DADA

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le 03 mars 2006 à 11h34 , mis à jour le 03 mars 2006 à 11h34.
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PartenariatsL'exposition Dada a pour ambition de montrer ce que fut l'un des mouvements artistiques internationaux les plus marquants du XXème siècle qui a influencé de nombreux courants artistiques contemporains. C'est la première grande exposition organisée en France depuis l'exposition présentée au Musée national d'art moderne en 1966.

Exposition du 5 octobre 2005 au 9 janvier 2006


  • La naissance du mouvement "Dada"

Né durant la première Guerre mondiale, le mouvement Dada affiche un mépris rageur pour les valeurs en place. L'objet industriel considéré comme œuvre d'art, l'intérêt porté aux performances, à la poésie sonore, la pratique du collage, entre autres, seront des éléments déterminants pour l'histoire de l'art du XXème siècle.

Les années 1910 et le début des années 1920 ont vu l'avènement de la presse illustrée, de la radio, du travail à la chaîne et du cinéma en tant que phénomène commercial. La démarche Dada s'empare des nouveaux médias, de la culture de la machine et les soumet à une critique mordante.

L'ouverture des acteurs de ce mouvement au monde moderne s'exprime alors, dans leurs recherches, au travers de références à la vie moderne alliées à une interrogation de la modernité même.


L'exposition présente un panorama dynamique qui conjugue peintures, sculptures, photos, collages, photomontages et documents graphiques, enregistrements sonores et films. Ce riche ensemble d'œuvres illustre toute la période Dada : de 1916, date de la fondation du Cabaret Voltaire à Zürich, à 1924, période où la plupart des groupes dadaïstes s'étaient déjà dispersés.


En proposant un tour d'horizon des multiples expressions Dada telles qu'on les trouvait à Zürich, à Berlin, à Hanovre, à Cologne, à Paris et à New York ainsi qu'aux Pays-Bas, en Belgique, en Italie et au Japon, l'exposition met en scène de nombreuses figures du modernisme dont Hans (Jean) Arp, Sophie Taeuber-Arp, Hannah Höch, Raoul Hausmann, George Grosz, John Heartfield, Kurt Schwitters, Max Ernst, Francis Picabia, Man Ray, Marcel Duchamp, Louis Aragon, Johannes Baader, Hugo Ball, André Breton, Jean Crotti, Paul Eluard, I.K. Bonset, Marcel Janco, Clément Pansaers, Tristan Tzara, Hans Richter...

Au croisement de multiples influences, c'est le foisonnement créatif qui est mis en valeur dans l'exposition en donnant une part aussi importante à l'écrit qu'aux œuvres plastiques. Ainsi, un nombre très important de livres, de revues, de photographies et de manuscrits sont réunis grâce au soutien exceptionnel de la Bibliothèque littéraire Jacques Doucet et de la Bibliothèque Paul Destribats.


  • Le Club " Dada " dans l'histoire

De retour de Zürich, Richard Huelsenbeck découvre à Berlin en 1917 une atmosphère propice à l'éclosion du mouvement dada. Les revues Die Neue Jugend et Die Freie Strasse constituent, notamment, un terrain favorable à la diffusion d'idées progressistes et révolutionnaires. Par l'intermédiaire de Franz Jung,

Huelsenbeck crée tout d'abord une communauté d'artistes autour de Grosz, Heartfield et Hausmann. Puis, sa première allocution, prononcée le 18 février 1918, dans la salle de la Nouvelle Sécession, à Berlin, annonce la fondation du Club dada : " Dada est un club créé à Berlin dans lequel vous pouvez rentrer sans obligation.

Tout le monde est président... " Nihiliste, le texte s'achève en ces termes: " [...] être contre le manifeste signifie être dadaïste." Dans son "Pamphlet contre le point de vue de Weimar ", publié dans Der Einzige, en 1919, à Berlin, Hausmann précise également les principes idéologiques du Club: "Le Club Dada représentait dans la guerre l'Internationale du monde, il est un mouvement international et anti-bourgeois. [...] Le Club Dada, c'est la fronde contre le travailleur intellectuel."

