- Retour en images sur la carrière de MAM - 02 min 02 s
Michèle Alliot-Maire est née le 10 septembre 1946 à Villeneuve-le-Roi du Val-de-Marne. Universitaire de profession, docteur en droit et maître de conférence à l'université Paris-I, elle est également diplômée en ethnologie. Elle devient députée RPR des Pyrénées-Atlantiques en 1986, avant d'être réélue en 1993 et 1995. Elle siège au Parlement européen de 1989 à 1992.
Nommée secrétaire d'Etat chargée de l'Enseignement dans le gouvernement de Jacques Chirac de 1986 à 1988, elle retrouve une fonction au gouvernement en tant que ministre de la Jeunesse et des Sports dans le gouvernement d'Edouard Balladur de 1993 à 1995. Elle assume la présidence du RPR, le parti chiraquien, de 1999 à 2002, et se montre très réticente au moment des élections présidentielles à l'idée d'une fusion de la droite et du centre dans un parti unique, l'UMP, avant de s'y rallier en septembre.
Une femme influente
En 2002, elle devient la première ministre de la Défense. Elle ne tarde pas à y faire ses preuves : à Karachi, au Pakistan, des ressortissants français sont victimes d'un attentat. La ministre s'y rend immédiatement et organise le rapatriement des victimes. Elle doit également faire face à un certain nombre de crises internationales. Elle est amenée à défendre la position de la France face à l'Américain Donald Rumsfeld sur la question irakienne, ou à gérer la crise ivoirienne à partir de novembre 2004.
En cinq ans, dans cet univers d'hommes, MAM réussit à s'imposer plus par son style que par ses réformes. Ses sahariennes sont restées aussi célèbres que son allure martiale lorsqu'elle passait en revue les troupes. Sur le fond des dossiers, elle se targuait d'avoir maintenu le capbudgétaire de la loi de programmation militaire 2003-2008. Dans le classement 2006 des cent femmes les plus influentes du monde, publié par le magazine américain Forbes, la ministre de la Défense figurait en 57e place, signe d'une reconnaissance internationale.
Candidate à la candidature
Femme d'ambition, MAM aurait voulu se lancer dans la course à la présidence de la République en 2006. Mais, comme Christine Boutin, elle se retire fin 2006, avant le vote des militants, laissant la voie libre à Nicolas Sarkozy. Plusieurs fois pressentie comme Premier ministre ces dernières années, Michèle Alliot-Marie est passée du portefeuille de l'Intérieur dans les trois gouvernements Fillon à celui de la Justice où elle remplace Rachida Dati.
A l’Intérieur, de 2007 à 2009, son premier dossier est la fusion des ex-RG (Renseignements généraux) et DST (direction de la surveillance du territoire), en créant le 1er juillet 2008 la DCRI, la Direction centrale du renseignement intérieur. MAM met également en place le rattachement budgétaire de la gendarmerie nationale au ministère de l'Intérieur. Son nom restera attaché à plusieurs mesures techniques, comme l'adoption du passeport biométrique ou la mise en place d'un nouveau système d'immatriculation des véhicules.
En 17 mois à la Chancellerie, Michèle Alliot-Marie poursuit la réforme de la procédure pénale, sans pour autant l’achever. La très controversée suppression du juge d'instruction est reportée sine die. La réforme de la garde à vue ira en revanche jusqu’au Parlement. Durant cette période, MAM doit à de nombreuses reprises défendre ses prérogatives face à Brice Hortefeux, ce qui ne la rend pas pour autant plus populaire auprès des magistrats. La fin de son passage place Vendôme est marquée par la mise en cause d'un de ses proches conseillers, David Sénat, accusé de fuites à la presse dans l'affaire Bettencourt.
Vacances tunisiennes
Un temps pressentie comme Premier ministre en remplacement de François Fillon pendant l'été 2010, Michèle Alliot-Marie a failli faire les frais de l'affaire David Sénat lors du remaniement qui suit. Elle se retrouve finalement à la tête de la Diplomatie française, succédant à Bernard Kouchner un peu par hasard, plusieurs autres ténors de la majorité ayant refusé le poste. D'emblée, MAM veut recadrer des diplomates laissés à eux-mêmes par son prédécesseur et entend se battre pour redonner au Quai d'Orsay des moyens d'action, notamment budgétaires.
Mais deux mois après son arrivée, ses vacances controversées en Tunisie alors que le régime sombre, fin 2010, et son offre maladroite d'une coopération policière au régime Ben Ali détruisent sa crédibilité. Son premier et seul voyage important, en janvier au Proche-Orient, est marqué par des manifestations hostiles à Gaza après des déclarations qui lui ont été attribuées à tort. Ces erreurs à répétition lui coûteront son portefeuille le 27 février 2011.
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