Le "printemps de Pékin"
Le "printemps de Pékin" commence avec la mort du dirigeant réformateur Hu Yaobang, le 15 avril 1989. La longue occupation de la place Tiananmen par les étudiants, les ouvriers et les habitants de Pékin dénonçant la corruption du régime, provoque une crise à la direction du Parti communiste chinois. Deng Xiaoping en est le chef de 1976 à 1997. C'est lui qui tire les ficelles du pouvoir en coulisses. Il fait appel aux forces armées.
La nuit sanglante de Tiananmen
Dans la nuit du 3 au 4 juin 1989, après six semaines de manifestations démocratiques et pacifiques à Pékin, les chars de l'armée chinoise écrasent le "printemps de Pékin" et évacuent les étudiants de la place Tiananmen. Cette répression est le résultat de la ligne dure du Premier ministre de l'époque, Li Peng, surnommé "le boucher de Pékin". La loi martiale, sans faire l'objet d'un vote, avait ainsi été proclamée le 20 mai par Deng Xiaoping.
"Rébellion contre-révolutionnaire"
Les événements de 1989 sont qualifiés par les autorités de "rébellion contre-révolutionnaire".
Peu après la répression, un rapport de la municipalité de Pékin fait état de 241 morts : 218 civils et 23 militaires. Selon ce bilan, 36 étudiants des universités de Pékin ont été tués. Mais les organisations de défense des droits de l'Homme évoquent des centaines, voire des milliers de morts. Les autorités chinoises se refusent catégoriquement à toute révision des événements, qu'elles qualifient "d'incident".
Zhao Ziyang, surnommé le "Gorbatchev chinois"
Quatre ans après sa mort en 2005, le récit post-mortem du dirigeant chinois, Zhao Ziyang, considéré comme un réformateur, rompt aujourd'hui le silence officiel sur la répression : plus de 30 heures d'enregistrements recueillis dans le plus grand secret, publiés sous le titre de "Prisoner of the State" ("Prisonnier d'Etat")
L'ancien secrétaire général du PCC s'était opposé à la répression du mouvement étudiant. Il fut limogé de la tête du parti et accusé de "fractionnisme" pour avoir contesté la décision de Deng Xiaoping de réprimer les manifestants. Il passa plus de 15 ans en résidence surveillée jusqu'à sa mort à 85 ans, à Pékin le 17 janvier 2005. Bao Tong, son secrétaire politique et ancien bras droit, est arrêté.
Un anniversaire non autorisé
Les événements de 1989 restent tabous en Chine. L'anniversaire est passé sous silence depuis 20 ans et entraîne une pression accrue sur les dissidents pour empêcher des commémorations publiques.
Les "mères de Tiananmen"
Il s'agit d'un groupe représentant les familles des manifestants tués ou blessés lors de la répression des manifestations en 1989. Les "mères" demandent que les autorités révisent la version officielle des événements et dédommagent les victimes.
Sophie VIGNON
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