Saad Hariri

Par SYLVIANE MOUKHEIBER, le 21 janvier 2011 à 16h03 , mis à jour le 21 janvier 2011 à 17h11

Saad Hariri n'a pas choisit de faire de la politique. A la mort de son père, elle lui est tombée dessus. Au pouvoir depuis cinq ans, il est devenu le leader incontesté des sunnites.

Saad Hariri Saad Hariri © REUTERS
  • Nom : Hariri
  • Prénom : Saad
  • Né(e) le : 18 avril 1970 - à : Riyad - Arabie Saoudite
  • Premier ministre

Biographie

Saad HaririSaad Hariri © REUTERS

Depuis qu'il a été propulsé Premier ministre après l'assassinat de son père, l'ancien premier ministre Rafic Hariri, le 14 février 2005, Saad Hariri aura connu un long parcours du combattant sur les chemins tortueux de la politique, lui que rien ne destinait à mettre ses pas dans ceux de son père.

Dans cet Orient compliqué, il a dû faire un apprentissage accéléré, découvert les méandres de la diplomatie proche-orientale, ses rivalités, ses chausse-trappes. S'il reprend le flambeau paternel, c'est "par devoir", investi d'une mission. Il fallait un chef, il le sera, celui du parti de son père, le Courant du futur, et a réussi à s'imposer progressivement comme le leader sunnite du Liban.

Son premier combat a été pour la création d'un tribunal international, chargé de juger les assassins de Hariri. Grâce à sa ténacité, le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) est inauguré le 1er mars 2009 à la Haye. Un lancement qu'il qualifie "d'historique".

Charisme et diplomatie

Grand, élégant, le cheveu gominé, une petite barbiche bien taillée, dernier d'une fratrie de trois, Saad Hariri est né à Riyad en Arabie Saoudite le 18 avril 1970, de la première épouse irakienne de Rafic Hariri. Une enfance passée au Liban, des études en France dans un collège huppé, puis aux Etats-Unis, à l'université de Georgetown, à Washington, dont il sort diplômé en 1992. Il dirige Saudi Oger, le groupe fondé par son père, devenu l'un des leaders mondiaux de la construction. Ce père de trois enfants, marié à Lara Bachir El-Azem, Saoudienne d'origine Syrienne, fréquente les princes saoudiens, passe ses week-end dans les capitales européennes, collectionne les motos, jusqu'à ce que la politique lui tombe dessus.

Après l'assassinat de Rafic Hariri, c'est lui qui sera désigné comme héritier politique, à la place de son frère aîné Bahaa, en raison de son charisme et de ses qualités de diplomate.

Le jeune leader a hérité du formidable réseau de son père, et de la ferveur populaire qui s'est manifestée au Liban après sa disparition. Il lui voue un culte respectueux, impressionné par son œuvre, sa stature, va se recueillir dès qu'il le peut sur sa tombe à Beyrouth. Il parcourt le monde, est reçu comme un homme d'Etat en devenir dans les chancelleries, en France, aux Etats-Unis, en Arabie Saoudite. Il fait ses classes, observe, écoute, apprend.

Sa première véritable épreuve de force avec le Hezbollah a eu lieu en mai 2008. Des affrontements entre ses partisans et ceux du parti chiite ont failli plonger le pays dans une nouvelle guerre civile. C'était son baptême du feu. Il a géré cette crise avec sang-froid, ce qui lui fera gagner l'estime des sunnites, et l'impose comme leur leader.
 

Volte-face : le voyage à Damas

La Syrie, qui avait été montrée du doigt, accusée d'avoir commandité le meurtre de Hariri et avait été alors boutée hors du Liban, après plus de 30 ans de tutelle, revient dans le jeu politique libanais. L'Arabie Saoudite fait pression sur Saad Hariri qui opère un revirement total vis-à-vis des syriens enterrant la hache de guerre. Le 19 décembre 2009, il fait un voyage à Damas. La volte-face sera totale lorsqu'il ira même jusqu'à lever l'accusation qu'il avait portée contre Damas.

C'est autour du TSL que se joue aujourd'hui une nouvelle partie de bras de fer avec le Hezbollah. Au terme de l'enquête, le procureur du Tribunal a présenté le 17 janvier 2011 au juge de la mise en état, un acte d'accusation accompagné de pièces justificatives. Le parti chiite s'attend à voir plusieurs personnalités mises en cause dans l'assassinat. Intolérable pour Hassan Nasrallah qui fait pression depuis des mois sur le gouvernement, exigeant le rejet du tribunal, usant de toutes les menaces. Le 12 janvier 2011, les ministres du Hezbollah et ses alliés avaient démissionné en représailles, accusant le TSL d'être " à la solde d'Israël, et des Etats-Unis", faisant ainsi chuter le gouvernement.

Un choix "cornélien"

Le Liban est encore une fois dans l'impasse. Le premier ministre doit trancher entre justice et raison d'Etat. Il est face à un "choix cornélien" : choisir d'oublier le sang de son père" pour la stabilité du pays ", ou insister jusqu'au bout pour obtenir justice.

Saad Hariri au cours de ses cinq années d'apprentissage du pouvoir, a appris que les compromis étaient nécessaires s'il voulait être" le Premier ministre de tous les Libanais". Avec les révélations du TSL, l'épreuve qui s'annonce se joue sur le fil du rasoir, son camp qualifiant de suicide politique tout compromis sur la vérité. Le spectre si connu de guerre civile au Liban, se profile à nouveau. Lourde responsabilité.
 
                                                                                                 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Par SYLVIANE MOUKHEIBER le 21 janvier 2011 à 16:03
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.

Plus d'infos sur Saad Hariri

Plus d'actualités sur Saad Hariri
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      logAudience