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Peter Jackson

Peter Jackson / Crédits : GOFF INF / AGENCE ANGELI

Biographie de Peter Jackson

Né(e) le : 31/10/1961

De Créatures célestes au Seigneur des anneaux, Peter Jackson est un cinéaste au talent protéiforme...

Après le triomphe du Seigneur des anneaux et le superbe remake de King Kong, la sortie du plus intimiste Lovely Bones aurait pu surprendre. Ça serait sans compter sur le talent protéiforme du grand Peter Jackson (P.J pour les intimes). Passionné de cinéma, il s'illustre d'abord en réalisant des petits chefs-d'oeuvres horrifiques, fauchés et bourrés d'humour noir (Bad Taste). Continuant à développer une verve qui n'appartient qu'à lui, ce garnement génial et plein de mauvais esprit allait récidiver (avec Les Feebles et Braindead). Bientôt, Hollywood lui fait les yeux doux (avec Fantômes contre fantômes). Mais jamais Peter n'a transigé. Il a su garder son indépendance artistique et créer une oeuvre selon ses inspirations admirablement variées (avec le plus intimiste Créatures célestes ou réalisant une certaine triologie inspirée de Tolkien). Il est assurément l'un des très grands créateurs du cinéma contemporain, l'héritier d'un Spielberg (avec qui il collaborera d'ailleurs pour l'adaptation de Tintin).



Le bon goût d'un mauvais esprit


L'histoire commence le 31 octobre 1961, lorsque Peter naît le jour d'Halloween (ça ne s'invente pas), dans une petite bourgade non loin de Wellington en Nouvelle-Zélande. A huit ans, ses parents lui offrent sa première caméra super 8. C'est le détonateur pour le garçon, admirateur du premier King Kong et du maitre des effets spéciaux Ray Harryhausen (qui a fait des merveilles dans Jason et les argonautes). Il fait ses premiers essais, apprend les techniques du cinéma en autodidacte. En 1983, il se fait remarquer avec un premier court-métrage, Roast of the day.


Il peut ainsi financer son premier film, qu'il peaufinera pendant quelques années et qui deviendra Bad Taste en 1987. Il y assume beaucoup de casquettes (acteur, producteur, supervise les effets spéciaux...). Il impose surtout son univers singulier, une forme d'humour noir et sanglant qui sera la marque de ses premières oeuvres. Il sublime en effet le mauvais goût et organise des déchaînements de violence hilarants et salvateurs.  En 1991, ce maître de l'irrévérence poursuit son chemin en livrant une parodie trash des glorieux Muppets, Les Feebles, où les marionnettes sont abjectes,vicieuses et totalement dépravées. Jusqu'au-boutiste, pas politiquement correct du tout, potache à l'occasion et surtout totalement déjanté, le mauvais esprit de Peter est tout simplement admirable.


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Enfin arrive un sommet du genre, jouissif et sans entraves, le merveilleux Braindead en1993. Ici tout est permis : les bébés mutants se font sérieusement malmener, une mère castratrice passe un sale quart d'heure... de quoi choquer le bourgeois et faire exulter des hordes de geeks, avides d'épouvante et de dérision. Un délire gore devenu culte (à rapprocher des oeuvres horrifiques qui marquèrent les débuts de Sam Raimi). Jackson revisite le film d'horreur avec un humour absolument décomplexé, faisant de Braindead un authentique plaisir coupable (et bien sanglant). Mais au delà de sa dimension provocatrice, chaque plan est maîtrisé et on sent un réalisateur déjà familier de chacun des aspects de son art, même s'il travaille encore avec des moyens relativement modestes.


Création céleste


Peter Jackson ne se limitera donc pas au genre horrifique et drôlatique qui l'a fait connaître. Il changera de registre avec le brio qui le caractérise en réalisant Créatures célestes en 1996. Le film se fonde sur l'histoire vraie de deux amies inséparables, jeunes filles marginales et unies par un lien passionné, une complicité exclusive qui les conduit au meurtre. Elles se réfugient dans leur monde imaginaire et fantasmatique et peu à peu se laissent emporter par leur folie.


