Good Night and Good Luck, sortie du DVD le 7 septembreUn film de George Clooney
Scénario de George Clooney et Grant Heslov
Décors : Jim Bissell
Costumes : Louise Frogley
Un film produit par Grant Heslov
Durée : 1h35
Sortie du DVD le 7 septembre
Pour plus d'informations sur le film rendez-vous sur :
http://www.goodnightandgoodluck-lefilm.com
Good night and Good luck
En 1953, la télévision était encore une affaire de pionniers, et Edward R. Murrow l'un de ses plus célèbres présentateurs. Son émission captivait l'Amérique en présentant des sujets d'actualité et des interviews sur un ton incroyablement novateur.
La vie du pays était alors perturbée par la chasse politique que le sénateur McCarthy menait contre les sympathisants communistes. Jouant sur la peur de l'URSS, l'homme s'acharnait sur tous ceux qui pouvaient, selon lui, avoir un comportement " anti-américain ". Une atmosphère de suspicion planait sur les institutions, et les condamnations arbitraires s'accumulaient.
Révolté par les méthodes scandaleuses de McCarthy, Murrow décida de réagir. Dans cette bataille, il jeta sa crédibilité et toute la puissance d'un média déjà prometteur. Pour la première fois, un homme de télévision allait servir à faire éclater la vérité...
Un fait historique
Dans les années cinquante, deux événements majeurs apparemment sans lien entre eux vont se donner un rendez-vous historique, pour nous offrir un spectaculaire exemple de courage.
D'un côté : le journalisme télévisé, une discipline toute jeune dont Edward R. Murrow est un modèle d'inventivité et d'intégrité.
De l'autre : Joseph McCarthy, un politicien extrémiste qui, pour accaparer toujours plus de pouvoir, n'hésite pas à jouer sur les peurs de ses concitoyens en lançant une chasse aux sorcières.
Face aux excès, il faudra tout l'engagement de Murrow pour affronter le pouvoir et révéler au grand public son véritable visage.
Informer quel qu'en soit le prix
Pour George Clooney, coscénariste et réalisateur de GOODNIGHT, AND GOOD LUCK., l'histoire de Murrow est emblématique et méritait d'être racontée. Clooney a toujours été proche de ce personnage, d'abord parce que dans sa propre famille - son père a été présentateur de télévision pendant plus de trente ans - Murrow a toujours été présenté comme un modèle de ce que doit être un journaliste d'investigation.
Depuis des années, George Clooney cherchait à raconter cette histoire d'une manière ou d'une autre. Il a d'abord envisagé un téléfilm, puis une émission commémorative, mais rien ne put aboutir, ce qui fut rétrospectivement une chance. En fin de compte, Clooney et Grant Heslov - coscénariste, producteur et interprète de Don Hewitt - décidèrent que le sujet serait mieux valorisé dans un film. Pour eux, le cœur du sujet reposait sur la période des années cinquante, la chasse aux sorcières, et les affrontements entre Murrow et McCarthy. Le courage d'un journaliste face à un intouchable du pouvoir était en soi un fantastique sujet, surtout si l'histoire était rigoureusement authentique.
La politique du pire
Dans les années cinquante, la guerre froide battait son plein. Pour l'Amérique, l'ennemi désigné était l'URSS et ses alliés. Le communisme était pointé comme une doctrine dangereuse, par opposition au libéralisme prôné par les Etats-Unis. Dans ce climat, le sénateur du Wisconsin, Joseph McCarthy, développa une théorie selon laquelle tous ceux qui, aux Etats-Unis, avaient des liens ou même seulement des sympathies pour le parti communiste devenaient suspects d'être anti-américains. A ce titre, ils devenaient dangereux et devaient être écartés de tous les postes stratégiques ou sensibles. McCarthy décréta sa propre liste de postes stratégiques, qui entre autres, englobait les préparatrices de repas dans les crèches, susceptibles d'empoisonner les petits Américains...
Obsédé par les " infiltrations " communistes au sein des instances officielles américaines, McCarthy lança une véritable chasse aux sorcières. De 1950 à 1954, Joseph McCarthy dirigea la toute-puissante Commission des affaires anti-américaines. Enquêtes arbitraires, dénonciations et condamnations installèrent un climat de suspicion dans tout le pays.
