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Mouammar Kadhafi

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Mouammar Kadhafi / Crédits : TF1/LCI

Biographie de Mouammar Kadhafi

Né(e) le : 19/06/1942 - Syrte, Libye  - Date de décès : 20/10/2011 Président de la Libye

Au pouvoir en Libye pendant plus de quarante ans, Mouammar Kadhafi a vu son règne de dictateur s'écrouler en quelques heures en août 2011, deux mois avant sa mort dans sa ville natale.

Le 1er septembre 2009, il fêtait avec faste ses 40 ans de règne à la tête de la Libye. Le bouillant et fantasque colonel Mouammar Kadhafi, autoproclamé "roi des rois traditionnels d'Afrique", était alors le doyen des dirigeants arabes et africains. Traité durant des décennies de chef d'Etat "terroriste", l'ancien paria de la communauté internationale avait notamment fini par renoncer à porter la révolution aux quatre coins du monde et abandonné ses méthodes contestables.

Le pragmatisme, qui  imposait alors sa loi, suivra donc pendant plus d'une décennie le cap d'un rapprochement avec l'Occident. Mouammar Kadhafi, le bédouin de Syrte, était en effet devenu fréquentable. Il était même très courtisé. En ligne de mire : manne pétrolière et contrats en tous genres. La respectabilité retrouvée, il participe ainsi, pour la première fois depuis sa prise de pouvoir, à l'Assemblée annuelle de l'ONU en septembre 2009. Le "Guide de la Révolution libyenne", titre qu'il s'est également attribué, avait vieilli, ses traits s'étaient épaissis. 
 
Coup d'Etat
 
Né selon sa propre légende sous une tente bédouine dans le désert de Syrte en 1942, fils de berger de la tribu de Kadhafa, il reçoit une éducation religieuse rigoureuse avant de rentrer dans l'armée en 1965. C'est un idéaliste jeune officier de 27 ans qui renverse par un coup d'Etat militaire, le 1er septembre 1969, sans qu'une goutte de sang ne soit versée, le roi Idriss 1er de la dynastie des Senoussi. Le colonel Kadhafi (grade qu'il se donne après le coup d'Etat) est alors à la tête du Conseil de commandement de la Révolution (CCR). Il annonce la création d'une République arabe libyenne.
 
Son modèle, son héros, est l'Egyptien Gamal Abdel Nasser qui, dix-sept ans auparavant,avait pris le pouvoir au roi Farouk en prônant l'unité arabe. Kadhafi va renvoyer les 110.000 colons italiens, chasser les bases militaires américaines et anglaises et nationaliser les banques.  En 1977, il proclame la "Jamahiriya", définie comme un "Etat des masses", donne le pouvoir au peuple qui "gouverne" par le biais de comités populaires élus. Il publie son Livre vert, "théorie de la 3e voie", et affirme sans gêne qu'il constitue la seule solution pour l'humanité.
 
Amazones
 
Kadhafi rêve d'une unité arabe, le panarabisme tant défendu par Nasser. Huit pays, dont la Syrie, le Soudan, la Tunisie, le Maroc, l'Algérie, seront sollicités pour une union. Autant d'échecs successifs, et de déceptions. Ses partenaires arabes, affichant un sérieux scepticisme face à ses méthodes, le feront se tourner dans les années 90 vers le continent noir. Selon lui, l'Afrique est le "milieu naturel" de la Libye. Il ne va plus cesser de plaider pour la création d'"Etats-Unis d'Afrique". Il intervient dans les différents conflits africains et se veut, pour finir, l'artisan de la paix. Après ce revirement, transformé en sage, Kadhafi l'extravagant, arborera des boubous africains et des tuniques imprimées à l'effigie des pères fondateurs de l'Afrique. 
 
Son style de vie, ses tenues traditionnelles, sa façon fantasque d'exercer le pouvoir en font un personnage hors norme. Il affectionne les tenues excentriques. En saharienne kaki, en uniforme militaire chamarré d'or ou en gandoura, la robe des Bédouins, Kadhafi aime recevoir sous la tente. Séducteur, il apprécie la compagnie féminine et est souvent entouré par des femmes en tenue de soldats, qu'il nomme ses "amazones". Personnage théâtral, il aime la provocation. Lors d'un sommet arabe, en 1988 on l'a vu arriver la seule main droite gantée de blanc. Il expliquait qu'il voulait ainsi éviter de serrer des "mains tachées de sang". 
 
Financier du terrorisme international
 
Parallèlement, et grâce aux richesses pétrolières de son pays, Mouammar Kadhafi finance et arme les guérillas du monde entier, au nom de la lutte anti-impérialiste et pour l'avènement de cette révolution à laquelle il croit. Carlos le terroriste vénézuélien, le Palestinien Abou Nidal, les Irlandais de l'IRA, l'ANC sud-africaine, la Swapo namibienne, profitent de ses largesses. Il soutien des mouvements armés qui basculent dans la violence, la prise d'otages et les attentats : contre une discothèque de Berlin fréquentée par des soldats américains en 1986, une prise d'otages à Vienne lors d'une réunion de l'OPEP, le détournement de l'"Achille Lauro", un paquebot italien.
 