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Dans les séquences oniriques, on ressent la fascination de Jackson pour les contes merveilleux. Ecrit avec sa compagne Fran Walsh, sa sensibilité complexe et nuancée se dévoile. Tourné à partir des journaux intimes des jeunes filles, on partage leur univers, irréel et détraqué, leur perception altérée de la réalité. Une actrice est révélée par ce long-métrage : la jeune et prometteuse Kate Winslet. Le changement de cap est drastique pour le réalisateur (à cette époque reconnu comme un maître du gore) et il récoltera pour ce film une flopée de récompenses (dont le Lion d'argent à Venise).


A la suite de cela, la réputation de Peter Jackson dépasse largement les frontières de son île natale. Pourtant il ne se laissera pas happer par la grosse machine hollywoodienne et continuera d'oeuvrer dans une relative indépendance, tournant Fantôme contre Fantômes à l'aide de la société d'effets spéciaux qu'il a fondée, nommée Weta. Il garde également le contrôle sur son montage, ce qui n'est pas évident pour les réalisateurs étrangers cédant aux sirènes du rêve américain. De fait, on retrouve sa marque : cette manière de faire du cinéma fantastique avec allégresse. Il garde sa personnalité et ne se compromet pas en réalisant, en 1997, cette variation réjouissante autour du thème classique de la maison hantée.


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Un peu auparavant, dans la lignée des brillants faux documentaires d'Orson Welles (dont l'ombre planait -au sens propre-dans Créatures célestes), il a raconté l'histoire d'un malheureux pionnier du cinéma dans Forgotten silver. Mais il a en tête en débarquant à Hollywood, un projet monumental qui va l'imposer comme l'un des plus grands cinéastes de notre époque.


Précieuse trilogie


On l'a vu, Peter Jackson n'a jamais eu peur des ruptures de ton ni des paris risqués. C'est un enthousiaste et un passionné qui défend ses projets avec une ténacité viscérale. Même si Fantôme contre Fantômes n'a pas rencontré le succès escompté, il s'est vu proposer l'adaptation d'une oeuvre qui le fascine depuis longtemps : Le Seigneur des anneaux de J.R.R Tolkien. Mais il s'agit pour lui de ne surtout pas en trahir l'esprit. Il sera donc inflexible, exigeant de tourner trois films pour rendre justice à l'oeuvre originale. Le voyant absolument rétif à dévier de cette intention première, les studios refusent ce projet fou, les uns après les autres. Jackson parvient à ses fins grâce à New Line, et son aventure en Terre du Milieu peut commencer.


Affiche du film Le Seigneur des anneaux : la communauté de l'anneau


Le tournage est de grande envergure, puisqu'il s'agit de tourner les trois volets en même temps à partir de 1999. Une oeuvre majeure est en marche, chacun peut en mesurer l'impact à la sortie du Seigneur des anneaux: la communauté de l'anneau en 2001. La mise en scène de Jackson est pleine de souffle, célèbre les paysages sublimes de la Nouvelle-Zélande et fait un usage magistral des effets spéciaux. On n'a pas vu de réalisation de cette ampleur depuis bien longtemps. Les séquences atteignent une portée lyrique et poétique (la chevauchée d'Arwen en est un exemple), qui rappellent fort les grands maîtres de jadis, comme Cecil B. DeMille. Les décors, tous sublimes et tels qu'on les imaginait à la lecture du livre, comblent les fans les plus exigeants. L'Heroic fantasy et son récit fondateur trouvent enfin un écrin à leur démesure. On retrouve dans Le Seigneur des anneaux: les Deux tours, la grande passion de Jackson pour les films de guerre : il articule son récit comme un grand crescendo pour aboutir à la bataille du gouffre de Elm. Le personnage de Gollum est également un exploit technique et une grande réussite. Enfin, il y a la conclusion grandiose, avec Le Seigneur des anneaux: le Retour du roi, le volet que le cinéaste a eu le plus grand plaisir à tourner, lui permettant d'exploiter et de résoudre tous les enjeux narratifs de la saga.