Dans un esprit proche de celui de Johannes Baader, qui se proclame, en février 1918, "président de la Société des Nations Interlluriques Surdadaïstes", le Club dada voit donc concrètement le jour dans la maison de Franz Jung, en mars 1918. Huelsenbeck, Jung et Hausmann en sont les fondateurs. Se joignent à eux Grosz, Golyscheff, compositeur et artiste, Baader et Mehring, écrivain. Sur le modèle des nombreux clubs qui vont se créer au lendemain de la révolution de novembre 1918, le Club dada joue la stabilité politique dans un climat politiquement très instable et se protège, derrière ce nom grotesque, de la censure - la première soirée du Club est, de fait, tenue secrète. Hausmann, en 1969, se souvient du caractère de conspiration de ces manifestations où, vêtus de costumes américains, affublés très souvent d'un monocle, les membres adoptaient, en outre, le style dandy en vogue dans les clubs littéraires au XIXe siècle. Mais sous ses formes pseudo-institutionnelles de "Dadacratie " ou de "Dadagouvernement", le Club dada reste un groupe hétérogène et peu uni. Les locaux de la Freie Strasse, ceux des éditions Malik Verlag, les appartements de Huelsenbeck et de Hausmann servent tour à tour de lieu de réunion.

Enfin, une seule publication voit le jour : le numéro unique de Club dada, composé de seize pages. Cependant, en dépit de la couverture de Hausmann, encore classique, inspirée des bois gravés expressionnistes, la revue est interdite.

Malgré la censure et la confiscation du manifeste inaugural de Huelsenbeck, le Club dada se consolide. Les titres emphatiques et extravagants que s'attribuent ses membres resserrent inévitablement leurs liens :

Hausmann et Höch se surnomment "Dadasoph" et " Dadasophin ", Baader se baptise "Oberdada", Huelsenbeck, "Weltdada ", Grosz, "Propagandada", Heartfield, "Monteur Dada " et Mehring, " Pipidada"...

Les six soirées et matinées organisées par le Club, qui proclament toutes un "grand oui au gigantesque non-sens dada " (Huelsenbeck, avril 1919), sont par ailleurs de spectaculaires mises en scène totales qui révèlent la passion commune des dadaïstes pour les pratiques artistiques les plus novatrices : concerts bruitistes, poèmes simultanés et danses grotesques. " Le tumulte n'éclata que lorsque Huelsenbeck commença à accompagner Mme Hadwiger, qui lisait des poèmes de guerre futuristes, avec des trompettes d'enfants et des hochets", se souvient Hausmann, évoquant la soirée du 12 avril 1918 à la Nouvelle Sécession, où il présente son révolutionnaire Manifeste sur le nouveau matériel en peinture. Seul organisateur avec Baader de la matinée au café Austria en juin 1918, qui voit l'inauguration du nouveau calendrier dada, il récite pour la première fois ses poèmes phonétiques " Seelenautomobile" [Automobiles d'âmes].

La soirée du 30 avril 1919, qui clôt la première exposition dadaïste dans le cabinet graphique d'Israël Ber Neumann, à Berlin, est quant à elle marquée par l'interprétation, par Golyscheff, d'une révolutionnaire anti-symphonie atonale.


La course entre une machine à écrire et une machine à coudre - soirée du 24 mai 1919 - couronne, par son absurdité et sa drôlerie, toutes ces performances ; Mehring et Grosz y tambourinent de manière effrénée sur leurs étranges " instruments ". Au-delà de l'ambiance, digne d'un cabaret, et de l'incroyable agencement du lieu - la scène est décorée de grandes ébauches réalisées sur papier par Baader pour les plans du Hagenbeckzoo -, la matinée du 30 novembre, rejouée le 7 décembre à la Tribüne, dénonce enfin, au même titre que les autres manifestations, l'"âme allemande" et l'esprit petit-bourgeois de la république de Weimar.


Dans une satire intitulée " Klassische Beziehungen zu Mittelstandküche" [Relations classiques de la bourgeoisie à la cuisine], Hausmann s'en prend violemment à la culture, à la poésie, et même aux pratiques culinaires allemandes. Des combats éclatent dans la foule, le public monte sur scène. Le "Propagandada" Grosz rapportera plus tard que, lors de ces manifestations, où le déchaînement est à son comble, les dadaïstes, souvent ivres, irritent et insultent le public. Si l'ouverture du cabaret Schall und Rauch [Bruit et fumée], le 8 décembre 1919, et le spectacle de marionnettes de Mehring " Einfach Klassisch ! Eine Orestie mit glücklichem Ausgang " [Tout simplement classique ! Une Orestie qui se termine bien] marquent le début d'une période plus modérée à Berlin, les performances dadaïstes, au cours de la tournée en Allemagne et en Europe de l'Est, continuent de provoquer l'étonnement et la fascination du public.

Sophie Bernard


Pour retrouver plus d'informations sur l'exposition:

http://www.centrepompidou.fr/expositions/dada/index.html

http://www.centrepompidou.fr/expositions/dada/index-spe.html



 

Autour de l'exposition...


