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Tim Burton / Crédits : Angeli

Biographie de Tim Burton

Né(e) le : 25/08/1958

Cinéaste original s'il en est, Tim Burton, à l'instar de certains autres grands, tend donc sans cesse à explorer les mêmes thématiques et à puiser à des sources qui font l'identité et l'unicité de son regard.

Quelques rares cinéastes possèdent un style aisément reconnaissable, au point que souvent leurs films semblent poursuivre une même inspiration. Comme porteurs d'une signature invariable, ils expriment par les thématiques qu'ils explorent ou le traitement qui leur est réservé, un geste unique, un regard qui n'appartiennent qu'à eux. Et assurément, Tim Burton est de ces derniers, ceux dont les films, des plus connus jusqu'aux plus anciens, témoignent et transpirent d'un univers unique et d'une manière des plus singulières. Retour à l'occasion de la sortie d'Alice au Pays des merveilles sur quelques traits fondateurs d'une œuvre populaire sans pareil.
 

 
Le choix de l'imaginaire et du fantastique
Issu du monde de l'animation, Tim Burton a très tôt développé dans son cinéma un imaginaire bien éloigné de ses employeurs passés, Disney en tête, celui de récits fantastiques où le merveilleux s'impose et où, dans un éclat, le gothique et le fantastique le disputent au morbide. Ainsi, de Victor àSweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street pour mieux y revenir dans Alice au Pays des merveilles, notre homme a-t-il offert un splendide écrin à ses propres obsessions, tout en s'affirmant comme un faiseur sans pareil.
En effet, sa filmographie jouit d'une véritable cohérence interne dès lors que l'on s'attache aux personnages qu'il traite et aux défis qu'il leur propose de surmonter. Tous sont des êtres mis à l'écart ou qui désirent y rester. Ils demeurent des exclus, des êtres en marge ou des parias rejetés du fait de leurs différences, de leur incompatibilité voire de leur étrangeté vis-à-vis du monde dans lequel ils évoluent. Un monde qui par ailleurs et presque paradoxalement les voit progressivement grandir ou s'enferrer dans la difficulté. L'exemple le plus commun de cette tendance reste Edward, le personnage principal d'Edward aux mains d'argent, archétype burtonien par excellence, tout comme peuvent l'être au milieu de nombreux autres, le Pingouin (Batman, le défi) ou Beetlejuice.
 
Le conte comme révélateur moral
Cependant, Tim Burton ne se limite pas simplement à des caractères qu'il se contente de répéter. Ils les plongent dans des univers entiers qui s'ouvrent en reprenant très souvent l'allure du conte et qui les obligent à passer d'un monde à un autre pour se confronter à leurs peurs, à leur excentricité, comme l'enfant qui grandit et s'y refuserait. On retrouve en ce sens, les traces d'une autre obsession qui traverse toute l'œuvre burtonienne et fait écho notamment à son passé d'animateur dans le choix des cadres narratifs qu'il impose à ses récits.
De plus, contraints d'évoluer entre deux univers des plus dissemblables comme Charlie Bucket dans Charlie et la chocolaterie, ces êtres heurtés et encore en gestation d'eux-mêmes doivent souvent  faire face à eux-mêmes et à un alter ego, au point de former un ou plusieurs duos, moteurs du film qui se construit. C'est Batman et Cat Woman, Batman et le Joker mais aussi le couple des Noces funèbres, Lucy et Beetlejuice ou encore Tobey et Sweeney Todd... Se marque ici un certain rapport à la nostalgie de l'enfance et au difficile passage à l'âge adulte qui ne peut se faire qu'à plusieurs, et plus sûrement en couple.
 
