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Mariano Rajoy

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Mariano Rajoy, le 14/11/11

Mariano Rajoy, le 14/11/11 / Crédits : Abacapress.com

PORTRAIT - Le chef de la droite espagnole, battu deux fois en 2004 et 2008, va devenir Premier ministre après le succès du Parti populaire aux législatives anticipées du dimanche 20 novembre 2011.

Mariano Rajoy a bien fait mentir le proverbe "jamais deux sans trois".  Comme prévu ou presque par les sondages, le leader du Parti populaire (PP), principale formation de la droite espagnole, a en effet enfin conduit ses troupes à la victoire ce dimanche lors des législatives anticipées convoquées (la législature se terminait normalement en mars 2012) en raison de la crise économique qui sévit dans le pays.  Avec 45% des voix, il décroche même la majorité absolue au Parlement.
 
Après ses défaites de 2004 et de 2008 face à José Luis Zapatero, cette jolie revanche est à la fois le symbole de sa persévérance et de son habileté politique. "L'échec de Rajoy 2004 ne compte pas vraiment tant elle est liée aux attentats commis deux jours plus tôt à Madrid. Ensuite, après celle de 2008, il a très bien su manœuvrer en convoquant rapidement un congrès pour neutraliser ses adversaires et se faire réélire avant qu'une opposition interne ne puisse naître",  explique à TF1 News Benoît Pellistrandi, spécialiste de l'Espagne contemporaine (lire notre interview : "la marge de manoeuvre de la droite sera faible").

Adoubé par Aznar
 
Né en 1955, Mariano Rajoy est un Galicien -détail qui aura de l'importance pour sa carrière politique. Il suit tout d'abord le parcours classique des fils de bonne famille catholique, en passant chez les Jésuites puis en menant des études de droit. Il entre ensuite "timidement", selon ses propres mots, en politique en adhérant à l'Alliance populaire (AP), parti de droite fondé par l'ancien ministre franquiste Manuel Fraga, qui deviendra le Parti populaire.

Discret, il sera élu député régional à 26 ans, avant de grimper les échelons jusqu'à devenir l'un des hommes de confiance de José Maria Aznar, chef du gouvernement de 1996 à 2004. Ce dernier l'adoubera pour lui succéder. Entre-temps, plusieurs fois ministre, Mariano Rajoy se forge une image de médiateur hors pair et de bouclier inébranlable face au déluge de critiques sur la gestion désastreuse de la marée noire du Prestige en 2002 et l'entrée de l'Espagne dans la guerre en Irak, en 2003.

"Promesses de Galicien"

Gommant peu à peu son image de conservateur pur et dur, il se présente pendant l'ère Zapatero comme un dirigeant "prévisible, patriote, indépendant, modéré", par contraste avec "l'inconstance" et la "frivolité" supposées du Premier ministre. Surtout, il se pose à partir de 2008 comme un bon père de famille (il est lui-même  père de deux enfants), capable de rassurer les électeurs et de tenir la barre alors que la crise fait ressurgir les vieux démons espagnols du chômage (5 millions de chômeurs aujourd'hui dans le pays, soit 20% de la population active). Mais sans vraiment présenter des propositions claires. Pendant la campagne électorale, il s'est ainsi bien gardé de trop dévoiler son programme.

"L'une de ses qualités, c'est d'être un Galicien, qui, en caricaturant, est à l'Espagne ce que le Normand est à la France. Il ne dit jamais rien. Quand vous parlez avec lui, vous avez l'impression qu'il vous donne raison. Il a encore agi ainsi lors de la campagne en ne dévoilant aucune proposition concrète, sauf pour prendre le contre-pied de Rubalcaba, le leader de la gauche, en affirmant qu'il ne toucherait pas aux retraites. Mais pour le reste, il est resté plutôt flou, avec un programme vague", souligne Benoît Pellistrandi. Trois jours avant le scrutin, il a cependant admis qu'il ferait "des coupes partout", sauf justement dans les retraites.

Les marchés veulent du concret

Peu connu à l'étranger -il parle français mais avoue prendre des cours  d'anglais-, ce grand brun à la barbe grise et aux lunettes rectangulaires, supporter du Real Madrid, devra changer. Les marchés attendent des gestes concrets et sanctionneront rapidement la nouvelle équipe gouvernementale si une direction claire n'est pas donnée au pays.

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