Parfaitement menés à bien, avec une intégrité et une absence de compromis exemplaires, ces films demeurent un grand moment héroïque, imposant notamment Viggo Mortensen comme un roi de cinéma ultime. Ses pairs reconnaissant l'ambition inédite de la tâche. L'oeuvre de Jackson finit par rejoindre au firmament hollywoodien les plus inoubliables classiques (Autant en emporte le vent ou Ben Hur) notamment grâce à la multitude d'Oscars qu'il récolte. Peter Jackson s'impose comme un créateur visionnaire et un conteur hors normes.


Révérence à ses références


Il réalise ensuite un autre rêve de gosse : revisiter son influence majeure et rendre hommage au film dont il s'est constamment inspiré. Il le récréait dans les films de son enfance et l'aberrante créature au début de Braindead venait déjà de Skull Island... Ainsi il a enfin les moyens de se colleter au classique de Ernest B. Schoedsach et Merian C. Cooper en mettant en scène sa version de King Kong en 2005.


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Respectueux comme toujours du matériau originel, Jackson place son récit dans le contexte des années 30, recréant avec faste le New York d'alors. A la légendaire Fay Wray succède Naomi Watts dont le sort va bientôt être lié au gorille géant. Skull island fourmille de ces créatures carnassières et inquiétantes comme Jackson les affectionne. La poursuite avec les T-Rex, les combats de Kong avec cette faune hostile ravivent des frissons tels qu'ont pu en ressentir les spectateurs découvrant les prouesses du film datant de 1933. Le final au sommet de l'Empire State building tient toutes ses promesses. La romance entre l'auteur incarné par Adrien Brody et la blonde héroïne rappelle ce qui faisait la grandeur des chefs-d'oeuvres d'antan. Andy Serkis qui avait déjà fait des merveilles en interprétant Gollum, prête sa gestuelle au primate légendaire, tandis que Jack Black campe une sorte d'Orson Welles halluciné et roublard, cinéaste obsessionnel en quête d'aventures. L'oeuvre finale est grandiose et d'une extrême révérence pour le travail de Cooper. Le réalisateur a ici orchestré un hommage somptueux.


Un moment envisageant d'adapter le jeu vidéo Halo pour le cinéma, Peter Jackson abandonne finalement ce projet pour produire le génial District 9 de Neil Blomkamp. Longtemps envisagé et après un épisode judiciaire l'opposant à New Line qui en détenait les droits, Jackson reviendra en Terre du Milieu pour adapter Bilbo le hobbit dont il a confié la réalisation à Guillermo Del Toro. Lovely Bones est un intermède entre ses projets pharaoniques, revenant à un esprit proche de Créatures Célestes.


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Peter Jackson a des visages multiples, des inspirations hétéroclites qui ne cessent de renouveler son cinéma et de le nourrir. Ainsi, on peut retrouver sa passion du fantastique en forme de clin d'oeil. On sent qu'il a toujours à l'esprit des oeuvres qui le passionnent (cet aspect trouvant son paroxysme avec King Kong). Il évolue sans jamais se renier.


Grâce à son enthousiasme contagieux, ce cinéaste vous transporte dans l'extraordinaire et l'irréel, même au sein de récits plus conventionnels (les rêveries des filles de Créatures célestes, ou la jeune héroïne de Lovely bones qui observe ses proches après sa mort). Si l'on parle souvent de magie du cinéma (un peu à tort et à travers),c'est grâce à des créateurs de sa trempe, qui vous transmettent leur émerveillement inaltérable devant ce septième art qu'ils rendent fascinant par leurs trouvailles et leurs audaces.

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