En 1953, un pilote de l'armée, Milo Radulovich, fut renvoyé au prétexte qu'il représentait un risque pour la sécurité de la nation. Déclaré coupable sans procès, on lui demanda en plus de dénoncer son père et sa sœur comme sympathisants communistes, ce qu'il refusa. Ce fut ce cas qui révolta Edward R. Murrow, alors présentateur d'une émission d'actualités sur CBS, " See It Now ", et le décida à réagir.
Le maccarthysme provoquera de nombreuses évictions et mises à l'écart, souvent infamantes, dont celles de Philip Jessup, ambassadeur à l'ONU, du général Marshall, de Robert Oppenheimer, renvoyé de la Commission de l'énergie atomique, mais aussi de plus de 200 personnalités de Hollywood dont Charlie Chaplin, qui s'exilera en Europe en 1952. Au total, ce seront plus de 11 500 révocations ou renvois qui seront pratiqués, auxquels on doit ajouter plus de 12 000 démissions.
L'affrontement télévisé entre Murrow et McCarthy marquera un sévère coup à sa politique, et il sera finalement censuré et blâmé par le sénat le 2 décembre 1954 par 67 voix contre 22. Il mourra trois ans plus tard d'une cirrhose.
Un duel pour la vérité
George Clooney explique : " Il n'était pas question pour moi de faire un film à la gloire de Murrow. Faire cela aurait tout simplement diminué la portée de ce qu'il a accompli. Pour rendre justice à ce qu'il avait osé, il suffisait de traduire la réalité le plus fidèlement possible. Je voulais restituer le contexte et montrer l'importance de son action, contre le pouvoir et même contre sa hiérarchie. Son action a aussi prouvé de façon spectaculaire que la télévision peut faire basculer les opinions, et c'est là un point essentiel à mes yeux. La manipulation des masses est possible par ce média, on s'en rend compte tous les jours mais cette fois-là, elle a été un vecteur de vérité. C'est l'un des rares cas, sûrement le plus emblématique, où la télévision a réussi à renverser l'opinion des gens face à une politique de manipulation. "
Offrant un remarquable écho aux propos de Clooney, Dan Rather, présentateur légendaire qui, comme Murrow, officiait sur CBS, a déclaré au mois de juin qu'il fallait prendre garde à l'indépendance des médias, que les politiques cherchaient de plus en plus à contrôler...
George Clooney reprend : " Edward R. Murrow n'était pas un idéaliste. C'était un homme honnête qui faisait son travail d'information sans compromis. Il croyait à sa fonction, à sa mission. Les agissements de McCarthy l'ont poussé à réagir et il n'a pas lâché le morceau. Alors que la direction de CBS a fait pression pour qu'il ne s'attaque pas à McCarthy, Murrow, soutenu par ses proches et par son producteur, a tenu bon. Il était tellement convaincu de la nécessité de révéler les pratiques douteuses du sénateur qu'il a lui-même pris en charge la baisse des recettes publicitaires que ce sujet dangereux engendrait autour de son émission. Au final, il aura tout assumé avec son équipe. Après son fameux duel avec McCarthy, même si les opinions ont changé et que l'histoire lui a finalement donné raison, Murrow a quand même vu son émission reléguée à une heure de moins grande écoute. Il a payé le prix fort pour son engagement. Aujourd'hui, seuls quelques journalistes se souviennent encore de son nom, et je trouve cela injuste parce que sans lui, nous aurions tous certainement subi McCarthy beaucoup plus longtemps. Par les temps qui courent, c'est plus que jamais le moment de s'en souvenir... "
Informer, désinformer...
