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Roland Emmerich

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Biographie de Roland Emmerich

Né(e) le : 12/11/1955

Pour peu que l’on aime les méga blockbusters vendus à grands renforts de stars et d’effets spéciaux, Roland Emmerich est un réalisateur indispensable.

Pas que la qualité de ses œuvres soit exceptionnelle, mais sa constance dans ce besoin viscérale de tout détruire autour de lui via des catastrophes naturelles ou non force le respect. Mais autant les films du réalisateur sont une expérience visuelle détonante, autant le contenu scénaristique de ces métrages frôle quant à lui la beauferie la plus élémentaire. Petit tour d’horizon dans une filmographie emplie de testostérone, de grosses explosions teutonnes matinées de patriotisme ricain.


Moon 44 – Un peu classe
Premier film du réalisateur ayant attiré l’œil des producteurs hollywoodiens, Moon 44 a tout de la petite entreprise prometteuse pleine d’idées et respirant l’amour du genre (ou tout du moins de la série B). On y retrouve ainsi Michael Paré (Philadelphia Experiment) dans le rôle d’un agent de police infiltré dans une station spatiale futuriste située sur la lune, face au gros méchant Malcolm McDowell (Orange Mécanique, Halloween) qui pose en contrebandier avide. Le film, monté avec 7 millions de Deutschemarks (3,5 millions d’euros), arrive à placer l’intrigue dans un univers, sinon réaliste (des hélicos dans l’espace !!), tout du moins homogène et met en scène des personnages pas si stéréotypés (Brian Thomson (X-Files) joue les durs et viole Dean Devlin mais se rachète à la fin). Il en ressort finalement un métrage qui, même s’il reste perfectible, en est tout de même grandement sympathique.


Universal Soldier - Méga Classe
Attention, chef d’œuvre ! On touche ici au sublime quand, avec ce premier long métrage américain, le réalisateur et son scénariste Dean Devlin mettent face à face deux mastodontes du film d’action des années 90, à savoir l’adorable Jean-Claude « sans air, les oiseaux tomberaient par terre » Van Damme et l’énervé Dolph « je vais te briser » Lundgren ! Entre concept abusé (on ressuscite des soldats tombés au Vietnam pour en faire des commandos officiellement non-officiels, car top secrets mais dépêchés dans toutes les situations de crise), scènes d’action boostées au méga-dopant, répliques cultes (« C’est moi qui fait la tambouille ! _ Elle est bonne… _Je veux qu’elle est bonne !») et autres situations cocasses (JCVD se baladant à poil dès que possible, Dolph qui se croit au Vietnam en plein supermarché…). Et tout se termine évidemment en grosse baston la nuit, sous la pluie, avec des petits vieux en otage et du dépeçage live de cadavres encore vivant. Bon bien sûr, après faut aimer le genre.

Stargate - Un peu Classe
Ayant fait grand bruit à sa sortie, le film Stargate a bâti son succès sur un concept savoureux, mais finalement assez simple : Et si les égyptiens de l’époque des pyramides étaient des extraterrestres ? Car en effet, au vu de la magnificence de leur empire, comment le spectateur lambda non féru d’histoire et d’archéologie pourrait décemment expliquer la chute d’une telle dynastie glorieuse ? Et Emmerich et Dean Devlin (devenu producteur pour le coup) de jouer sur ces trous dans l’inconscient collectif afin de proposer un concept aux déclinaisons infinies : il existerait ainsi une « porte des étoiles » qui relierait toute planète visitée par ces être anciens s’étant fait passer pour des Dieux aux yeux des esclaves de l’époque. Y’a pas, taper dans la mythologie égyptienne était une idée de génie. Malheureusement, on se retrouve en lieu et place de combat titanesque dans des décors futuristes à perte de vue, de quelques combats dans le sable et d’une résolution en forme de gag éhonté. Heureusement, les producteurs auront bien compris la puissance du concept et tireront de la licence une des séries les plus juteuses de tous les temps. L’honneur est sauf.


