brasseur et Guy Bedos. En 1976, il se voit récompenser d'un César du meilleur acteur dans un second rôle pour le film de Bertrand Tavernier Que la fête commence.  En 1978, il est l'inoubliable commandant dans du Crabe Tambour de Pierre Schoendoerffer. Un rôle qui lui vaut cette fois le César du meilleur acteur. Avec son ami le réalisateur Patrice Leconte, il tourne en 1981 dans l'incroyable Mari de la Coiffeuse. En 1988, il sera l'animateur radio aigri et ringard de Tandem, toujours pour Patrice Leconte, aux cotés de Gérard Jugnot.  

Don Quichotte le rôle de sa vie

Une autre rencontre bouleverse sa vie : le cheval, il tourne alors Cartouche. Si ses débuts de cavalier sont difficiles, c'est un vrai coup de foudre. Il fréquente les manèges avec Philippe Noiret, prend des cours avec les plus grands spécialistes, se lance dans la compétition. Disputer des concours voilà sa nouvelle folie. Elle dure neuf ans, jusqu'à ce qu'une mauvaise chute l'oblige à arrêter. Peu importe, il se fait éleveur de chevaux. Il reconnaît avoir tourné dans des films uniquement pour financer son haras. Une passion dévorante qui le fera se séparer, notamment, de la comédienne et réalisatrice Nicole Garcia.

Un seul échec lui laisse un goût amer. En 2000, une double hernie discale l'oblige, dès les premiers jours, à arrêter le tournage de Don Quichotte de Terry Gilliam du roman éponyme de Cervantes. Ce chevalier à la triste figure est le rôle de sa vie. Opéré d'urgence, il reste couché sept mois durant et se relève transformé par l'épreuve. Il ne reste que le making-of de cette expérience cataclysmique.

Par V.B. et S.M. le 06 juin 2011 à 16:48
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