George Clooney confie : " Aujourd'hui, malgré la multiplication des médias et des moyens d'information, nous sommes beaucoup moins bien informés qu'il y a seulement quinze ans. Trop souvent, l'information est devenue un business, il n'est plus question de faire savoir, mais de vendre. Et puis les gens ne lisent plus, ils n'écoutent plus. On les noie avec une telle masse d'informations qu'il est devenu impossible de faire le tri. Comment faire la différence entre la pub, la propagande, la manipulation et l'information ? Il y a tellement de canaux différents que chacun choisit celui qui lui ressemble, sans aller écouter ailleurs d'autres avis qui pourraient le faire réfléchir et peut-être évoluer. On ne cherche plus le moyen de s'informer dans les médias, mais le moyen de conforter ce que nous croyons déjà. C'est une situation critique. "
George Clooney se souvient : " Il est impossible de nier l'héritage journalistique de Murrow. Mon père s'en est inspiré, et il nous l'a transmis à ma sœur et à moi. Avec ce genre d'individu, il était possible d'apprendre, de découvrir, y compris ce qui n'était pas facile à entendre. Murrow constituait une vraie source d'information. Mon père aussi, à sa façon. J'ai grandi dans le sud des Etats-Unis et nous étions souvent à des dîners où les gens ne savaient rien ni de la condition des Noirs ni de celle des Mexicains. Mon père ne se privait jamais de les éclairer. Avec ma sœur, nous avions pris l'habitude de manger le plus vite possible parce qu'en général, mon père disait ce qu'il avait à dire, se levait et nous partions ! Nous n'avons pu finir notre repas normalement qu'une seule fois ! J'étais fier que mon père soit celui qui l'ouvrait quand tout le monde voulait qu'on la ferme. C'est assez sain ! "
Incarner pour raconter
Lors des premiers développements du projet, George Clooney songea naturellement à incarner lui-même Edward R. Murrow, mais ses fonctions de scénariste et de réalisateur sur un film au budget limité lui demandaient déjà beaucoup d'énergie... La rencontre avec David Strathairn acheva de le convaincre.
George Clooney explique : " Nous savions que David était un grand comédien, mais il nous a quand même surpris. A la seconde où il était dans la peau de Murrow, il se transformait littéralement, il devenait comme habité par son esprit. Mon expérience de comédien m'a conduit à en côtoyer beaucoup, et je peux vous dire que je n'ai jamais vu quelqu'un donner une telle intensité à son rôle. "
Clooney poursuit : " Murrow avait souvent l'allure de quelqu'un qui porte tout le poids du monde sur ses épaules, et David Strathairn incarne cela à la perfection. Il a saisi l'essence du personnage. "
David Strathairn commente : " Pouvoir jouer quelqu'un comme Murrow est une opportunité extraordinaire. Ce qu'il y a de plus frappant en étudiant sa personnalité, c'est qu'il n'a jamais eu la volonté ou l'impression d'agir de façon héroïque ou même très courageuse. Il s'est contenté de faire ce qu'il croyait en son âme et conscience, sans jamais renoncer.
" Avec son producteur, Fred Friendly, Murrow formait un tandem très soudé et très complémentaire. Je trouve que George Clooney et Grant Heslov sont un peu comme eux ! Rien ne les arrête et ils savent motiver leur équipe. Par moments, sur le film, nous étions un peu comme dans la salle de rédaction de CBS ! "
Le parallèle va d'ailleurs encore plus loin, puisque pour faire le film, George Clooney a lui-même été obligé de gager une partie de sa fortune afin de boucler le financement...
La fièvre de l'instant où tout se joue
Afin de restituer le climat et de respecter les protagonistes de cette aventure, Clooney et Heslov ont décidé d'utiliser les textes écrits par les gens de l'époque. En allant plus loin dans ce souci de réalisme et en innovant par rapport à ce qui se fait habituellement, Clooney décida même d'incorporer de vraies images de McCarthy. Des images d'époque ont ainsi été incluses dans le film, ne laissant à personne d'autre le soin de jouer le redoutable sénateur du Wisconsin.
Heslov commente : " D'une certaine façon, c'était une solution obligée parce que si un acteur, aussi bon soit-il, avait joué les textes, les discours et les interventions avec la même hargne que le vrai, tout le monde aurait jugé qu'il surjouait et en faisait trop ! En utilisant les vraies images de ses interventions, nous respections son éloquence et ses propos sans rien manipuler. "
David Strathairn se souvient : " Le fait de jouer des personnages ayant existé vous met déjà une sacrée pression mais là, en plus, certains des protagonistes de l'affaire étaient sur le plateau. Mila Radulovich était présente, les deux fils de Fred Friendly et l'une de ses femmes également, et nous avions aussi Joe et Shirley Wershba. Ce genre de présence vous galvanise et vous donne envie de faire votre travail à la perfection ! "
George Clooney intervient : " Puisque nous avions tellement de gens qui avaient connu les faits, nous leur avons toujours demandé leur avis sur ce que nous faisions. Eux seuls pouvaient nous garantir que nous étions rigoureux. Nous n'arrêtions pas de leur poser des questions et de leur soumettre des éléments. C'est une chance extraordinaire de les avoir eus. "
Afin de respecter l'époque et le type d'images réalisées à ce moment-là, l'équipe a décidé de tourner en noir et blanc. L'esthétique du film y gagne aussi, et cela a permis d'être cohérent avec les images diffusées dans les années cinquante.
