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Joseph Gordon-Levitt

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Crédits : TF1News

Biographie de Joseph Gordon-Levitt

Né(e) le : 17/02/1981

L'année dernière, il stupéfiait et bouleversait dans le dernier Gregg Araki, Mysterious Skin, chef d'œuvre dans lequel il interprétait le rôle complexe d'un jeune prostitué homosexuel aussi cynique que sexy.

Joseph Gordon-Levitt revient cette année dans Brick, intéressant mélange de teen movie et de film noir dans lequel l'acteur incarne Brendan Frye, un lycéen menant l'enquête sur la mort de son amie. De passage l'an dernier au Festival du Film Américain de Deauville, en compagnie de Rian Johnson et Ram Bergman (respectivement réalisateur et producteur de Brick), Joseph Gordon-Levitt surprenait encore davantage les journalistes présents à la conférence de presse en prenant la parole dans un très bon français... Portrait d'un jeune comédien qui n'a pas fini de nous étonner.


Né en 1981 à Los Angeles, Joseph Gordon-Levitt fait ses premiers pas de comédien dès l'âge de six ans et se fait avant tout fait connaître à travers ses rôles à la télévision. Sa filmographie compte quelques apparitions ponctuelles dans des séries connues telles que Arabesque (Peter S. Fischer, Richard Levinson), Code Quantum (Don Bellisario) ou encore Dr Quinn Femme Médecin (Beth Sullivan). Sa carrière télévisée est aussi marquée par quelques personnages récurrents dans des feuilletons tels que Roseanne (Matt Williams, 1988), la série gothique Dark Shadows (Dan Curtis, 1990), et surtout le sitcom SF La 3e planète après le Soleil, créée par Bonnie Turner et Terry Turner (scénaristes de Wayne's Word). Diffusée sur la chaîne NBC entre 1996 et 2001, La 3e planète après le Soleil raconte les aventures d'une famille extra-terrestre venue s'installer dans l'Ohio afin d'observer les humains, en prenant leur apparence. Dans cette série pour le moins fantaisiste à l'humour clownesque, dans laquelle les aliens étudient et reproduisent à leur manière les comportements des humains, Joseph Gordon-Levitt interprète Tommy Solomon, le plus âgé du groupe qui se retrouve dans le corps d'un adolescent, une prestation pour laquelle il reçoit deux YoungStar Awards (prix décernés par les lecteurs du Hollywood Reporter).


Toutefois, la carrière de Joseph Gordon-Levitt ne se limite alors pas à la télévision puisqu'il fait ses débuts au cinéma dès 1992, et pas dans n'importe quel projet puisque son premier long métrage n'est autre que Et au milieu coule une rivière, drame émouvant signé Robert Redford et qui lui vaut déjà d'être remarqué dans sous les traits de Norman enfant – personnage interprété à l'âge adulte par Craig Sheffer. Après un rôle dans la comédie Holy Matrimony (Leonard Nimoy) aux côtés de Patricia Arquette, on le retrouve notamment dans Une Equipe aux Anges (William Dear), film Disney qui rencontre un grand succès aux Etats-Unis mais qui n'arrive pas jusqu'à chez nous. Il croise aussi le chemin de Demi Moore dans le sympathique La Jurée (Brian Gibson, 1995), se fait massacrer dans le nanar Holloween 20 ans après (Steve Miner, 1998), et incarne aux côtés de Julia Stiles et Heath Ledger l'un des personnages de Dix Bonnes Raisons de Te Larguer, adaptation libre de La Mégère Apprivoisée de Shakespeare.


Lorsque s'achève la série La 3e planète après le Soleil en 2001, Joseph Gordon-Levitt fait une petite interruption dans sa carrière pour étudier pendant un an la culture française à l'Université de Columbia, à New York. En 2002, il retrouve les studios Disney en prêtant sa voix au personnage principal de La Planète au Trésor, un Nouvel Univers (Ron Clements, John Musker). Mais le jeune acteur, qui semble en avoir fini avec les séries télévisées, semble par ailleurs s'orienter vers un cinéma plus indépendant ou vers des rôles cassant radicalement son image. Il commence dès 2003 en interprétant un jeune garçon aux pulsions violentes interné en asile psychiatrique dans Manic, sous la direction de Jordan Melamed. Mais c'est surtout le sublime Mysterious Skin de Gregg Araki qui lui vaut d'obtenir une reconnaissance incontestée de la part de la critique internationale, une reconnaissance qui se concrétise notamment par un prix d'interprétation au festival de Seattle 2005. Adapté d'un roman de Scott Heim, Mysterious Skin évoque les abus sexuels sur des enfants au travers des destins croisés de deux garçons vivant leur traumatisme de manière radicalement opposée : Brian (Brady Corbet) se réfugie dans un état d'infantilisation et croit avoir été kidnappé par des extraterrestres dans son enfance, tandis que Neil (Joseph Gordon-Levitt) joue avec le feu en se prostituant. Autant le dire clairement : incarner Neil demande un certain courage pour un acteur – certaines scènes sont en effet assez traumatisantes – en plus d'une capacité à restituer toute la complexité du personnage. Révélant une présence aussi magnétique que sensuelle, Joseph Gordon-Levitt relève brillamment tous les défis posés par le rôle, auquel il apporte ambiguïté et profondeur à travers un jeu tout en nuance. Œuvre d'une rare puissance émotionnelle, Mysterious Skin impose immédiatement le jeune acteur comme l'un des plus prometteurs de sa génération.


