L'affaire Florence Cassez

Par Marlène ANDREZO, le 05 mai 2009 à 10h24 , mis à jour le 22 mars 2012 à 11h09

Florence Cassez, une Française, est retenue au Mexique depuis décembre 2005. Condamnée à 60 ans de prison, elle clame son innocence.

Mots-clés :
Florence Cassez Florence Cassez, condamnée en appel à 60 de prison. © TF1/LCI
  • Nom : Cassez
  • Prénom : Florence
  • Né(e) le : 01 janvier 1974 - à : Beuvry
  • Française

Biographie

Florence Cassez, originaire du Pas-de-Calais, se trouve dans la prison pour femmes de Tepepan à Mexico depuis le 9 décembre 2005. Elle est accusée d'avoir participé à des séquestrations et d'appartenir à un réseau de crime organisé. Elle était la petite amie d'Israël Vallarta, l'un des chefs d'une bande de kidnappeurs, les" Zodiacos". Sa famille la dit victime d'une machination.
 
8 décembre 2005 : Séparée de son compagnon Israël Vallarta, Florence Cassez part récupérer des meubles dans le  ranch de ce dernier dans le sud de Mexico. Sur le chemin du retour, ils sont arrêtés tous les deux par l'Agence fédérale d'investigation (AFI). Israël Vallarta est considéré comme le chef d'une bande criminelle qui séquestrait ses victimes dans son ranch "Las chinitas".
 
9 décembre 2005 : Une vidéo de l'arrestation des accusés est diffusée à la télévision. Mais il s'agit en fait s'agit d'une opération de communication de l'AFI : le document a été rejoué et filmé après l'interpellation. Florence Cassez est inculpée de" délinquance en bande organisée, d'enlèvements et de séquestrations, de port d'arme et de munitions".
 
L'impact médiatique et la pression politique jouent contre elle. Deux victimes changent leur témoignage après la diffusion de la vidéo à la télévision. Elles l'identifient comme l'un de leurs geôliers, alors qu'auparavant elles ne reconnaissaient ni la voix ni son physique.
 
5 février 2006 : Lors d'une émission politique, la journaliste chargée du sujet, qui relève la manipulation,  interroge le directeur de l'AFI et un fonctionnaire du parquet sur les différences de dates entre l'arrestation et le reportage reconstitué.  Tous deux nient. Depuis sa prison, Florence Cassez téléphone à l'émission et assure avoir été arrêtée le 8 décembre, démentant les propos des officiels. "Je n'ai jamais pensé que j'étais en direct sur le plateau", déclare t-elle plus tard.
 
Avril 2008 : A l'issue de son procès, Florence Cassez est jugée coupable et condamnée à 96 ans de prison. Ses avocats Frank Berton et Augustin Acosta font immédiatement appel en s'appuyant sur "un dossier vide et des vices de procédures". Les témoignages contradictoires des victimes ne sont pas clairs. Son ex-petit ami l'innocente.
 
20 décembre 2008 : Sous l'impulsion des députés UMP Thierry Lazaro et PS Fréderic Cuvillier, maires de Phalempin et Boulogne-sur-Mer, une mobilisation d'élus est engagée. Plus de 160 parlementaires rejoignent le mouvement de soutien à Florence Cassez, "pour réclamer que justice soit rendue".
 
3 mars 2009 : La condamnation de Florence Cassez est confirmée en appel. Sa peine est ramenée à 60 ans de détention. Depuis sa cellule, elle fait part de sa "totale détresse". De désespoir, la famille Cassez en appel au président de la République.
 
7-9 Mars 2009 : Alors que la médiatisation de l'affaire est à son extrême dans les deux pays, Nicolas Sarkozy se rend en visite officielle au Mexique. Lors d'une conférence de presse en compagnie de son homologue, Felipe Calderon, il réclame l'application du traité international de Strasbourg permettant le transfèrement de la détenue dans une prison française pour purger sa peine. Une commission bilatérale composée de juristes franco-mexicains est mise en place pour examiner l'application de ce traité.
 
13 mars 2009 : Les parents de Florence Cassez, accompagnés de l'avocat Frank Berton, sont reçus à l'Elysée pour un compte-rendu de la visite de Nicolas Sarkozy au Mexique.
 
27 avril 2009 : Frank Berton contacte l'Elysée pour solliciter une demande de rapatriement sanitaire en raison des risques du virus de la grippe mexicaine. Le moral de la détenue est au plus bas. Elle refuse de porter le masque que la prison lui propose. Son avocat se dit prêt à demander à la France de saisir la Cour internationale de justice (CIJ) à La Haye si le Mexique refuse d'appliquer le transfèrement.
 
Fin avril 2009 : Les prochaines élections législatives partielles au Mexique, prévues le 5 juillet, fragilisent le sort de Florence Cassez. Felipe Calderon compte en effet sur une opinion publique acquise à la thèse de la culpabilité la détenue. L'espoir d'un rapatriement semble s'éloigner. La presse mexicaine s'est fait récemment l'écho de rumeurs sur l'opposition de la part des membres mexicains de la commission bilatérale au transfèrement.
 
Physiquement et psychologiquement affaiblie, elle fonde tous ses espoirs sur Nicolas Sarkozy. "Je suis une otage politique", affirme-t-elle. "Je n'en peux plus de pourrir là ou je suis... je n'en peux plus... j'ai l'impression que la France m'a oubliée. Aujourd'hui, je ne crois plus en rien".
 
3 mai 2009 : Florence Cassez "supplie" Nicolas Sarkozy de la rapatrier pour raisons sanitaires. Elle estime ne pas être protégée de l'épidémie de grippe mexicaine.

22 juin 2009 : le président Calderon rejette un éventuel transfèrement de  Florence Cassez dans une prison française.

18 avril 2010 : le parquet reconnaît que la police a menti en faisant croire que la Française avait été arrêtée en direct le 9 décembre 2005.

30 août 2010 : les avocats de Florence Cassez déposent un pourvoi en  cassation.

30 novembre 2010 : l'ex-procureur général du Mexique (ministre de la  Justice), s'affirme "convaincu" de "l'innocence" de Florence Cassez, tout comme  l'Eglise catholique mexicaine.

10 février 2011 : la Cour de cassation rejette le recours déposé par les  avocats de Florence Cassez, rendant définitive sa condamnation aux yeux de la  justice mexicaine.

14 février 2011 : le gouvernement mexicain décide de se retirer de l'Année du Mexique en France, après la décision du président Sarkozy de "dédier" cet ensemble de manifestations à Florence Cassez.

7 mars 2011 : l'avocat mexicain de Florence Cassez annonce qu'il a déposé un recours en révision pour inconstitutionnalité devant la Cour suprême du  Mexique.

10 mars 2011 : la Première Chambre de la Cour suprême se déclare  compétente pour examiner ce recours.

7 mars 2012 : Rebondissement : un an après le recours, la Cour suprême indique que son rapporteur propose la  libération "immédiate et absolue" de Florence Cassez, en raison du non respect  de ses droits durant l'instruction.

21 mars 2012 : La première chambre de la Cour suprême rejette la proposition de "libération immédiate et absolue" de la Française. Les juges devront à nouveau se réunir faute d'avoir pu dégager une décision majoritaire sur l'issue à donner à ce dossier. La procédure prendra de long mois.

Par Marlène ANDREZO le 05 mai 2009 à 10:24
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.

Plus d'infos sur Florence Cassez

Plus d'actualités sur Florence Cassez
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      logAudience