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Le culte romantique de l'obscur XIXe siècle et son appétence gothique
Toutefois, ces traits communs que l'on pourrait encore développer à foison, n'impressionnent et ne prennent sens qu'à l'instant où Tim Burton les inscrit dans un fond commun de références pour la plupart issues de la littérature anglo-saxonne du XIXe siècle. Car le prochain Président du Festival de Cannes n'échappe pas à une certaine fascination pour l'univers littéraire foisonnant, austère et lumineusement lugubre qui prend sa source aux débuts du XIXe siècle et s'épanouit dans le très rigide règne de la Reine Victoria.
Il semble effectivement bien difficile de faire abstraction de cette fascination qui vire à l'obsession pour l'auteur de Victor, tant ces inspirations s'avèrent aussi visibles que répétées. Ainsi, Alice au pays des merveilles(1865), le roman de Lewis Carroll,  fut écrit en plein milieu du règne de celle qui fut la dernière de la Maison des Hanovre sur le trône d'Angleterre. Quant à Sweeney Todd, paru en 1845, il confirme cette tendance tandis que La Légende de Sleepy Hollow de l'Américain Washington Irving (1819) se situe pour sa part dans une période légèrement antérieure mais qui sera décisive pour tout ce qui suivra, tout en profitant de l'impact du roman gothique anglais, de l'essor grandissant du mouvement romantique de l'époque et de ses représentations.
Autant de références qui de Nathaniel Hawthorne à ETA Hoffman feront plus tard le lit d'Edgar Alan Poe, un des modèles avoués de Burton, et le socle de son œuvre. Batman renvoie directement à Irving - il donna à New York, le nom de Gotham - en plus du souci constant du noir, du souvenir de la mort et de la dualité morbide du personnage. Tout autant, Les Noces funèbres, Sleepy Hollow, Beetlejuice et maintenant Alice au Pays des merveilles s'ancrent dans les mêmes registres et s'offrent des représentations qui plongent à plein dans les images torturées de l'époque de Caspar David Friedrich.
Toutefois, réduire la filmographie burtonienne au seul XIXe siècle, c'est omettre que l'autre partie de son œuvre se déchaîne de Pee-Wee Big adventure jusqu'à Mars Attacks ! et Charlie et la chocolaterie, dans la couleur et une idéalisation des décennies 1950-1960. Car elle s'enracine dans la culture pop de l'époque et une littérature plus contemporaine, de Roahl Dahl pour le dernier à Daniel Wallace pour Big Fish: A Novel of Mythic Proportions par exemple. 
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Des visages amis, des figures récurrentes et rassurantes
Regarder un film de Tim Burton, c'est aussi retrouver par ailleurs et avec un certain plaisir, des visages familiers et des figures qui d'un film à l'autre semblent se redessiner et se répondre. Johnny Deep est évidemment de ces incontournables puisqu'il apparaît dans six de ses films. Et que dire de Danny De Vito ou d'Helena Bonham-Carter, son épouse à la ville et dont chacune des apparitions transcende le talent ? Michael Keaton, Winona Ryder ou encore Martin Landau, Christopher Lee et Jeffrey Jones forment ainsi une sorte de confrérie où cinéma rime avec amitié, fidélité et retrouvailles renouvelées. A l'écran comme dans les coulisses, puisque Danny Elfman n'a presque jamais manqué un long du jeune Tim à l'exception d'Ed Woodet Sweeney Todd... Ainsi, tous forment une part du bestiaire burtonien et  constituent ce cercle restreint qui habite et anime la quinzaine de films signés du natif de Burbank.
Cinéaste original s'il en est, Tim Burton, à l'instar de certains autres grands, tend donc sans cesse à explorer les mêmes thématiques et à puiser à des sources qui font l'identité et l'unicité de son regard. Celui d'un conteur postmoderne qui creuserait la même morale et referait sous des formes différentes, le même film, celui d'une existence en marge où le cinéma aurait un rôle par la transgression qu'il conte et la folie merveilleuse dans laquelle il le plonge. Révélateur de l'exclusion et moteur d'une émancipation qui réunirait et dévoilerait plus qu'elle n'oppose. Alors, Tim Burton, obsessionnel compulsif et profondément passionné ? Assurément !  

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