Après le choc Mysterious Skin, Joseph Gordon-Levitt persiste dans des choix risqués et originaux, plaçant parfois la barre très haut en ce qui concerne la qualité du scénario, comme en témoigne l'intriguant Brick, premier film de Rian Johnson. Lors de la conférence de presse donnée au Festival du Film Américain de Deauville 2005, Joseph Gordon-Levitt prenait la parole et s'expliquait sur son choix, dans un très bon français agrémenté d'un accent des plus charmants : "J'ai reçu le scénario de Brick parmi d'autres. La plupart des scénarios sont indigents mais celui que Rian avait écrit était exceptionnel. J'ai ressenti un immense plaisir à sa lecture, comme on savourerait un roman ou une pièce de théâtre. A peine je l'ai eu terminé que je l'ai relu dans la foulée. La manière dont les dialogues étaient écrits était exquise. Après cela, j'ai fait la connaissance de Rian et il était exactement comme Ram (NDLR : Ram Bergman, le producteur) me l'avait décrit.". Le résultat final prouve un certain flair de la part de l'acteur, qui tient le rôle principal de cette histoire aux rebondissements alambiqués et soutenue par une atmosphère captivante tant d'un point de vue visuel que sonore.


Avec ses personnages hauts en couleur et son esthétique raffinée, Brick donne un souffle aussi novateur qu'inespéré au film de teenagers, un genre souvent considéré comme mineur. Rian Johnson développe à travers son film des personnages tous plus ambigus les uns que les autres, à mille lieues des "djeuns" stéréotypés peuplant habituellement les univers aseptisés des récentes œuvres du genre. Un parti pris qui semble avoir bien plu à Joseph Gordon-Levitt, qui revendique à juste titre que les tourments de l'adolescence sont loin d'être mineurs pour ceux qui les expérimentent : "Lorsque j'étais adolescent, au lycée, j'avais l'impression que l'on ne me prenait pas au sérieux, qu'on ne me considérait pas comme une vraie personne. Les gens avaient tendance à penser que je n'étais qu'un enfant, un jeune. Je ne comprenais pas pourquoi parce que je ne ressentais pas les choses ainsi. Je trouvais au contraire le monde très compliqué. Le jour où j'ai perdu mon amour, c'était la fin du monde, ce n'était pas quelque chose de trivial. C'est pourquoi les films de teenagers d'Hollywood, qui ne font que présenter une vision légère de cet univers, sonnent faux à mes yeux. Je trouve que le film Brick est plus authentique que les autres dans sa peinture de la jeunesse.". Mission réussie pour l'acteur, dont le personnage sombre et taciturne semble porter un regard teinté d'ironie sur le monde qui l'entoure, tout en faisant preuve d'une grande persévérance dans sa volonté de faire la lumière sur la mort de celle qu'il aimait – une quête de vérité qui s'inscrit dans la logique de recherche de l'absolu des adolescents et adultes en devenir. Avec sa démarche courbée qui n'a d'égale que son air renfrogné et son tic de se cacher derrière ses cheveux en bataille, Brendan Frye fait véritablement figure d'anti-héros, comme en témoignent les séances inoubliables de passage à tabac dont il est l'objet. Parsemé d'un humour décalé, Brick dresse un portrait peu flatteur de la jeunesse américaine issue de classes aisées, une jeunesse cynique et pourrie par la drogue.


On devrait revoir Joseph Gordon-Levitt très bientôt puisque sa filmographie s'est enrichie de plusieurs projets depuis Brick. On le retrouvera dans The Lockout, réalisé par Scott Frank (l'un des scénaristes de L'Interprète), dans lequel son personnage est atteint d'une déficience mentale, mais aussi dans Havoc, film de Barbara Copple qui s'attarde sur les guerres de gangs à Los Angeles, ainsi que dans Shadowboxer, thriller de Lee Daniels dans lequel une tueuse à gage est diagnostiquée comme étant en stade terminal d'un cancer...
Dans l'attente de l'arrivée de ces longs métrages dans nos contrées, on ne pourra s'empêcher de glisser un petit mot sur le site officiel de Joseph Gordon-Levitt (www.hitrecord.org), l'occasion de découvrir les talents multiples du comédien, aussi jeune réalisateur en herbe et auteur de plusieurs courts métrages (dont il assure aussi le montage, la musique, etc). A signaler Pictures of Assholes, un petit film improvisé et plutôt jubilatoire dans lequel Joseph Gordon-Levitt retourne la camera contre des paparazzis venus le harceler, Escargot, un court poétique et créatif auquel Rian Johson a participé, ou encore Sugartown Traders, film étrange réalisé en collaboration avec Scott Heim…

Propos issus de la conférence de presse du Festival du Film Américain de Deauville 2005
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