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Mohamed Morsi

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La confrérie des Frères musulmans du président destitué Mohamed Morsi vient d'être classée "organisation terroriste" par le gouvernement égyptien.

La confrérie des Frères musulmans du président destitué Mohamed Morsi vient d'être classée "organisation terroriste" par le gouvernement égyptien. /

PORTRAIT - Premier président élu démocratiquement en Egypte en 2012 à l'issue des révoltes arabes, l'islamiste Mohamed Morsi sera destitué un an plus tard par l'ex-chef de l'armée, le général Abdel Fattah al-Sissi après avoir déçu la population égyptienne.

Mohamed Morsi, vainqueur en juin 2012 de la première présidentielle organisée en Egypte depuis la chute d'Hosni Moubarak avec  51,7% des voix face à Ahmad Chafiq, un cacique du régime militaire déchu, a cherché durant sa campagne à gommer son image d'apparatchik islamiste pour se poser en champion du changement et du rassemblement au delà de sa confrérie des Frères musulmans.

Il leur doit tout, y compris quelques mois de prison. Ingénieur diplômé d'une université américaine, Mohamed Morsi, né en 1951, marié et père de cinq enfants, a consacré le plus clair de son activité aux Frères musulmans.  Il a été élu député en 2000 puis réélu en 2005, avant d'être emprisonné pendant sept mois pour avoir participé à une manifestation de soutien à des magistrats réformistes. En 2010, il devient porte-parole de la confrérie et membre de son bureau politique.

Il n'est pourtant qu'un second choix en 2012. Surnommé la "roue de secours" car il remplace au pied levé le candidat invalidé de la confrérie,  le peu charismatique Morsi pose en costume bleu avec un regard timide sur ses affiches qui le montrent au côté d'Egyptiens, dont une femme en niqab (voile intégral), une autre portant le foulard et une non-voilée, ou encore un pope copte.

Islamiste... modéré

Sur la défensive lors de ses premières apparitions publiques, il prend de l'assurance et du mordant, bénéficiant en outre de l'immense réseau militant des Frères musulmans.  Devant faire face à plusieurs dissidents se définissant également islamistes, Mohamed Morsi se présente comme le "seul candidat avec un programme islamiste", partisan d'un "projet de renaissance" fondé sur les principes de l'islam. Il souhaite par exemple des relations "plus équilibrées" avec Washington et menace de revoir le traité de paix avec Israël si les Etats-Unis bloquent leur aide à l'Egypte. 

Promesses de préserver les acquis de la "révolution", de garantir les droits de la minorité chrétienne et de ne pas forcer les femmes à porter le voile : il multiplie les assurances pour séduire au-delà de son électorat. Il s'engage à travailler "main dans la main avec les Egyptiens pour un avenir meilleur, pour la liberté, la démocratie et la paix". "Je suis le président de tous les Egyptiens sans exception", quelle soit leur obédience ou leur religion, lançait-il dans son premier discours de chef d'Etat.

"Marionnette"

Puis, après avoir contribué à un certain état de grâce durant ses premiers mois  de présidence, l'ancien ingénieur alors âgé d'une soixantaine d'années, s'attire rapidement les foudres d'une grande partie de la  population qui l'accuse d'être une "marionnette" aux mains des Frères en les aidant à accaparer tous les pouvoirs, tout en étant incapable de rétablir la  sécurité ou de relancer une économie à genoux.
 
Dans un pays sous la férule de l'armée depuis des décennies, les pro-Morsi soulignent qu'il a tenté d'évincer les militaires des principaux rouages de  l'Etat, ce qui a causé sa perte. Les crises se succèdent, et un an après son élection, le 30 juin 2013, des millions d'Egyptiens descendent dans la rue pour réclamer son départ.

Condamné à mort

Son tombeur, l'ex-chef de l'armée, le général Abdel Fattah al-Sissi, invoque ce mouvement pour justifier la destitution de Morsi trois jours plus tard et lancer une sanglante répression contre ses partisans. Policiers et soldats auraient tué plus de 1400 manifestants pro-Morsi en quelques mois. Des centaines ont été condamnés à mort, dans des procès de masse expéditifs, qualifiés par l'ONU de "sans précédent dans l'Histoire récente" du monde. Le 16 mai 2015, l'ex-président islamiste est condamné à mort en première instance avec une centaine d'autres accusés.

Aujourd'hui, ses détracteurs retiennent ses discours interminables souvent inintelligibles et ses maladresses et gaffes protocolaires lors des rencontres  avec des chefs d'Etat.

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