ORGANISÉE PAR LES REVUES PARLÉES, DÉPARTEMENT DU DÉVELOPPEMENT CULTUREL

ORGANISÉE PAR LES REVUES PARLÉES, DÉPARTEMENT DU DÉVELOPPEMENT CULTUREL

 




  • SOIRÉE "ZAPPING DADA" 

DIMANCHE 8 JANVIER 06, DE 18H À 23H GRANDE SALLE, NIVEAU -1

Tarif unique : 6 euros

Une soirée exceptionnelle " Zapping dada " est proposée à l'occasion de l'exposition "Dada" accueillant des histoires (courtes), de l'Histoire, du drame, du cirque, des archives inédites, de la danse, du cinéma, des chansons, des photos, des objets, des poèmes, en français et dans toutes les langues, trente invités, du soir au coucher.


ACTIVITÉS PROPOSÉES PAR LA DIRECTION DE L'ACTION ÉDUCATIVE ET DES PUBLICS

  • UN DIMANCHE, UNE OEUVRE 

PETITE SALLE, NIVEAU -1

4,50 euros, tarif réduit 3,50 euros, gratuit pour les adhérents

DIMANCHE 27 NOVEMBRE À 11H30

Marcel Duchamp, L.H.O.O.Q., 1930 (Dépôt du Siège national du Parti communiste français, 2005)

Par François Bon et Tanguy Viel, écrivains.

Conférence diffusée en direct sur www.centrepompidou.fr/videos

DIMANCHE 4 DÉCEMBRE À 11H30

Man Ray, Cadeau, 1920 / 1970

Par Denys Riout, Professeur d'histoire de l'art moderne et contemporain à l'Université de Paris 1,

Panthéon-Sorbonne.

Ces conférences sont l'occasion de porter une attention particulière à l'histoire et à l'analyse d'une œuvre, choisie dans les collections du Centre Pompidou, Musée national d'art moderne et présentée par un artiste, un conservateur, un écrivain, un historien ou un critique d'art.

  • LES IMPROMPTUS 

Dimanche de gratuité

"LAISSEZ PARLER LES P'TITS PAPIERS"

DIMANCHE 6 NOVEMBRE, DE 15H À 18H

Pour les 6-12 ans, en famille.

Gratuit, sans réservation

Renseignements : 01 44 78 49 13 ou www.centrepompidou.fr/enfants

Des ciseaux, des mots, des p'tits papiers à mélanger et assembler pour créer en famille de véritablespoèmes dadaïstes. Petits et grands transmettent leurs inventions à Grégor Rollet, musicien qui improvisepour eux un hymne à Dada.


RENCONTRE AVEC UN CRÉATEUR

LUNDI 5 DÉCEMBRE À 19H

PIERRE DI SCIULLO, graphiste et typographe, auteur de la revue " Qui ? Résiste"

Rdv à l'entrée de l'exposition 4.50¤, tarif réduit 3.50¤ (+ billet d'entrée) gratuit avec le laissez-passer

VISITES COMMENTÉES

LES SAMEDIS, À 15H30

Rdv à l'entrée de l'exposition 4,50 ¤, tarif réduit 3,50 ¤ (+ billet exposition). Laissez-passer 3,50 ¤

VISITE EN LANGUE DES SIGNES

Public sourd

SAMEDI 19 NOVEMBRE À 14H30

Rdv à l'entrée de l'exposition 4,50 ¤

CONFÉRENCES FACE AUX �UVRES

Trois thèmes pour parcourir l'exposition

LE LUNDI À 15H30 / LE JEUDI À 19H

LUNDI 7 NOVEMBRE et JEUDI 10 NOVEMBRE

Les foyers Dada : Zürich, New York, Paris, Berlin, Hanovre

LUNDI 14 NOVEMBRE et JEUDI 17 NOVEMBRE

Procédures Dada : Ready-made, soirée cabaret, photomontage, poésie visuelle et sonore

LUNDI 21 NOVEMBRE et JEUDI 24 NOVEMBRE

Amitiés, filiations Dada : Duchamp, Picabia, Man Ray, Rdv à l'entrée de l'exposition

4,50 ¤, tarif réduit 3,50 ¤ (+ billet exposition)


DELEGATION A L'ACTION CULTURELLE AUDIOVISUELLE

  • "QUI A TUÉ DADA ?" 

Un film de 52mn, de Hopi Lebel

coproduit par les Films d'Ici, le Centre Pompidou, l'Ina, avec la participation de France 5

Diffusion sur France 5, le DIMANCHE 30 OCTOBRE 05


Centre Pompidou- 75191 Paris cedex 04

Téléphone : 00 33 (0)1 44 78 12 33

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