"Tout simplement fière d'accompagner le nouveau président de la République et toujours aussi heureuse de partager la vie de François". C'est par ces mots que Valérie Trierweiler, Première dame de France depuis la victoire de son compagnon dimanche 6 mai, a commenté l'événement sur son compte facebook dans la soirée. Elle a ensuite eu cette courte réaction en début de soirée sur TF1 : "je suis très très émue, c'est même indéscriptible. Il faudra, je crois, plusieurs jours pour comprendre ce qu'il se passe", avant d'estimer, sur France 2, qu'il faudrait "prendre du temps pour réfléchir à mon rôle de Première dame".
Les premiers mots de la nouvelle Première Dame de France
Hier discrète, cette élégante femme a aujourd'hui changé : "Les choses ont évolué. Au début, j'étais en retrait. On me le reprochait. Là, on me reconnaît parfois quand je suis avec lui, sinon non, à part dans mon quartier", disait-elle avant le 6 mai. Quand on lui parlait d'avenir, la journaliste disait qu'elle fera "de son mieux", à l'instar de Carla Bruni. "Comme première dame, elle a fait comme elle a pu. C'est quelque chose d'assez compliqué. Moi aussi, si cela devait arriver, je ferais de mon mieux". "Première dame, c'est un second rôle", ajoutait celle qui dit apprécier le style de l'épouse de François Mitterrand, Danielle, "entre le dévouement et l'engagement". "Je n'ai pas trouvé l'école de première dame de France", expliquait-elle avec humour sur Canal + en janvier.
Ces derniers mois, la campagne électorale menée par son compagnon ne l'a pas épargnée. Elle a du porter plainte à propos d'une enquête de police clandestine dont elle aurait fait l'objet. Après avoir été attaquée par Nicolas Sarkozy sur son travail à Direct 8, elle a subi les moqueries du député UMP Lionnel Luca, qui a joué sur l'analogie entre son nom et celui d'une race de chien féroce, le rottweiler. "Merci à toutes celles et ceux - sans exception - qui m'ont apporté leur soutien après les propos abjects de Luca", a-t-elle écrit sur son compte Twitter.
Retour sur le parcours de Valérie Trierweiler qui est passé de l'ombre à la lumière un dimanche d'octobre 2011 quand François Hollande est devenu le candidat officiel du Parti socialiste à l'élection présidentielle.
Une bosseuse acharnée
Valérie Massonneau est issue d'un milieu modeste - terme qu'elle réfute -. Née à Angers le 16 février 1965, elle est la cinquième d'une fratrie de six enfants. Son père est un invalide de guerre, ayant perdu une jambe en sautant sur un obus à l'âge de 13 ans. Sa mère, hôtesse d'accueil puis caissière à la patinoire d'Angers, fait vivre la famille avec son unique salaire.
Après des études d'histoire et un DESS de communication politique, elle fait ses débuts de journaliste en 1988 à la revue Profession politique dirigée par Gérard Carreyrou. Lors de la cérémonie des vœux à l'Elysée en 1989, François Mitterrand est sous le charme de cette jeune femme ravissante. Le directeur de Paris Match, Roger Thérond, la recrute au service politique. Elle y rencontre Denis Trierweiler, secrétaire de rédaction, universitaire et traducteur d'allemand, qu'elle épouse. Ils auront trois enfants.
Professionnellement puis amicalement, elle fréquente le couple Royal-Hollande. C'est à elle que l'on doit en 1992 l'interview de Ségolène Royal, alors ministre de l'environnement du gouvernement Bérégovoy, qui vient d'accoucher de leur dernière fille, Flora ; l'évènement sera largement illustré de photos dans l'hebdomadaire et fera date dans la peopolisation de la vie politique.
Parallèlement à sa carrière dans la presse écrite, elle anime des émissions politiques sur la chaîne Direct 8 dirigée par Philippe Labro qui la qualifie "de bosseuse acharnée, de grande professionnelle".
Du service politique à la rubrique littéraire
Sa relation avec François Hollande prend une tournure sentimentale en 2006. Désormais elle connaît le sort de la plupart des femmes journalistes compagnes d'hommes politiques : plus d'émissions politiques hebdomadaires sur Direct 8, et Paris Match l'assigne à la rubrique littéraire. Depuis elle est en retrait. "Je ne suis pas aux manettes mais avec lui quand il le faut, dans les moments les plus forts. Pour partager", déclare-t-elle encore à Match.
Cela ne l'empêche pas de passer un coup de fil ou d'envoyer un mail à une rédaction lorsque le contenu d'un article ne lui convient pas. Son modèle est Sylviane Agacinski, la femme de Lionel Jospin. Discrète mais pas effacée. Elle déclare au Nouvel Observateur en octobre 2011 "Je serai dans un rôle d'accompagnement. Je lui suis plus utile comme ménagère de moins de 50 ans que comme conseillère politique. C'est un excellent stratège, il n'a pas besoin de moi ".
Le "tweetgate"
"Courage à Olivier Falorni, qui n'a pas démérité, qui se bat aux côtés des rochelais depuis tant d'années dans un engagement désintéressé". 140 caractères publiés sur le compte Twitter de Valérie Trierweiler le 12 juin 2012 à 11h56 précisément. 140 caractères qui vont être à l'origine de ce que l'on appellera le "Tweetgate" ou le "Trierweilergate" car à ce moment précis celle qui est Première dame de France depuis quelques semaines apporte son soutien à Oliver Falorni, rival de Ségolène Royal, l'ex compagne du président alors en pleine campagne pour les élections législatives.
Un tweet qui provoquera une onde de choc au PS notamment, obligera le président Hollande à s'exprimer sur le sujet un mois plus tard, lors de son allocution du 14 juillet. Il y déclarera être pour "une distinction entre vie privée et vie publique", ajoutant que "les affaires privées se règlent en privé". Quant à la Première dame, qui aura cette première réaction le 14 juillet également : "je tournerai sept fois mon pouce avant de tweeter", elle fera finalement son mea culpa en octobre 2012, dans une interview à Ouest-France : C'était une erreur. (...) Je n'avais pas encore réalisé que je n'étais plus seulement une simple citoyenne".












