8 AVRIL - DIMITRI CHOSTAKOVITCH

Par Laetitia BROUSSE, le 06 mars 2006 à 15h08 , mis à jour le 06 mars 2006 à 15h09

Concert des solistes de l'Orchestre National de France, jeudi 8 avril 2004, au Théâtre des Champs Elysées.

Dimitri Chostakovitch © INTERNE

Théâtre des Champs Elysées
Jeudi 8 avril à 18h30


- Théâtre des Champs Elysées - 


Informations                            

15, avenue Montaigne
75008 Paris
Accès                                     
* RER : Ligne C, Pont de l'Alma
* Métro : Alma-Marceau
* Bus : 42, 63, 72, 80 et 92
Tél : 33 (0)1 56 40 15 16


Musique de chambre autour de CHOSTAKOVITCH

Solistes de l'Orchestre National de France

De même que Mstislav Rostropovitch fut le dédicataire des deux concertos pour violoncelle de

 
Chostakovitch, de même les deux concertos pour violon et orchestre du compositeur russe furent écrits à l'intention d'un virtuose et ami, David Oïstrakh, qui fut par ailleurs son collègue au Conservatoire de Moscou. Le Premier Concerto pour violon fut achevé en 1948 : époque où Jdanov, rappelant à l'ordre tous ceux qui trahissaient l'esthétique officielle du "réalisme socialiste", allait mettre à l'index la Neuvième Symphonie de Chostakovitch : le musicien préféra attendre, et son concerto ne fut créé que le 29 octobre 1955. Staline était mort deux ans plus tôt, l'ambiance en URSS s'était légèrement réchauffée, et Chostakovitch pouvait enfin oublier la terreur qui l'habita longtemps pour se réfugier dans sa seule angoisse d'homme et d'artiste.
Ce Premier Concerto, plus violent et plus développé que le second (qui sera créé en 1967), comporte quatre mouvements réunis en deux parties de deux mouvements chacune. La première
 
commence par un Nocturne morne et accablé à l'orchestre, mais porté par un chant poignant du violon solo. David Oïstrakh disait du Scherzo qui suit qu'il est agité par "quelque chose de maléfique, de démoniaque et d'épineux". Les bois goguenards accompagnent la danse du violon, puis la musique devient rageuse : Chostakovitch est là tout entier, aussi torturé que dans ses symphonies.
La seconde partie s'ouvre sur une passacaille solennellement annoncée par les cordes graves et les cors. L'orchestre, comme dans le Nocturne initial, semble se laisser consoler par le violon, puis il se réduit à quelques pizzicatos et s'éteint, laissant le soliste exposer une vaste cadence qui conduit au dernier mouvement, manière de danse populaire à la manière de Pétroucka.
L'orchestre de ce concerto ne comporte ni trombones ni trompettes. Il fait toutefois appel à une percussion nourrie et à une harpe et un célesta qui lui apportent un supplément de couleur.

Par Laetitia BROUSSE le 06 mars 2006 à 15:08
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