"Le poste le moins convoité de la Terre". Pour les observateurs, avoir été nommé Premier ministre grec le jeudi 10 novembre 2011 n'est certainement pas une chose qui devrait attirer la jalousie. Vu le peu de concurrence au sein de la classe politique, le "vainqueur", Lucas Papademos, a d'ailleurs pu poser ses conditions. ll demandait ainsi que les deux grandes formations politiques du pays, le Parti socialiste (Pasok) et Nouvelle Démocratie (ND, droite), signent l'accord de financement conclu fin octobre avec l'Union européenne.
Quoi qu'il en soit, Lucas Papademos, né en 1947, obtient la consécration d'une carrière qu'il ne voulait pas forcément politique. Après avoir effectué ses études à l'étranger, en l'occurrence le célèbre Massachusetts Institute Technology (MIT) de Boston, où il décroche notamment un doctorat de sciences économiques, il se consacre logiquement à une carrière d'économiste. Tout d'abord à la Réserve fédérale américaine puis à partir de 1984 en Grèce, à la Banque centrale. Il y gravit les échelons pour devenir gouverneur en 1994. Européen convaincu, il gère alors l'ancrage du pays à l'euro. En 2002, il prend du galon et devient vice-président de la Banque centrale européenne. Il effectue ldeux mandats de quatre ans, en grande partie dans l'ombre de Jean-Claude Trichet.
"La crise économique mondiale : réponses et défis"
En 2010, il repart aux Etats-Unis pour enseigner à Harvard. Il continue cependant à être consulté par les politiques grecs. Réputé proche de Georges Papandréou, le Premier ministre socialiste, il est logiquement rapidement pressenti pour lui succéder quand celui-ci est contraint de démissionner début novembre 2011 en raison de la crise de la dette du pays qui menace de se propager dans toute la zone euro. Sa stature internationale, sa connaissance des marchés financiers, son profil rigoureux et son pragmatisme social-libéral sont en effet un gage pour les autres dirigeants européens.
Désormais au pouvoir à Athènes, pour sa première expérience ministérielle, il va pouvoir mettre en application les solutions préconisées à ses élèves à Harvard. Son cours sonnait en effet comme une prémonition pour son nouveau travail : "La crise économique mondiale : réponses et défis".
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