Comme de nombreux guérillero de l'ex- rébellion du Front patriotique rwandais (FPR), la personnalité de Paul Kagame s'est forgée pendant son exil en Ouganda, où sa famille tutsi a fui dans les années 60 pour échapper aux pogroms. Il n'avait alors que trois ans. Mais, bien qu'à l'abri des massacres, les réfugiés y subissent discriminations et persécutions, ce qui nourrit le mythe d'un retour dans la mère patrie.
Après avoir fait ses armes au sein de la rébellion ougandaise du futur président Yoweri Museveni, Paul Kagame lance le FPR depuis l'Ouganda avec d'autres exilés tutsi rwandais. En 1994, il n'a que 36 ans en quand, à la tête du FPR, il chasse les extrémistes hutu du Rwanda, met fin au génocide et prend le pouvoir.
Soutien de la communauté internationale, tensions avec la France
Chef de guerre redouté, il est alors sans doute le seul leader international à avoir suivi une formation militaire à la fois aux Etats-Unis et à Cuba. Vice-président et ministre de la Défense après 1994, il tient de facto les rênes d'un pays en ruine et à reconstruire de zéro.
Elu avec 95% des voix à la première élection présidentielle post-génocide de 2003, Paul Kagame continue alors de mettre en œuvre un programme volontariste de développement économique, axé sur les services, les nouvelles technologies et la modernisation de l'agriculture. Il a pour cela le soutien de la communauté internationale, malgré des frictions avec la France sur le rôle de Paris pendant le génocide. Les relations diplomatiques entre les deux pays seront même rompues entre 2006 et 2010.
Controverse
Tous ceux qui ont fréquenté l'homme fort du "nouveau Rwanda", père de quatre enfants, le décrivent comme une personnalité hors du commun. Mais le gouffre surprend toujours entre ses critiques qui dénoncent inlassablement sa volonté de museler la presse comme l'opposition, et ses thuriféraires, souvent économistes et experts internationaux, qui louent sa "vision du développement pour le pays et ses nombreuses réalisations.
En août 2010, sa réélection sans surprise, avec comme en 2003 un score "à la soviétique" (93%), confortera les deux camps dans leurs avis divergents.
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