Michel Galabru

Par Véronique BUONOMANO, le 15 octobre 2010 à 16h29 , mis à jour le 19 octobre 2010 à 12h38

Tonitruant, débonnaire, acteur aux multiples facettes, Michel Galabru, un des célèbres gendarmes de Saint-Tropez a traversé près d'un demi-siècle de cinéma et de théâtre.

Michel Galabru Image d'archives © ABACA
  • Nom : Galabru
  • Prénom : Michel
  • Né(e) le : 27 octobre 1922 - à : Safi au Maroc
  • Comédien

Biographie

Michel Galabru a tourné dans plus de deux cents films : beaucoup de navets, comme il le reconnaît lui-même, mais aussi quelques chefs-d'œuvre. Inusable, cet acteur français a enchaîné les tournages tout en restant fidèle au théâtre, sa première passion.

Né le 27 octobre 1924 à Safi au Maroc, Michel Galabru se destine dans un premier temps à une carrière de joueur de foot. Mais c'était sans compter sur Sacha Guitry et Yvonne Printemps qu'il découvre par hasard en écoutant des disques. Ces influences marquent un tournant dans la vie du jeune Michel. Il contracte alors une véritable passion pour le théâtre et abandonne la culture du muscle pour la culture de l'esprit.
 
Du "Français" à Saint-Tropez

 
De Montpellier, il gagne Paris et intègre le Conservatoire d'art dramatique où il reste trois ans et en sort avec un premier prix. En 1950, il entre à la Comédie française. Il entame alors une carrière de "classique", se produisant exclusivement sur les planches du prestigieux établissement. Mais le cinéma vient chambouler cet ordre des choses. Le cinéaste Jean Devaivre le repère et lui propose un rôle dans Ma femme, ma vache et moi. Une fois lancé dans le 7e art, Michel Galabru ne reviendra plus dans la célèbre maison.
 
A partir des années 60, ses rôles s'étoffent. Avec La Guerre des boutons, d'Yves Robert et surtout Le gendarme de Saint-Tropez de Jean Girault, Michel Galabru s'impose auprès du grand public. Il régale les Français avec son air bougon et sa truculente franchouillardise dans la peau de l'adjudant Gerber, aux côtés du Maréchal Cruchot, interprété par Louis de Funes. Il jouera dans les cinq épisodes du Gendarme de Saint-Tropez qui deviennent cultes. Parallèlement, il jouera dans Tartarin de Tarascon (1962) de Francis Blanche, Les Pieds Nickelés (1964) de Jean-Claude Chambon,  Les Baratineurs (1965) de Francis Rigaud ou encore Brigade antigang (1966) de Bernard Borderie.
 
Un César et des nanars
 
En 1971, Le Viager lui ouvre une nouvelle carrière : l'acteur, alors reconnu pour son talent comique, se voit proposer des rôles dramatiques. Après ses facéties de héros débonnaires dans des films plutôt légers, il joue des rôles plus étoffés où sa faconde laisse place à un jeu tout en profondeur : un policier pervers dans Monsieur Balboss de Jean Marboeuf ; une silhouette remarquée dans Section spéciale de Costa-Gavras.

En 1977, Bertrand Tavernier lui offre le rôle de l'assassin dans Le Juge et l'Assassin, un face à face magistral avec Philippe Noiret , ce qui  lui vaut de recevoir le César du meilleur acteur de l'année. Il sera deux fois nommé pour un second rôle dans Subway de Luc Besson (1986) et dans Uranus du roman éponyme de Marcel Aymé, adapté par Claude Berri (1991). En 1983, suite au décès de Louis de Funès, c'est lui qui endosse le rôle de Jean-Robert Bourdelle, dit "Papy" dans  Papy fait de la résistance de Jean-Marie Poiré avec Christian Clavier et Jacqueline Maillan

Michel Galabru est de ceux qui, par leur seule présence, sauvent un dialogue, voire, le film. Avec humour, il reconnaît avoir tourné beaucoup de mauvais films pour l'argent... "quand les huissiers frappaient à ma porte et qu'un bon navet me faisait plaisir". Rien d'étonnant à ce que sa filmographie s'étire sur plus de deux cents films.

Des applaudissements mérités

A côté de cette prolifique et pas toujours glorieuse carrière cinématographique, il nourrit sa passion pour le théâtre. Ainsi, il triomphe sur les planches dans La femme du boulanger, mis en scène par Jérôme Savary où il reprend le rôle de Raimu et Le bourgeois gentilhomme, en 1986-1987. Une passion que Galabru entend perpétuer : en 1985, il reprend le Théâtre de Dix Heures qui sert de levier aux jeunes comédiens. Un théâtre parisien porte désormais son nom : le Montmartre-Galabru.

A 85 ans, il reçoit le Molière du meilleur acteur pour son rôle dans la pièce Les Chaussettes - opus 124. Cette récompense donne du baume au cœur à l'acteur trop souvent boudé par la critique. Il lâche, les larmes aux yeux : "J'ai l'impression ce soir de mériter un peu ces applaudissements". La même année en 2008, il est au générique de Bienvenu chez les Ch'tis de Dany Boon.
 
Michel Galabru est un infatigable, il continue d'enchaîner les films Le Petit Nicolas et Poison violent tout en jouant au théâtre dans Chat en poche une pièce mise en scène par son fils Jean Galabru. Bien que discret sur sa vie privé, il s'est aussi raconté dans un livre Trois petits tours et puis s'en vont.

Par Véronique BUONOMANO le 15 octobre 2010 à 16:29
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