Issu d'une famille italienne antifasciste, Max Gallo grandit à Nice, sous l'occupation. Il n'apprendra qu'à la fin de la guerre que son père, modeste employé de banque, était engagé dans la résistance. L'adolescent affiche déjà son admiration pour des écrivains inspirés par le vent de l'histoire, tels Jack London, Hemingway ou Malraux.
Mais le fils d'immigrés obéit à son père et passe d'abord son CAP de mécanicien-ajusteur. Il travaille quelque temps en usine, passe son bac, devient technicien à la Radio-Télévision-Française - la RTF, ancêtre de l'ORTF - à Antibes. En 1953, il réalise l'un de ses rêves : il est muté à Paris, la ville "qui m'attirait parce que chaque moment de l'histoire y avait laissé une trace. Il me semblait qu'en France on devait être à Paris", déclare-t-il au Parisien en 2004, après avoir signé la préface d'un livre intitulé J'aime Paris.
Un pur produit de la méritocratie républicaine
Tout en travaillant "pour gagner sa croûte", il entreprend des études d'histoire à la Sorbonne. En 1957, déjà père de famille, il échappe à la guerre d'Algérie et effectue son service militaire en tant que météorologiste au Bourget. En 1962, muni de son agrégation d'histoire, Max Gallo est nommé enseignant au lycée Massena à Nice. A l'occasion de la publication de son premier livre, L'Italie de Mussolini, l'ancien technicien de la RTF est invité à Lecture pour tous, la célèbre émission littéraire de la télévision française.
De retour dans son lycée de Nice, ses élèves se lèvent et l'applaudissent. Sa soudaine notoriété lui ouvre de nouvelles portes, dans les médias et dans la politique. Françoise Giroud, rédactrice-en-chef de l'Express, fait appel à lui pour un grand portrait du roi Farouk. Leur collaboration se prolonge tout au long des années 1970. Jean-François Revel, dont il reprendra le fauteuil d'académicien quarante ans plus tard, publie, en 1968 son essai intitulé Gauchisme, réformisme et révolution.
Maître-assistant à l'université de Nice depuis son doctorat, il devient professeur à Sciences-Po. Son roman historique sur la ville de Nice, La Baie des Anges, remporte un grand succès. C'est sur le plateau d'Apostrophes, l'émission littéraire de Bernard Pivot, qu'il rencontre pour la première fois François Mitterrand, en 1976.
"Je crois au rôle de l'individu dans l'histoire"
En 1981, Max Gallo adhère au PS, à la demande de la section socialiste niçoise, en quête de personnalités. Il est élu député des Alpes-Maritimes. Pendant un an, 1983-1984, il est secrétaire d'Etat, porte-parole du gouvernement avant de se faire élire député au parlement européen en 1984 et prendre la direction du quotidien socialiste Le Matin de Paris. Mitterrand l'appréciait surtout pour sa plume. Désabusé, Max Gallo confiera en 1998 à l'Evènement du Jeudi, "le mitterrandisme n'est jamais pour moi qu'un giscardisme peint en rose".
Dans les années 1990, il rompt avec le PS et fonde, avec Jean-Pierre Chevènement, le Mouvement des citoyens, au nom de l'Etat-Nation. Il préside son comité de campagne lors de l'élection présidentielle de 2002 puis milite pour le "non" au référendum de 2005 sur la réforme des institutions européennes.
Parallèlement, l'historien-romancier enchaîne les essais, les biographies, les "romans d'histoire" comme il les appelle, refusant le terme de roman historique. Sa fréquentation quotidienne des "grands hommes", de Napoléon à De Gaulle en passant par Robespierre et Rosa Luxembourg semble compenser ses déceptions politiques. Ses livres, publiés au rythme de trois ou quatre par an, figurent sur les listes des meilleures ventes.
Lors de sa réception à l'Académie française en 2007, l'écrivain populaire persuadé d'être boudé par les élites déclare : "c'est mon premier prix littéraire, si on excepte celui des lectrices de Elle en 1973, pour Un pas vers la mer".
Un soutien indéfectible de Sarkozy
Au nom de la transcendance du clivage droite-gauche, Max Gallo, dont les derniers essais s'intitulent Fier d'être français et L'Ame de la France, affiche son patriotisme et rejoint les préoccupations de Nicolas Sarkozy sur l'identité nationale. Il appelle à voter Sarkozy en 2007. C'est lui qui prononce l'hommage aux "jeunes patriotes" à la cascade du Bois de Boulogne, lors de la cérémonie d'investiture, le 16 mai.
A son tour, le président salue l'élection du nouvel académicien en ces termes : "un grand humaniste, fou de République... un historien rare qui, dans une œuvre magnifiquement populaire, n'a cessé d'illustrer ce qui est, au fond, l'âme de la France". Dans un entretien accordé au Point en Juin 2010, Max Gallo continue de soutenir son héros, bousculé par les mauvais sondages, au nom de l'histoire et "de la singularité de Nicolas Sarkozy dans l'éventail des présidents."
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