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Roland Dumas

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Roland Dumas (gauche) ; Jacques Vergès (droite) - montage

Roland Dumas et Jacques Vergès / Crédits : www.abacapress.com

Biographie de Roland Dumas

Né(e) le : 23/08/1922 - LimogesAvocat, homme politique français

Le terme de "séducteur" semble avoir été inventé pour lui mais les péripéties judiciaires ont terni la fin d'une carrière politique brillante, entamée quarante ans plus tôt, à l'ombre de son grand ami, François Mitterrand.

De l'ambition, il en a fallu, au jeune résistant famélique monté à Paris en 1944, après la mort de son père Georges, fusillé par la Gestapo. Caché par une famille amie, Roland Dumas étudie le droit.  A la Libération, ses actions de résistance lui valent la Croix de guerre et la Croix du combattant volontaire. Il achève ses études de droit à Paris, complétées par un diplôme de la London School of Economics et une formation à l'Institut des Langues Orientales. Mélomane, amateur d'opéra, il envisage de devenir chanteur lyrique, travaille comme journaliste et finit par opter pour une carrière de ténor du barreau.

Son entrée dans le métier d'avocat le ramène à Limoges, en 1953.  Roland Dumas défend Georges Guingouin, futur maire communiste de Limoges, ancien chef de maquis, accusé de meurtre. Dumas parvient à prouver que Guingouin, ami de son père, surnommé "le Tito du Limousin", est victime d'une cabale politique. Un non-lieu est prononcé en 1959. L'avocat obtient aussi l'acquittement de Jean Mons, secrétaire-général de la défense, accusé de fuites au profit du PCF. L'affaire ébranla François Mitterrand, alors ministre de l'Intérieur du gouvernement Mendès-France.

Auréolé de ses combats judiciaires, il est élu député de Haute-Vienne en 1956, sur une liste socialiste dissidente. Il rencontre François Mitterrand dans les locaux de l'USDR (Union démocratique et socialiste de la Résistance) : le courant passe entre les deux hommes, ils deviendront bientôt inséparables.
 
Mitterrandiste inconditionnel

Mitterrand et Dumas vivent ensemble l'agonie de la IVe République et le retour du Général de Gaulle au pouvoir. Roland Dumas devient l'avocat de Mitterrand lors de l'affaire dite de l'Attentat de l'Observatoire, dans laquelle François Mitterrand fut accusé d'avoir fomenté un attentat contre lui-même. Mitterrand reconnaît en lui "un frère de ruse". La complicité est totale, malgré des différences d'appréciation, notamment sur le monde arabe et la décolonisation.

En pleine guerre d'Algérie, Roland Dumas défend les "porteurs de valises" du FLN; il est partie civile dans l'Affaire Ben Barka, l'affaire de l'opposant marocain kidnappé par la police française devant la brasserie Lipp à Paris en 1965 et dont le corps ne fut jamais retrouvé. Il est l'avocat du Canard Enchaîné contre Jacques Foccart, le Monsieur Afrique de l'Elysée, et plus tard, dans l'affaire des "plombiers du Canard" - scandale dit du Watergaffe, micros installés par la DST dans la rédaction de l'hebdomadaire - et contre la famille Giscard d'Estaing dans l'affaire des diamants de Bokassa.

Sa notoriété fait affluer les clients célèbres dans son cabinet : l'écrivain Jean Genet, le peintre Marc Chagall, le sculpteur Alberto Giacometti, le psychanalyste Jacques Lacan, le colonel Kadhafi. Dans les années 70, il devient l'ami de Pablo Picasso qui le rend juge du moment où l'Espagne sera suffisamment démocratique pour organiser le retour de Guernica à Madrid.

Avocat de l'Opéra de Paris, Roland Dumas offrit à Mitterrand la voix de Placido Domingo lors de la cérémonie du Panthéon en 1981.  Mais le nouveau président socialiste n'en fit pas aussitôt un ministre.  Il lui confia des missions plus secrètes, d'ordre privé ou diplomatique. Au Parti Socialiste, on ironisait : "Mitterrand a deux amis avocats, Badinter pour le droit et Dumas pour le tordu".

Trois fois ministre

D'abord ministre des Affaires européennes en 1983, Roland Dumas accède au Quai d'Orsay en 1984.  Il redevient ministre des Affaires étrangères en 1988, lors du second septennat de François Mitterrand.  L'avocat de la cause arabe se rapproche d'Israël, l'orphelin de guerre relance l'amitié franco-allemande. Il se fait l'artisan du rapprochement de la France avec l'Allemagne réunifiée.

Son charme et sa puissance de conviction font merveille. Polyglotte, il impose un style direct mais il a tendance à snober les fonctionnaires au profit de ses collaborateurs. Il met un point d'honneur à n'en référer qu'au président Mitterrand, au détriment du Premier ministre Michel Rocard, qualifié de "barreur de petit temps". En 1993, l'épisode du scanner offert par la fille du ministre des Affaires étrangères syrien à l'hôpital de Sarlat, en pleine période électorale, donne du grain à moudre à ses détracteurs. Les cadeaux de ses riches maîtresses font jaser et finiront par précipiter sa chute.

Déboires judiciaires

En 1995, François Mitterrand, président sortant, fait à Roland Dumas un dernier cadeau : il le nomme président du Conseil Constitutionnel. Par son éloquence et sa culture, Dumas séduit l'assemblée. C'est une paire de bottines de luxe, les fameuses Berlutti offertes par sa maîtresse, Christine Deviers-Joncour, ainsi que des statuettes grecques, qui le contraindront à la démission, en mars 1999.  Mis en examen dans le cadre de l'affaire Elf, il est condamné en première instance à six mois de prison ferme et deux ans avec sursis. Mais en 2003, Roland Dumas est finalement relaxé par la cour d'appel de Paris.

En 2007, il est en revanche définitivement condamné à douze mois de prison avec sursis et à 150.000 euros d'amende pour "complicité d'abus de confiance" dans le cadre de la succession du sculpteur Giacometti. Roland Dumas reconnait que ses fonctions de ministre d'Etat l'avaient "complètement déconnecté de la vie" et que les accusations à son encontre l'ont beaucoup fait souffrir. 

Mais il reprend son métier d'avocat, prépare un livre de souvenirs et ne regrette qu'une chose : vieillir.  Dans un portrait que lui consacre le journal La Croix en janvier 2010, il philosophe : "La mort, c'est la fin de tout...   c'est un peu vertigineux...  J'ai eu une belle vie... Une belle vie..."  Mais fin décembre 2010, ce nostalgique d'une vie trépidante ne résiste pas à l'appel de Laurent Gbagbo et s'embarque pour quelques jours en Côte d'Ivoire, avec son compère Jacques Vergès.  Les deux octogénaires en goguette savourent la polémique qu'ils déclenchent, à gauche comme à droite...

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