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DOSSIER : Affaire Bettencourt

Liliane Bettencourt

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Liliane Bettencourt

Liliane Bettencourt en 2008/Image d'archives / Crédits : ABACA

Biographie de Liliane Bettencourt

Né(e) le : 21/10/1922 - ParisFemme d'affaires

Histoire d'une fortune française, ou comment une riche héritière se retrouve au coeur d'un scandale politico-financier.

Milliardaire, considérée comme " la femme la plus riche de France ", Liliane Bettencourt cultive depuis toujours la discrétion. Héritière de L'Oréal, elle veille sur la pérennité d'un empire fondé par son père au début du XXe siècle. Il y a peu de temps encore, son nom figurait essentiellement dans la presse économique, 17e du classement Forbes des fortunes internationales. Cette digne vieille dame fait désormais la une des journaux, au cœur d'un feuilleton judiciaire et familial devenu une affaire d'Etat.
 
Une aventure industrielle
 
L'aventure industrielle de la famille commence en 1907, lorsque son père, Eugène Schueller, fils de boulanger alsacien devenu ingénieur chimiste, invente la première teinture capillaire qu'il commercialise sous le nom de L'Auréale. Visionnaire, bourreau de travail, Schueller rachète Monsavon, lance le shampooing Dop et l'Ambre solaire.
Liliane, Henriette, Charlotte Schueller naît le 21 octobre 1922 à Paris VIIe. Sa mère Louise, pianiste et professeur de solfège, décède lorsque la petite-fille a 5 ans. Enfant unique, elle va être élevée dans la discipline et la rigueur. Pensionnaire chez les Dominicaines, elle a 15 ans lorsqu'elle effectue son premier stage chez L'Oréal où elle commence par coller des étiquettes sur les flacons. La famille recomposée - son père s'est remarié avec la gouvernante - partage sa vie entre le XVIe arrondissement de Paris et la villa de Franconville (Seine et Oise). Les vacances d'été se passent en Bretagne dans la propriété de l'Arcouest, face à l'île de Bréhat, où elle adore encore séjourner. Jeune fille rangée et timide, elle joue du piano, lit beaucoup et aime par-dessus tout, les séances de cinéma organisées par un proche de son père, Marcel Bleustein-Blanchet, patron de Publicis.
 
André Bettencourt : un beau parti
 
Après la guerre, soignée en Suisse pour un début de tuberculose, elle rencontre André Bettencourt dans un sanatorium. C'est un beau parti, issu d'une famille bourgeoise et traditionaliste française. Ils se marient à Vallauris en 1950 et s'installent dans un hôtel particulier du très chic quartier Saint-James à Neuilly où ils vivent entourés de toiles de maitres (Monet, Picasso, Van Gogh, de Chirico). André entame une carrière politique. Elu député en 1951, il sera plusieurs fois ministre puis sénateur. Proche du pouvoir, le couple reçoit des personnalités politiques : les Pompidou, François Mitterrand, un grand ami de la famille, mais aussi les Chirac et Nicolas Sarkozy lorsqu'il était maire de Neuilly.
 
L'Oréal en héritage
 
En 1957, Eugène Schueller meurt. Liliane devient dépositaire de l'œuvre de son père adoré. Elle est propriétaire d'une entreprise en plein essor. Elle délègue la direction de la maison, mais reste incontournable dans la stratégie industrielle. Lors des conseils d'administration, elle siège face aux PDG successifs car rien ne se décide sans son aval. Cent ans après sa création, L'Oréal est le premier groupe de cosmétiques mondial.
En 1987, elle crée et préside la fondation Schueller-Bettencourt qui finance des projets culturels et humanitaires. Parmi eux, une ONG internationale de lutte contre le Sida, ce qui lui valu la Légion d'honneur.  
 

