OJ, pour les intimes, est le symbole de la success story de L'Oréal. Lindsay Owen-Jones y a occupé des postes clés pendant près d'un quart de siècle. En février 2011, le Britannique devrait céder la présidence du groupe à son successeur Jean-Paul Agon, celui à qui il avait déjà dû confier en partie les rênes en 2006, en l'acceptant comme directeur général.
Né dans la grisaille du nord de l'Angleterre, le jeune Lindsay Owen-Jones, fils d'un ingénieur et d'une professeur de latin, se destine un temps à une carrière diplomatique tout en rêvant d'un avenir de pilote au rallye Monte-Carlo : luxe, vitesse et cette France qu'il apprécie tellement. Mais il rencontre Olivier Giscard d'Estaing, qui vient tout juste de fonder l'Institut européen d'administration des affaires (Insead) et le convainc de se tourner vers le monde de l'entreprise. Déjà diplômé d'Oxford, OJ part donc pour la France.
"Payé pour choisir les pin up d'Ambre Solaire"
En 1969, Lindsay Owen-Jones entre chez L'Oréal grâce à un copain. "Il m'avait raconté qu'il connaissait une boîte qui m'irait comme un gant, où on était payé pour choisir les pin up d'Ambre Solaire", confie-t-il des années plus tard au Point. Il gravit vite les échelons du groupe fondé en 1909 par Eugène Schueller.
Successivement directeur d'une filiale en Belgique, du marketing de la division France des produits publics, directeur général de la filiale italienne, puis président de Cosmair, alors agent exclusif de L'Oréal aux Etats-Unis, il devient PDG du groupe en 1988, à 42 ans. Sous son mandat, L'Oréal croît à un rythme échevelé, à l'exception de la crise économique de 2009. La fin de son mandat restera ternie par l'affaire Bettencourt, qui a vu se déchirer l'héritière du groupe, Liliane, dont OJ est très proche, et sa fille Françoise.
Lindsay Owen-Jones ne prendra jamais le volant d'un bolide à Monte-Carlo mais participera trois fois aux 24 Heures du Mans.
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