Ses colères, à l'antenne, resteront. Ses coups de cœur, son impatience, sa verve mi-poétique, mi-gouailleuse, ses piques à l'acide aussi. Pas vrai, Tintin ? Pascal Sevran, qui pendant 16 ans anima la Chance aux chansons, s'est éteint des suites d'un cancer, le 9 mai 2008, à l'âge de 62 ans, à Limoges. Célébrités ou anonymes, les hommages sont nombreux pour celui qui s'était fait fort de découvrir les (nouveaux) talents de la chanson française, dès 1984 sur TF1 puis France 2.
Né le 16 octobre 1945 d'un chauffeur de taxi et d'une couturière encartés au Parti communiste, celui qui s'appelle encore Jean-Claude Jouhaud n'est guère passionné par les études et leur préfère la chanson ou, plutôt, le monde de la chanson. A peine âgé de 15 ans, las des heures longues et sans paillettes de la vie de banlieue, il décide de "monter" dans la capitale et d'y approcher les étoiles. Il y décroche un boulot de garçon-coiffeur pour assurer sa croûte.
L'ami de Dalida
L'écrivain et philosophe Emmanuel Berl le prend sous son aile. Mais c'est surtout l'épouse de ce dernier et son entourage qui font rêver le jeune homme : et pour cause, Mireille est une star du petit écran et ses cours télévisés du Petit Conservatoire de la chanson, voient passer la plupart des célébrités françaises : de Hugues Aufray à Françoise Hardy en passant par Alice Dona, Yves Duteil ou Daniel Prévost. Pascal Sevran y apprend le métier d'artiste.
Un métier qu'il pratiquera peu sur scène en fin de compte. S'il sort quelques disques et se produit sur le tard à l'Olympia, la chanson française lui doit surtout quelques titres que d'autres interpréteront. Dans les années 70, il se lie d'amitié avec Dalida pour qui il écrit Il venait d'avoir 18 ans ou Comme disait Mistinguett. Orlando, le frère de la star, lui fera enregistrer son premier 45-tours, Les petits Français, paru en 1973.
De Mitterrand à Sarkozy
Dalida lui fait rencontrer François Mitterrand qui n'est alors que candidat à la présidence de la République. En 1981, Sevran célébrera la victoire de la gauche aux côtés de Tonton. On le voit plusieurs fois accompagnant le chef de l'Etat à Solutré, pour la grand-messe annuelle de la mitterrandie. Son attachement à la gauche s'estompera à la mort de Mitterrand et l'animateur-vedette en viendra même à afficher une franche sympathie pour l'actuel président, Nicolas Sarkozy.
Animateur de radio, directeur de collection chez Pathé, producteur de télévision, Pascal Sevran fut également un auteur prolifique. Son roman Le passé supplémentaire a obtenu en 1979 le prix Roger-Nimier. Au soir de sa vie, l'homme avait à son actif plus d'une vingtaine d'ouvrages, romans, mémoires et essais sur de multiples sujets. Son amour pour les lettres lui vaut aussi d'animer une émission sur la chaîne gay, Pink TV. Il ne fait pas mystère de son homosexualité. La disparition de son compagnon lui inspire un émouvant La Vie sans lui.
Jonquilles fanées
Fin 2006, un passage de son dernier livre, Le privilège des jonquilles, ternira durablement son image. Il y fait, brutalement, le rapprochement entre la démographie et les famines au Niger et accuse de "crime contre l'humanité" le fait d'y "faire des enfants" : "la mort est au bout de leur bite", écrira-t-il, passant du club des gentils réac au camp des racistes. Sevran s'en défend, dénonce la manipulation de ses propos, trouve de nombreux soutiens dans le showbiz et la classe politique. Ce scandale lui vaudra "une très ferme mise en garde" de son dernier employeur, France 2 et d'être épinglé par le rapporteur spécial des Nations Unies sur le racisme.
Un an plus tard, les fans vieillissants de Pascal Sevran apprennent que Chanter la vie (l'émission qui succède à La Chance aux chansons) ne sera plus programmé à l'antenne de France Télévision. Quoiqu'on en dise à l'époque, le scandale ou la mode n'auront pas eu raison de l'animateur. Il espérait d'ailleurs revenir à l'écran pour une série de portraits d'artistes. Seule la maladie, qu'il ne voulait pas nommer cancer, lui aura refusé cette ultime révérence.
