Silvio Berlusconi

le 19 septembre 2008 à 18h30 , mis à jour le 13 novembre 2011 à 17h00

Ancien entrepreneur, Silvio Berlusconi a été président du Conseil italien en 1994-1995, 2001-2006 et 2008-2001. Il démissionne de ce poste le 12 novembre 2011, pressé par les marchés financiers.

Silvio Berlusconi Silvio Berlusconi, le 7 juin 2008 © TF1-LCI
  • Nom : Berlusconi
  • Prénom : Silvio
  • Né(e) le : 29 septembre 1936 - à : Milan, Italie
  • Chef du gouvernement italien et homme d'affaires

Biographie

Né à Milan le 29 septembre 1936, fils d'un employé de banque, Silvio Berlusconi obtient une licence de droit à l'université de Milan en 1961 et se lance dans les affaires à la fin des années 50 après avoir travaillé comme animateur de boîtes de nuit et sur des bateaux de croisière, chantant et racontant des histoires drôles. À la tête de grandes entreprises en bâtiment, il mène, dans les années 1960, de vastes opérations immobilières dans la région de Milan. Soutenu par des amitiés politiques et bénéficiant d'importants fonds financiers, il diversifie ses activités.

Dès 1977, Silvio Berlusconi crée Telemilano, une chaîne de télévision privée, qui deviendra par la suite Canale 5. Sa holding, la Fininvest, devient en quelques années le plus grand groupe italien. Berlusconi met en place un véritable monopole en investissant dans la presse, l'édition, les secteurs de l'assurance, la banque, la grande distribution ; le football (Silvio Berlusconi acquiert le club du Milan AC en 1986) ; l'Internet et enfin mais surtout l'audiovisuel. Il devient ainsi pendant dix ans le détenteur de la première fortune du pays, avant que les aléas boursiers ne le fassent un peu reculer, mais toujours dans les cinq premiers.

Record de longévité

Intelligent et imaginatif, doté d'un ego sans pareil, le Cavaliere, chevalier de l'ordre du Travail, également surnommé Sua Emittenza, se lance alors en politique. En 1994, il crée le parti de la Forza Italia. Allié aux néo-fascistes du Mouvement social italien (MSI) de Gianfranco Fini et aux populistes de la Ligue du Nord d'Umberto Bossi, il remporte les élections législatives en 1994. Berlusconi se retrouve président du Conseil, poste duquel il doit démissionner dès décembre 1994, lâché par ses amis.

Pour autant, l'homme ne lâche pas prise et, malgré les condamnations pour corruption, il tente toujours de renforcer son parti. Sa nouvelle coalition de droite, la Maison des libertés, sort victorieuse des législatives de 2001 et le fait entrer au pouvoir en juin. La politique ultralibérale qu'il mène est toujours entachée par les poursuites judiciaires qui pèsent sur Fininvest.

Le Rubygate le mène au tribunal

Usé par ces cinq années de pouvoir (un record de longévité en Italie), Silvio Berlusconi est battu d'extrême justesse aux législatives par son éternel rival à gauche, Romano Prodi. Mais ce dernier se montre incapable de garder sa coalition unie, permettant à Berlusconi une revanche éclatante deux ans plus tard, en 2008 contre Walter Veltroni, et un troisième poste de chef du gouvernement.

Habile à se poser en "victime", toujours aux prises avec la justice pour diverses affaires de corruption, Silvio Berlusconi a été condamné à plusieurs reprises en première instance mais jamais définitivement.

Très soucieux de son apparence, ce père de cinq enfants et plusieurs fois grand-père s'est construit une réputation de Don Juan fréquentant de jeunes femmes, dont des call-girls, ce qui lui a valu au printemps 2009 une fracassante demande de divorce de la part de sa seconde épouse, excédée par ses écarts. En automne 2010, il fait libérer d'un commissariat la jeune Marocaine, "Ruby", qui a participé à des fêtes chez lui. En février 2011, à 74 ans, l'homme est renvoyé devant les tribunaux dans le cadre du Rubygate. Mais il utilise sa fonction de Premier ministre pour retarder les débats.

"Démissionné" par les marchés

Cette année 2011 s'apparente à une année "horribilis". Ennuyé par les scandales judiciaires, plombé par les scandales sexuels, critiqué par l'Eglise, il plonge dans les sondages. Une bonne partie de l'Italie demande alors sa démission. Mais ce sont les marchés qui vont en fait l'obtenir. Rattrapé par la "crise de la dette" qui sévit dans la zone euro (120% du PIB pour l'Italie), il est tout d'abord mis sous pression par l'UE et le FMI, qui exige des réformes économiques impopulaires pour réduire le déficit.

Puis les investisseurs financiers font savoir qu'il juge que son maintien au pouvoir pose un problème de crédibilité pour le pays. Le 8 novembre, face à la situation, des députés de sa majorité font sécession. Silvio Berlusconi affirme alors qu'il démissionnera avant la fin du mois, après avoir fait adopter les mesures budgétaires. Celles-ci sont adoptées le 12 novembre 2011. Dans la soirée, le Cavaliere présente sa démission au Président de la République Giorgio Napolitano, sous les huées et les cris de joie de milliers de Romains.

le 19 septembre 2008 à 18:30
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