George Clooney raconte : " Le fait de réaliser en noir et blanc nous a aussi facilité la tâche sur un point essentiel. Dans le film, Joe Wershba est joué par Robert Downey Jr. Dans toutes les images d'actualité authentiques, nous avons effacé le vrai Joe et nous l'avons remplacé par une incrustation de Robert. "
Robert Downey Jr. intervient : " C'était vraiment passionnant à jouer. J'ai eu la chance de pouvoir discuter avec le vrai Joe Wershba. Il m'a dit une chose essentielle pour me guider : " N'oublie pas, mon garçon : nous étions des passionnés, nous adorions ce que nous faisions et nous n'hésitions pas à rentrer dans le tas ! "
Recréer l'époque
Pour les besoins du film, c'est toute la salle de rédaction et le plateau de l'émission " See It Now " qui ont été reconstitués.
George Clooney explique : " Nous voulions que tout sonne vrai. James Bissell, le chef décorateur, a fait un travail remarquable. En franchissant les portes du plateau, c'était comme si nous faisions un véritable bond dans le temps. Des feuilles de service aux caméras, des meubles aux projecteurs, tout était d'époque. Nous voulions donner l'impression d'un endroit grouillant de monde où il y avait toujours quelque chose en train de se faire, et dans l'urgence. D'un point de vue pratique, nous n'avions pas un très gros budget sur ce film et James a eu l'excellente idée de placer de grands miroirs derrière les décors, ce qui multipliait la profondeur et les mouvements. Du coup, notre studio avait l'air immense ! "
George Clooney poursuit : " L'un des éléments d'ambiance que nous voulions à tout prix restituer était l'effervescence du plateau et la pression qui naissait du direct. Les émissions n'étaient pas aussi policées qu'actuellement et les gens étaient passionnés. Ils n'hésitaient pas à parler en même temps, en se coupant la parole. Il y avait quelque chose du combat. Nous avons voulu rendre cela. J'aime l'énergie qui naît de ces dialogues, filmés à plusieurs caméras, où chacun essaie coûte que coûte de défendre son point de vue. Pour aider les comédiens à préparer cela, nous leur donnions tous les éléments possibles, journaux, notes, rapports, et ils avaient une demi-heure pour préparer leurs arguments, exactement comme l'auraient fait des orateurs de l'époque. Il en résulte une énergie, un allant fantastique ! Ça ressemble vraiment à une émission en direct où il se passe quelque chose d'important, là, sur l'instant. "
Comédiens engagés
Autour de David Strathairn, les producteurs ont réuni un groupe impressionnant de comédiens dont Frank Langella, Jeff Daniels, Patricia Clarkson, Tate Donovan, Ray Wise et George Clooney lui-même.
Grant Heslov commente : " C'est un casting haute couture ! Tous ont été motivés par l'envie de raconter cette histoire. Ils ont investi leur personnage et s'y sont donnés à fond. Ils avaient une double pression : celle d'incarner des gens ayant existé en jouant un rôle majeur pour la démocratie, et celle d'interpréter des personnages extrêmement forts. Tous ont réussi l'exploit de traiter un sujet sérieux avec une légèreté remarquable. Ce film n'est ni didactique, ni donneur de leçon, il se regarde comme un excellent thriller, un affrontement entre deux hommes qui aura des répercussions sur tout un pays. C'est aux acteurs que nous devons cette réussite. "
George Clooney conclut : " Il fallait que ce film soit fait, et je suis très heureux d'avoir pu le réaliser moi-même. Même si Edward R. Murrow n'a pas été retenu par l'histoire à sa juste place, ce qu'il a accompli était essentiel. Il l'a fait par conviction, sans en tirer le moindre bénéfice personnel. Je trouve bien de rappeler qu'il faut des hommes intègres pour informer, et je crois qu'il faut dire que la télévision est une arme à double tranchant. Elle peut aussi bien révéler que manipuler, elle peut informer ou mentir. De nos jours, étant donné l'importance qu'a prise ce média, il n'est pas inutile d'insister sur ces points... "
Retour MYTF1