Né le 16 octobre 1945 d'un chauffeur de taxi et d'une couturière encartés au Parti communiste, celui qui s'appelle encore Jean-Claude Jouhaud n'est guère passionné par les études et leur préfère la chanson ou, plutôt, le monde de la chanson. A peine âgé de 15 ans, las des heures longues et sans paillettes de la vie de banlieue, il décide de "monter" dans la capitale et d'y approcher les étoiles. Il y décroche un boulot de garçon-coiffeur pour assurer sa croûte.
L'ami de Dalida
L'écrivain et philosophe Emmanuel Berl le prend sous son aile. Mais c'est surtout l'épouse de ce dernier et son entourage qui font rêver le jeune homme : et pour cause, Mireille est une star du petit écran et ses cours télévisés du Petit Conservatoire de la chanson, voient passer la plupart des célébrités françaises : de Hugues Aufray à Françoise Hardy en passant par Alice Dona, Yves Duteil ou Daniel Prévost. Pascal Sevran y apprend le métier d'artiste.
Un métier qu'il pratiquera peu sur scène en fin de compte. S'il sort quelques disques et se produit sur le tard à l'Olympia, la chanson française lui doit surtout quelques titres que d'autres interpréteront. Dans les années 70, il se lie d'amitié avec Dalida pour qui il écrit Il venait d'avoir 18 ans ou Comme disait Mistinguett. Orlando, le frère de la star, lui fera enregistrer son premier 45-tours, Les petits Français, paru en 1973.
De Mitterrand à Sarkozy
Dalida lui fait rencontrer François Mitterrand qui n'est alors que candidat à la présidence de la République. En 1981, Sevran célébrera la victoire de la gauche aux côtés de Tonton. On le voit plusieurs fois accompagnant le chef de l'Etat à Solutré, pour la grand-messe annuelle de la mitterrandie. Son attachement à la gauche s'estompera à la mort de Mitterrand et l'animateur-vedette en viendra même à afficher une franche sympathie pour l'actuel président, Nicolas Sarkozy.
Animateur de radio, directeur de collection chez Pathé, producteur de télévision, Pascal Sevran fut également un auteur prolifique. Son roman Le passé supplémentaire a obtenu en 1979 le prix Roger-Nimier. Au soir de sa vie, l'homme avait à son actif plus d'une vingtaine d'ouvrages, romans, mémoires et essais sur de multiples sujets. Son amour pour les lettres lui vaut aussi d'animer une émission sur la chaîne gay, Pink TV. Il ne fait pas mystère de son homosexualité. La disparition de son compagnon lui inspire un émouvant La Vie sans lui.
Jonquilles fanées
Fin 2006, un passage de son dernier livre, Le privilège des jonquilles, ternira durablement son image. Il y fait, brutalement, le rapprochement entre la démographie et les famines au Niger et accuse de "crime contre l'humanité" le fait d'y "faire des enfants" : "la mort est au bout de leur bite", écrira-t-il, passant du club des gentils réac au camp des racistes. Sevran s'en défend, dénonce la manipulation de ses propos, trouve de nombreux soutiens dans le showbiz et la classe politique. Ce scandale lui vaudra "une très ferme mise en garde" de son dernier employeur, France 2 et d'être épinglé par le rapporteur spécial des Nations Unies sur le racisme.
Un an plus tard, les fans vieillissants de Pascal Sevran apprennent que Chanter la vie (l'émission qui succède à La Chance aux chansons) ne sera plus programmé à l'antenne de France Télévision. Quoiqu'on en dise à l'époque, le scandale ou la mode n'auront pas eu raison de l'animateur. Il espérait d'ailleurs revenir à l'écran pour une série de portraits d'artistes. Seule la maladie, qu'il ne voulait pas nommer cancer, lui aura refusé cette ultime révérence.
Retour MYTF1
Chargement en cours...
0 commentaire




Toutes les biographies




