Renaud van Ruymbeke est un de ces juges vedettes dont les initiatives ont parfois courroucé le pouvoir. Le juge d'instruction du pôle financier de Paris a notamment instruit l'affaire des frégates de Taïwan, dans laquelle il suspectait l'existence de rétrocommissions en France sur la vente de ces navires en 1991. Bloqué par le secret-défense opposé par Bercy, il avait conclu son enquête par un non-lieu. Au pôle financier de Paris, Renaud van Ruymbeke a également enquêté sur l'affaire Elf ou la fraude imputée au trader Jérôme Kerviel.
A l'automne 2010, il jette un nouveau pavé dans la marre quand il décide, contre l'avis du parquet, d'enquêter sur une plainte de familles de victimes de l'attentat de Karachi en 2002 dénonçant un financement illicite de la campagne d'Edouard Balladur avec le produit de rétrocommissions - toujours non démontrées - sur la vente de sous-marins au Pakistan.
Dès sa sortie de l'Ecole nationale de la magistrature en 1977, Renaud van Ruymbeke demande à instruire des affaires économiques et financières. Deux ans plus tard, le voici médiatisé par son enquête sur l'achat suspect d'un terrain à Ramatuelle, affaire dans laquelle apparaît le nom du ministre du Travail de Valéry Giscard d'Estaing, Robert Boulin. Il suivra à Rennes les affaires Urba-Sages et Trager sur le financement occulte du Parti socialiste.
Renaud van Ruymbeke se retrouve sur le banc des accusés en 2007 lorsqu'il comparaît devant le Conseil supérieur de la magistrature, après une enquête demandée par le ministre de la Justice Pascal Clément, pour avoir rencontré hors du cadre procédural Jean-Louis Gergorin, un ancien dirigeant d'EADS soupçonné d'être le corbeau dans l'affaire Clearstream.
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