Le fondateur de la société PIP, Jean-Claude Mas est né à Tarbes le 24 mai 1939. Il passe un bac maths et étudie deux ans à l'université, selon Yves Haddad, avocat de PIP puis de son fondateur depuis 2005. Son activité se précise avec dix années passées comme "délégué médical" pour le groupe pharmaceutique américain Bristol-Myers. "Il était alors le premier vendeur de produits médicaux", insiste Me Haddad. Selon le CV "officiel", un tournant intervient en 1980: la rencontre avec le chirugien esthétique toulonnais Henri Arion, inventeur en 1965 d'une prothèse gonflable avec sérum physiologique. Le Dr Arion est décédé en 2004 dans un accident d'avion et les laboratoires Arion, dirigés par son fils, ne confirment pas aujourd'hui les relations entre les deux hommes.
Toujours est-il que Mas dirige pendant dix ans une entreprise dans ce secteur, comme le souligne le tribunal de commerce de Toulon, avant de fonder sa société Poly Implant Prothèse (PIP), en juillet 1991, à la Seyne-sur-Mer (Var). Le marché est en plein essor et l'homme au collier de barbe multiplie les annonces d'innovations. En 2001, les Echos rapportent ainsi que PIP, leader en France de la prothèse mammaire, vient de lancer un modèle dont il espère qu'il lui ouvrira les portes des Etats-Unis: une prothèse asymétrique avec implants différents à droite et à gauche, offrant "des résultats esthétiques exceptionnels en s'adaptant davantage à la morphologie féminine".
"C'est Géo Trouvetou!"
Chez PIP, Mas est président du conseil de surveillance mais aussi concepteur des produits. "C'est un innovateur, un génie, c'est Géo Trouvetou!" s'emballe son conseil. "C'est l'âme de la société, c'est lui le responsable de tout". Par la voix de l'avocat, puisqu'il refuse de s'exprimer lui-même, il admet que le gel de silicone aujourd'hui incriminé était un gel "maison", tout en niant toute toxicité. Un produit non agréé, à base de gel alimentaire, pour réduire les coûts de l'entreprise confrontée à une concurrence accrue et qui finira par être placée en liquidation judiciaire en 2010.
Jean-Claude Mas avait-il le bagage nécessaire? "Il a une formation scientifique très limitée", reconnaît son avocat. Mais "vendre du silicone en France ne nécessite pas de diplôme de pharmacien...", rappelle-t-il. Pour Patrick Baraf, chirurgien esthétique cité par plusieurs journaux, "c'est un menteur, un escroc", qui pratiquait le dumping pour écraser la concurrence. Me Haddad balaie ces accusations: "en 1991, Baraf et Mas étaient concurrents". Jean-Claude Mas est interpellé le 26 janvier au domicile de sa compagne, dans le Var.