En réponse à ces attentats, Ronald Reagan, qui le traitait de "chien enragé du Proche-Orient", bombarde Tripoli et Bengazi en 1986. Le Libyen échappe de peu à la mort, mais sa fille adoptive est tuée. Par la suite, il lui sera imputé les attentats contre la Pan Am à Lockerbie (1988), en Ecosse, qui fait 270 morts, et contre le DC10 d'UTA, la compagnie française, qui fait 170 morts au-dessus du Niger (1989). A cette même période, débute le lancement présumé de programmes de fabrication d'armes chimiques. Les sanctions internationales ne se font plus attendre. Le Conseil de sécurité de l'ONU décrète un embargo aérien et militaire contre la Libye en 1992. Ce n'est que six ans plus tard, en 1999 que Kadhafi accepte de livrer les deux auteurs présumés de l'attentat de Lockerbie à la justice internationale. L'embargo aérien est alors levé.
 
Une volte-face politique spectaculaire
 
Après le 11-Septembre, Mouammar Kadhafi amorce un revirement diplomatique spectaculaire, en étant l'un des premiers chefs d'Etat arabes à condamner les attentats. Il a d'ailleurs lui-même échappé à plusieurs tentatives d'assassinats. Il est vrai qu'il ne porte pas les islamistes dans son cœur, qu'il combat à l'intérieur et à l'extérieur du pays. En 2003, il crée la surprise en annonçant le démantèlement de ses programmes clandestins de fabrication d'armes de destruction massive, avec l'aide de Washington et de Londres. Kadhafi est en effet désireux de se refaire une virginité et la guerre en Irak a servi de leçon. Il reconnaît ensuite la responsabilité de son pays dans les attentats de Lockerbie et du Niger et verse des indemnités aux familles des victimes.
 
La voie est alors ouverte pour une normalisation des relations diplomatiques. L'embargo est totalement levé. La hausse du cours du pétrole et les besoins du pays aiguisent les intérêts extérieurs. L'ex-paria s'ouvre enfin à l'Occident. Kadhafi est devenu fréquentable. Il reçoit chez lui des dirigeants occidentaux, tandis qu'à l'étranger on lui déroule le tapis rouge, comme à Paris (2007), ou à Rome, lors d'une visite historique en juin 2009.
 
Mais, fort de son pétrole Kadhafi sait toujours user de son pouvoir. Avec l'Italie, il réussit à solder son passé, en obtenant des excuses et des dédommagements de Rome pour la période coloniale. Il fait plier la Suisse qui lui présente ses excuses, un an après l'arrestation à Genève de son fils Hannibal accusé de violences sur ses domestiques. L'affaire n'est pas close au point qu'il demande le démantèlement du pays. Et pour finir, l'accueil triomphal d'Abdelbasset al-Meghrahi, le Libyen condamné pour l'attentat de Lockerbie, libéré par l'Ecosse, suscite, en 2009, l'indignation de Washington et de Londres.
 
Révolte populaire

Début 2011, Mouammar Kadhafi, malgré la peur qu'engendre son système, est pris dans les tourments du "printemps arabe". Encouragé par la chute des régimes tunisien et égyptien, le mouvement de protestation est lancé le 15 février 2011. Commencées par un sit-in contre le pouvoir à Benghazi, deuxième ville du pays et bastion des opposants du régime, les manifestations basculent dans la violence. Les émeutes s'étendent à Al-Baida, à l'est de Tripoli, la capitale. La répression est sévère, mais la contestation grandit.

Des appels à manifester le 17 février, lancés depuis plusieurs semaines sur Facebook pour " la journée de la colère" contre la corruption et le népotisme du régime, sont suivis avec succès. Les affrontements sont violents avec les forces de sécurité. L'armée repousse à balles réelles les manifestants, l'aviation libyenne les bombarde, Kadhafi envoie ses mercenaires, en majorité africains, charger les protestataires. Le chaos s'installe dans le pays. La partie orientale, notamment la Cyrénaïque, tombe aux mains des insurgés, qui créent à Benghazi, le Conseil national de transition (CNT).

Intervention de l'Otan

Silencieux pendant une semaine, Mouammar Kadhafi apparaît le 22 février à la télévision. Drapé dans une tunique marron, le Livre vert à la main, il prononce un discours enflammé parlant de lui à la troisième personne. Il  menace les manifestants de la" peine de mort", appelle l'armée et la police à reprendre la situation en mains, et affirme "qu'il se battra jusqu'à la dernièregoutte de son sang".

Petit à petit, l'armée loyaliste prend le dessus, ce qui pousse la communauté internationale à agir. Adoubée par l'Onu, l'Otan intervient militairement à partir du samedi 19 mars. La coalition, menée principalement par Nicolas Sarkozy et David Cameron, le Premier ministre britannique, n'utilise en fait que son aviation pour soutenir les rebelles. Pendant plusieurs mois, le conflit, fait d'offensives et contre-offensives, s'enlise, avec Misrata comme ville martyre. Sur le plan financier, les avoirs du régime à l'étranger sont gelés. Diplomatiquement, Mouammar Kadhafi est totalement isolé.

Fuite

Le 20 août, les rebelles lancent l'opération "Sirène". A la surprise générale, ils fondent sur Tripoli en moins de 48 heures. Les habitants de la capitale se disent alors "libérés". Mouammar Kadhafi intervient pour sa part une dernière fois à la télévision pour affirmer qu'il tuera les "rats". Mais quand son QG est investi, il a disparu. Le 20 octobre, l'ancien dirigeant libyen a été capturé et est mort de ses blessures lors de l'assaut de la ville de Syrte.

Sylviane MOUKHEIBER 

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