Independance Day – Méga Classe pour les Américains (un peu pourri pour les autres)
Oh Yeah, on vous avait bien dit que les extraterrestres existaient, on vous avait bien dit que le gouvernement nous cachait des choses (mais que notre gentil président de bonne foi n’était pas au courant parce que c’est top secret défense). Et qui c’est qui va casser de l’alien maintenant ? C’est nous, les américains ! Seul petit souci dans l’équation, Roland Emmerich est allemand à l’origine, mais qu’importe. Quand il s’agit de défendre les valeurs de la bannière étoilée, tout est bon. Et le film d’être totalement marketé sur une sortie prévue pour le jour de l’indépendance américaine qui donnera son titre à l’oeuvre. Et malgré quelques plans faisant état d’une situation similaire dans une poignée d’autres pays à travers le globe, ID4 (pour Independance Day 4 juillet), on retrouve ici une chique et un molard bien ricains, avec la maison blanche qui succombe au feu ennemi (sacrilège suprême), un Will Smith rageur qui casse de l’alien sous armure à poings nus, un chien sauvé, un président qui fait de beaux discours unificateurs (, bien loin de Lost Highway), un redneck qui se sacrifie pour son pays (et accessoirement pour le monde, vu que dès que les américains ont gagné, il en est forcement de même du reste de la planète) et un virus terrien qui bug les installations des plus sophistiqués systèmes aliens. Restent quelques belles images (pompées sans vergogne sur la série V de Kenneth Johnson, juste avec plus de moyens) et des combats aériens plutôt funs. A voir exclusivement le cerveau éteint et les enceintes à fond, donc, avec un hamburger bien gras et un litre de cola.


Godzilla -Pas très classe
Après l’attaque chez les extraterrestres, puis l’attaque par les extraterrestres, Roland Emmerich s’est sans doute dit que faire la guerre à la planète entière allait sans doute sentir le réchauffé s’il ne se concentrait pas sur quelque chose de plus… intimiste. Il a donc ainsi décidé de se cantonner cette fois à la seule ville de New York City. Et comment détruire une grande ville ? Avec un grand monstre bien sûr. Le concept existant déjà depuis des décennies chez nos amis les japonais, pourquoi ne pas directement utiliser une licence déjà existante (et donc connue) pour s’amuser à tout casser ? Et c’est donc ainsi que le remake du nippon Godzilla a débarqué sur les écrans du monde entier. Mais alors que le monstre avait originairement pour raison d’être l’après coup de la seconde guerre mondiale (le monstre bientôt adorable étant à l’origine une métaphore du trauma nippon de celle-ci), Dean Devlin et Roland Emmerich ont choisi de mettre la destruction de la Big Apple sur le dos de Jacques Chirac, l’ancien président français ayant autorisé les essais nucléaires de Mururoa qui ont amené un lézard innocent à muter de façon astronomique. Encore une fois, la vacuité du scénario permet tout de même de laisser la place à une débauche d’effets visuels et de plans impressionnants, et puis Jean Reno était là pour sauver l’honneur. Faute avouée…


The Patriot – Pas Classe du tout
Revenu du succès international de son film Braveheart, Mel Gibson cherchait sans doute à réitérer l’exploit en sauvant cette fois, après l’honneur de l’Ecosse, la nation américaine. Et qui de mieux que notre réalisateur teuton au patriotisme ricain exacerbé pour mener à bien l’entreprise ? Sans doute quelqu’un d’autre, tant le film enchaîne les anachronismes et se pose comme un pamphlet négationniste à la gloire de l’Amérique profonde actuelle. Les anglais sont des salauds finis (on brûle les églises avec des gens dedans, le seul raciste du film devient pote avec un noir (on est en 1776 en Caroline du Sud rappelons-le), un prêtre qui tire sur tout le monde…), le héros traumatisé cherche à venger son fils (et le reste de sa famille) tombé bravement, et le film d’exacerber tous les sentiments de légitimité de la violence possibles et imaginables. Les cérémonies de remises de prix adorant les peintures historiques ont ainsi encensé le film, le nominant pour de nombreuses récompenses (décors, prestations d’acteurs, effort de reconstitution…), mais un joli film réactionnaire, reste un film réactionnaire. On en retiendra juste (encore une fois) quelques beaux plans et la belle présence du défunt Heath Ledger. Patriotisme déplacé, quand tu (ne) nous tiens (pas)…


Le Jour d’après – un peu Classe
Dennis Quaid, Jake Gyllenhaal, Emmy Rossum, Sela Ward, Ian Holm… On aura vu pire casting ! Et on aura également vu pire raison de monter des scènes de destruction massive (encore une fois, tous les Etats-Unis en prennent plein la face, mais c’est cette fois de la faute des pollueurs (un peu) et du cycle de l’ère glacière) tandis que le film aura au moins, pour une fois, eu l’avantage de relancer une grande campagne écologique de prévention et d’information (bon, qui a duré le temps du film, mais tout de même) tandis que la vague de froid qui s’abat soudainement sur l’Amérique du Nord propose de formidables séquences et de magnifiques décors urbains glacés. L’histoire quant à elle, passée la tornade d’effets visuels, s’enlise un peu dans un drame en huis clos à la résolution éclair (vu qu’il fallait une résolution) tandis que certaines séquences laissent perplexes (« détruisons la culture pour survivre ») quand elles ne font sourire (les américains qui vont se réfugier au Mexique, un second degré salvateur sans doute voulu). Au bout du compte, voilà un bon film catastrophe qui prouve que (un temps tout du moins) le réalisateur a mis de l’eau dans son vin.


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