François-Marie Banier, l'ami "décalé"
 
Voyages officiels ou non, soirées mondaines, cocktails et vernissages, vêtue par les plus grands couturiers, Liliane est l'image de l'élégance et du raffinement français. Sensible au monde des arts, elle rencontre le photographe François-Marie Banier au cours des années 80. Amusée par son côté décalé et désinvolte, ils deviennent rapidement complices. Ils sortent, voyagent ensemble. Elle le couvre de "cadeaux". Pour lui faire une surprise le jour de son anniversaire, elle apprend même à danser le rock à 75 ans! " Ca ne serait pas drôle, la vie, si on ne voyait que des gens comme nous, non ? " déclarait-t-elle au JDD en 2008.
 
Une affaire de famille
 
Séductrice, drôle et extravertie, la mère est l'opposée de sa fille unique Françoise. Musicienne, intellectuelle, spécialiste des religions, celle-ci a épousé en 1984 un banquier, Jean-Pierre Meyers, dont le grand-père rabbin est mort à Auschwitz avec sa femme, après avoir sauvé des centaines de juifs de la déportation. Ce mariage déplait fortement aux Bettencourt, d'autant plus que leurs deux petits-fils, Jean-Victor et Nicolas sont de confession juive. Sans doute est-ce pour Françoise un moyen d'exorciser un passé familial des plus troubles. En effet, dans les années 30, son grand-père, Eugène Schueller a financé la Cagoule, organisation secrète d'extrême droite et participé pendant l'Occupation à la création du RNP, parti de Marcel Déat, échappant de peu à l'épuration. Quand à son père pétainiste militant, il avait lui aussi publié au début des années 40 des articles ouvertement antisémites. 
 
Un mois exactement après la mort d'André Bettencourt en novembre 2007, Françoise va porter plainte contre François-Marie Banier pour " abus de faiblesse". Selon elle, sa mère affaiblie mentalement, serait sous influence. Désormais les deux femmes ne communiquent plus que par voie de presse ou par avocats interposés." Je n'ai plus envie de voir ma fille" déclare-t-elle encore au JDD.
 
L'affaire va violement rebondir, lorsque Françoise Bettencourt-Meyers apporte à la justice des conversations enregistrées à l'insu de sa mère par son maître d'hôtel. Liliane Bettencourt se déclare "moralement outrée" et porte plainte à son tour."Ce qui m'intéresse maintenant, c'est de savoir pourquoi ma fille m'en veut autant " déclare-t-elle à  son avocat Georges Kiejman. Lors d'une interview donnée au Monde le 20 juin 2010, elle justifie ses largesses financières   " Je suis très consciente d'avoir donné une partie de ma fortune... J'ai les moyens d'être libre de mes actes ", ajoutant " Je suis la première contribuable particulière française ", en réponse aux accusations de fraude fiscale.
Dès lors le conflit  va prendre une tournure politico-financière et devenir l'affaire  " Woerth-Bettencourt " . Françoise Bettencourt-Meyers va demander la mise sous tutelle de sa mère pour la troisième fois. Celle-ci porte plainte contre sa fille pour " violences morales ".

La réconciliation

En décembre 2010, un coup de théâtre met  fin au volet  familial  de l'affaire. Dans un communiqué commun la milliardaire et l'héritière annoncent qu'elles mettent  " un terme aux conflits qui ont perturbé leur vie familiale ainsi qu'aux procédures engagées ".  Elles précisent que les dispositions de l'accord sont  " personnelles et confidentielles ", mentionnant que les personnes accusées d'abus de faiblesse ont été " écartées de l'entourage de Liliane Bettencourt ". Leur réconciliation  est officialisée au mois de janvier 2011 lors du défilé Armani  où elles  apparaissent main dans la main.
Juin 2011 : reprise des hostilités avec une nouvelle demande de placement sous tutelle de l'octogénaire. Françoise Bettencourt-Meyers s'attaque  à l'avocat et homme de confiance de sa mère, Me Pascal Wilhelm, craignant "de nouvelles dérives contraires aux intérêts"  de l'héritière de l'Oréal . Liliane Bettencourt souffrirait depuis des années d'une maladie neurologique l'affectant de surdité et altérant sa mémoire ainsi que ses facultés de concentration et de compréhension. 
 

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